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309. Le théorème chinois

Soient $n_1$ et $n_2$ deux entiers supérieurs ou égaux à $2$ premiers entre eux et soient $a_1$ et $a_2$ deux entiers relatifs.

Le théorème chinois énonce alors que le système de congruences $\mathscr{S}$ :

\left\{\begin{align*}
x \equiv a_1\quad [n_1]\\
x \equiv a_2\quad [n_2]
\end{align*}
\right.

où l’inconnue $x$ est un entier relatif, admet une infinité de solutions et que deux solutions quelconques de ce système sont congrues modulo le produit $n_1n_2.$

Un préalable avant l’analyse

Comme les entiers $n_1$ et $n_2$ sont premiers entre eux, il vient $\mathrm{PGCD}(n_1,n_2)=1.$

D’après le théorème de Bézout (une démonstration directe est donnée dans le contenu rédigé dans l'article 308), il existe deux entiers relatifs $u_1$ et $u_2$ tels que :

u_1n_1+u_2n_2 = 1.

Analysez le système

Supposez qu’il existe un entier relatif $x$ qui soit solution du système :

\left\{\begin{align*}
x \equiv a_1\quad [n_1]\\
x \equiv a_2\quad [n_2]
\end{align*}
\right.

il existe alors deux entiers relatifs $k_1$ et $k_2$ tels que :

\left\{\begin{align*}
x &= a_1+k_1n_1\\
x&= a_2+k_2n_2.
\end{align*}
\right.

Par soustraction, vous en déduisez les égalités suivantes :

\begin{align*}
0 &= a_2-a_1+k_2 n_2 - k_1n_1 \\
k_1n_1 - k_2 n_2 &= a_2-a_1.
\end{align*} 

Multipliez maintenant l’égalité $u_1n_1+u_2n_2 = 1$ par $a_2-a_1$, il vient :

(a_2-a_1)u_1n_1+(a_2-a_1)u_2n_2 = a_2-a_1.

Par soustraction, vous éliminez $a_2-a_1$ :

[k_1 - (a_2-a_1)u_1]n_1+[-k_2-(a_2-a_1)u_2]n_2 = 0.

Vous en déduisez que :

[k_1 - (a_2-a_1)u_1]n_1 = [k_2+(a_2-a_1)u_2]n_2.

Du coup :

n_1 \mid  [k_2+(a_2-a_1)u_2]n_2.

Comme $n_1$ et $n_2$ sont premiers entre eux avec $n_1\in\NN$, vous appliquez le théorème de Gauss (vous en trouverez une démonstration indépendante et directe, dans le contenu rédigé dans l'article 310) et déduisez que :

n_1 \mid  k_2+(a_2-a_1)u_2.

Il existe donc un entier relatif $t$ tel que :

k_2+(a_2-a_1)u_2 = tn_1.

Cela s’écrit :

k_2 = tn_1+(a_1-a_2)u_2.

Vous en déduisez que :

\begin{align*}
x &=  a_2+k_2n_2\\
&= a_2+( tn_1+(a_1-a_2)u_2)n_2\\
&=a_2+(a_1-a_2)u_2n_2+tn_1n_2\\
&=a_1u_2n_2+a_2(1-u_2n_2)+tn_1n_2\\
&=a_1u_2n_2+a_2(u_1n_1)+tn_1n_2.
\end{align*}

Ainsi vous avez démontré que :

\boxed{x \equiv u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1\quad [n_1n_2].}

Note. L’analyse démontre que deux solutions du système de congruences $\mathscr{S}$ sont congrues entre-elles modulo $n_1n_2.$ En effet, soient $x_1$ et $x_2$ deux solutions quelconques de $\mathscr{S}$. Alors :

\begin{align*}
x_1 &\equiv u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1\quad [n_1n_2]\\
x_2 &\equiv u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1\quad [n_1n_2].
\end{align*}

Par soustraction, il vient :

\begin{align*}
x_1-x_2 \equiv 0 \quad [n_1n_2]\\
x_1 \equiv x_2 \quad [n_1n_2].
\end{align*}

Synthèse

Soit $t$ un entier relatif. Posez :

x = u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1 + tn_1n_2.

Modulo $n_1$, il vient :

\begin{align*}
x&\equiv u_2n_2a_1\quad [n_1]\\
x &\equiv (1-u_1n_1)a_1 \quad [n_1]\\
x &\equiv a_1-u_1n_1a_1 \quad [n_1]\\
x &\equiv a_1 \quad [n_1].
\end{align*}

De même, modulo $n_2$ :

\begin{align*}
x&\equiv u_1n_1a_2\quad [n_2]\\
x &\equiv (1-u_2n_2)a_2 \quad [n_2]\\
x &\equiv a_2-u_2n_2a_2 \quad [n_2]\\
x &\equiv a_2 \quad [n_2].
\end{align*}

Ainsi, $x$ est bien solution du système de congruences $\mathscr{S}$.

Note. La synthèse démontre que le système de congruences $\mathscr{S}$ admet une infinité de solutions : à chaque valeur de l’entier $t$, l’entier $u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1 + tn_1n_2$ est bien solution. D’autre part, l’ensemble

\{u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1 + tn_1n_2, t\in\Z\}

est bien infini compte tenu de l’injectivité de l’application $t\mapsto u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1 + tn_1n_2$ qui va de $\Z$ dans $\Z$.

Concluez

D’après l’analyse-synthèse effectuée, il vient d’être démontré que, pour tout entier relatif $x$ :

\boxed{\begin{align*}
 \begin{align*}
\left\{\begin{align*}
x \equiv a_1\quad [n_1]\\
x \equiv a_2\quad [n_2]
\end{align*}
\right. &\Longleftrightarrow \left(\exists t\in\Z, x = u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1 + tn_1n_2\right) \\
&\Longleftrightarrow x\equiv  u_1n_1a_2+ u_2n_2a_1 \quad [n_1n_2].
\end{align*}
\end{align*}}

Le système de congruences $\mathscr{S}$ admet une infinité de solutions, toutes congrues entre elles modulo $n_1n_2.$
Le théorème chinois est ainsi démontré.

308. Le théorème de Bézout sans l’algorithme d’Euclide

L’objectif de cet article est de construire une preuve directe du résultat suivant. Etant donnés deux nombres entiers relatifs $a$ et $b$ non simultanément nuls, il existe deux nombres entiers relatifs $u$ et $v$, appelés coefficients de Bézout, tels que :

\mathrm{PGCD}(a,b) = au+bv.

Ce résultat sera appelé théorème de Bézout. Très souvent, ce théorème est démontré à partir de l’algorithme d’Euclide. Une approche différente est proposée ici.

De façon formelle, ce théorème s’écrit ainsi :

\boxed{\forall (a,b)\in\Z^2\setminus\{(0,0)\}, \exists(u,v)\in\Z^2,\mathrm{PGCD}(a,b) =au+bv.}

Note. En aucun cas les nombres $u$ et $v$ ne sont uniquement déterminés par $a$ et $b.$ Seule l’existence de ces deux nombres importe dans le théorème susmentionné.

Note. Vous souhaitez calculer effectivement des coefficients de Bézout ? Reportez-vous au contenu rédigé dans l'article 174.

Vous vous rappelez que, quels que soient les entiers $a$ et $b$ non simultanément nuls, le $\mathrm{PGCD}$ de $a$ et de $b$, noté $\mathrm{PGCD}(a,b)$ désigne le maximum de l’ensemble suivant :

\{n\in\NN, n\mid a \text{ et } n\mid b\}.

Ainsi :

 \forall (a,b)\in\Z^2\setminus\{(0,0)\}, \mathrm{PGCD}(a,b) = \max \{n\in\NN, n\mid a \text{ et } n\mid b\}.

Note. Le $\mathrm{PGCD}$ de deux nombres nuls n’est pas défini, c’est la raison pour laquelle on suppose $(a,b)\neq (0,0).$

Dans toute la suite, $a$ et $b$ désignent deux entiers fixés, non simultanément nuls.

Etudiez un ensemble

Soit $A$ l’ensemble suivant :

A = \{n\in\NN, \exists(u,v)\in\Z^2, n=au+bv\}.

Vous allez dans un premier temps justifier que $A$ est non vide.

Supposez que $a$ soit non nul. Si $a$ est positif, en prenant $u=1$ et $v=0$ vous constatez que $au+bv\in\NN$ donc $au+bv\in A.$

Si $a$ est négatif, vous prenez $u=-1$ et $v=0.$ Vous constatez encore que $au+bv\in\NN$ donc $au+bv\in A.$

Si $a$ est nul, vous déduisez que $b\neq 0.$ Cela provient du fait que $(a,b)\neq (0,0).$ De même, si $b$ est positif, alors en posant $u=0$ et $v=1$, vous avez $au+bv\in\NN$ donc $au+bv\in A.$ Si $b$ est négatif, alors vous posez $u=0$ et $v=-1$ et il vient $au+bv\in\NN$ donc $au+bv\in A.$

Comme $A$ est une partie de $\N$ qui est non vide, elle admet un plus petit élément, qui sera noté $k.$

Justifiez que $k$ est le $\mathrm{PGCD}$ des nombres $a$ et $b$

Comme $k\in A$ vous déduisez que $k\in\NN$ et qu’il existe un couple $(u,v)\in\Z^2$ tel que $k=au+bv.$

Le nombre $k$ est un diviseur commun à $a$ et à $b$

Vous effectuez la division euclidienne de $a$ par $k.$ Il existe $q\in\Z$ et $r\in\llbracket 0, k-1\rrbracket$ tels que :

a = kq+r.

Si $r$ est différent de $0$, alors vous avez :

\begin{align*}
r &= a-kq\\
&=a-(au+bv)q\\
&=a(1-uq)+b(-vq).
\end{align*}

Comme $(1-uq, -vq)\in\Z^2$, avec $r>0$ vous déduisez que $r\in A.$ Or $r< k$ et $k$ est le plus petit élément de $A$ ce qui est impossible.

Donc $r = 0$ et par suite $a = kq$ donc $k\mid a.$

De même, vous effectuez la division euclidienne de $b$ par $k.$ Il existe $q’\in\Z$ et $r’\in\llbracket 0, k-1\rrbracket$ tels que :

b = kq'+r'.

Si $r’$ est différent de $0$, alors vous avez :

\begin{align*}
r' &= b-kq'\\
&=b-(au+bv)q'\\
&=a(-uq')+b(1-vq').
\end{align*}

Comme $(-uq’, 1-vq’)\in\Z^2$, avec $r’>0$ vous déduisez que $r’\in A.$ Or $r'< k$ et $k$ est le plus petit élément de $A$ ce qui est impossible.

Donc $r’ = 0$ et par suite $b = kq’$ donc $k\mid b.$

Comme $k\in\NN$ avec $k\mid a$ et $k\mid b$ vous déduisez $\boxed{k\leq \mathrm{PGCD}(a,b).}$

Le $\mathrm{PGCD}$ de $a$ et de $b$ est inférieur à $k$

Posez $m = \mathrm{PGCD}(a,b).$ Alors $m$ est nombre entier naturel non nul tel que $m\mid a $ et $m\mid b.$

Alors il existe deux entiers relatifs $a’$ et $b’$ tels que :

\begin{align*}
a &= ma'\\
b &= mb'.
\end{align*}

Or, la relation $k =au+bv$ fournit :

\begin{align*}
k &= ma'u+mb'v\\
&= m(a'u+b'v).
\end{align*}

La stricte positivité de $k$ et de $m$ fournit $a’u+b’v \in\NN.$

Cela s’écrit :

\begin{align*}
a'u+b'v &\geq 1\\
m(a'u+b'v) &\geq m\\
k &\geq m.
\end{align*}

Ainsi, $\boxed{\mathrm{PGCD}(a,b)\leq k.}$

Concluez

Il vient d’être démontré que $k = \mathrm{PGCD}(a,b)$ et que :

\mathrm{PGCD }(a,b)=\min \{n\in\NN, \exists(p,q)\in\Z^2, n=ap+bq\}.

En particulier :

\mathrm{PGCD}(a,b)\in\{n\in\NN, \exists(p,q)\in\Z^2, n=ap+bq\}.

Le théorème de Bézout est bien démontré.

\boxed{\forall (a,b)\in\Z^2\setminus\{(0,0)\}, \exists(u,v)\in\Z^2,\mathrm{PGCD}(a,b) =au+bv.}

302. Munissez l’ensemble des réels strictement positifs d’une structure d’espace vectoriel réel

Définissez une addition interne et une multiplication externe

L’ensemble $\R_{+}^{*}$ des nombres réels strictement positifs va être muni d’une opération interne notée $\oplus$ définie de la façon suivante :

 \begin{array}{lll}
\oplus: & \R_{+}^{*} \times \R_{+}^{*}  & \to \R_{+}^{*}\\
&(x,y) &\mapsto xy.
\end{array}

Tout élément de $\R_{+}^{*}$ va pouvoir être multiplié par un élément du corps $\R$, via la multiplication externe notée $\odot$ définie par :

 \begin{array}{lll}
\odot: & \R \times \R_{+}^{*}  & \to \R_{+}^{*}\\
&(\lambda ,x) &\mapsto x^{\lambda}.
\end{array}

Note. Les éléments du corps $\R$ sont appelés scalaires et ceux de l’ensemble $\R_{+}^{*}$ sont appelés vecteurs.

Vérifiez les quatre axiomes de l’addition interne

Associativité de l’addition

Soit $(x,y,z)\in(\R_{+}^{*})^3.$ D’une part :

\begin{align*}
(x\oplus y) \oplus z &= (xy) \oplus z \\
&= (xy)z\\
&=xyz.
\end{align*}

D’autre part :

\begin{align*}
x\oplus (y \oplus z) &= x \oplus (yz) \\
&= x(yz)\\
&=xyz.
\end{align*}

Vous déduisez :

\boxed{\forall (x,y,z)\in(\R_{+}^{*})^3, (x\oplus y) \oplus z = x\oplus (y \oplus z).}

Commutativité de l’addition

Soit $(x,y)\in(\R_{+}^{*})^2.$ Comme la multiplication usuelle de deux réels est commutative, vous déduisez successivement :

\begin{align*}
x\oplus y&= xy\\
&= yx\\
&=y\oplus x.
\end{align*}
\boxed{\forall (x,y)\in(\R_{+}^{*}),  x\oplus y = y\oplus x.}

Existence d’un élément neutre pour l’addition

Soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Comme $1$ est neutre pour la multiplication usuelle des réels, vous avez :

\begin{align*}
1\oplus x &= 1x\\
&=x.
\end{align*}
\boxed{\forall x\in \R_{+}^{*},  1 \oplus x = x.}

Existence d’un opposé pour l’addition

Soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Comme $x$ est non nul, il admet un inverse noté $\frac{1}{x}.$ Comme $x$ est strictement positif, $\frac{1}{x}$ l’est aussi. Dès lors :

\begin{align*}
x\oplus \left(\frac{1}{x}\right) &= x\times \frac{1}{x} \\
&= 1.
\end{align*}
\boxed{\forall x\in \R_{+}^{*}, \exists y\in\R_{+}^{*},   x \oplus y = 1.}

Vérifiez les quatre axiomes de la multiplication externe

Distributivité par rapport à l’addition des scalaires

Soit $(\lambda, \mu)\in\R^2$ et soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Vous avez :

\begin{align*}
(\lambda + \mu)\odot x &= x^{\lambda+\mu}\\
&= x^{\lambda} x^{\mu}\\
&= (\lambda \odot x) (\mu \odot x)\\
&= (\lambda \odot x) \oplus (\mu \odot x).
\end{align*}
\boxed{\forall (\lambda, \mu)\in\R^2, \forall x\in\R_{+}^{*}, (\lambda+\mu)\odot x =( \lambda\odot x) \oplus (\mu \odot x).}

Distributivité par rapport à l’addition des vecteurs

Soit $\lambda\in\R$ et soit $(x,y)\in(\R_{+}^{*})^2.$ Vous avez :

\begin{align*}
\lambda \odot (x\oplus y) &= \lambda\odot (xy) \\
&= (xy)^{\lambda}\\
&= x^{\lambda} y^{\lambda}\\
&= (\lambda \odot x)(\lambda \odot y)\\
&= (\lambda \odot x)\oplus(\lambda \odot y).
\end{align*}
\boxed{\forall \lambda\in\R, \forall (x,y)\in(\R_{+}^{*})^2, \lambda \odot (x\oplus y) =  (\lambda \odot x)\oplus(\lambda \odot y).}

Compatibilité de la multiplication des réels avec la multiplication externe

Soit $(\lambda, \mu)\in\R^2$ et soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Vous avez :

\begin{align*}
(\lambda \mu) \odot x &=x^{\lambda \mu}\\
&= (x^{\mu})^{\lambda}\\
&= (\mu \odot x)^\lambda\\
&= \lambda\odot(\mu \odot x).
\end{align*}
\boxed{\forall (\lambda, \mu)\in\R^2, \forall x\in\R_{+}^{*}, (\lambda \mu) \odot x = \lambda\odot(\mu \odot x).}

Compatibilité du neutre de la multiplication des réels

Soit $x\in\R_{+}^{*}.$

\begin{align*}
1 \odot x &= x^1\\
&= x.
\end{align*}
\boxed{\forall x\in\R_{+}^{*}, 1 \odot x =  x.}

Concluez

Comme les huit axiomes sont vérifiés, les deux opérations $\oplus$ et $\odot$ confèrent à l’ensemble $\R_{+}^{*}$ une structure de $\R$-espace vectoriel.

301. Quels sont les polynômes à coefficients entiers, de degré 2, qui sont annulateurs du réel 2 plus racine de 2 ?

Notez $u$ le nombre réel défini par :

\boxed{u=2+\sqrt{2}.}

Le titre amène à rechercher tous les polynômes $P\in\Z[X]$ de degré 2 tels que :

P(u)=0.

Note. Vous remarquez que :

u-2 = \sqrt{2}.

En élevant au carré, vous obtenez :

\begin{align*}
(u-2)^2 &= 2\\
u^2-4u+4 &= 2\\
u^2-4u+2&=0.
\end{align*}

Vous déduisez que $u$ est annulé par le polynôme $X^2-4X+2$ qui est de degré $2$ et à coefficients entiers.

La question qui se pose est la suivante : existe-t-il d’autres polynômes de degré $2$, à coefficients entiers, annulant le réel $2+\sqrt{2}$ ? Plusieurs approches sont possibles.

Dans la suite de cet article, vous procèderez comme si vous ne saviez pas précisément que $X^2-4X+2$ est un polynôme qui annule le réel $u.$ L’avantage de cette approche est de retrouver ce résultat autrement et de répondre à la question posée. La recherche des solutions entières d’un système d’équations linéaires à coefficients entiers sera effectuée avec le calcul matriciel.

Analysez le problème

Soit $P$ un polynôme à coefficients entiers, de degré $2$, tel que :

P(u)=0.

Obtenez un système d’équations

Il existe des nombres $a\in\ZZ$, $b\in\Z$ et $c\in\Z$ tels que :

\begin{align*}
au^2+bu+c&=0\\
a(4+2+4\sqrt{2})+b(2+\sqrt{2})+c&=0\\
(6a+2b+c)+(4a+b)\sqrt{2}&=0.
\end{align*}

Supposez un instant que $4a+b$ soit non nul.

Alors :

\sqrt{2}=-\frac{6a+2b+c}{4a+b}.

Cette écriture impliquerait que $\sqrt{2}\in\Q$, autrement dit $\sqrt{2}$ serait rationnel.

Ceci contredit le contenu rédigé dans l'article 122 dans lequel il est démontré que $\sqrt{2}\notin\Q.$

Vous déduisez que :

4a+b=0.

Comme :

(6a+2b+c)+(4a+b)\sqrt{2}=0

vous déduisez :

6a+2b+c=0.

Utilisez des matrices pour résoudre le système obtenu

D’après ce qui précède, vous avez obtenu :

\begin{pmatrix}
6 & 2 & 1\\
4 & 1 & 0 
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Vous posez maintenant :

\boxed{A = \begin{pmatrix}
6 & 2 & 1\\
4 & 1 & 0 
\end{pmatrix}
}

et vous cherchez à simplifier $A$ en la multipliant par des matrices inversibles, à coefficients entiers, dont les inverses restent à coefficients entiers. Il suffit d’utiliser des matrices de permutation et de transvection, en lien avec les opérations élémentaires sur les colonnes de la matrice $A.$

Simplifiez la matrice $A$ avec des multiplications

D’une part, vous échangez les colonnes $1$ et $3$ de la matrice $A$ vous obtenez :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & 0  & 0\\
\end{pmatrix} =  \begin{pmatrix}
1 & 2 & 6 \\
0 & 1 & 4 
\end{pmatrix}.

Vous remplacez la colonne $2$ par elle-même ôtée du double de la colonne $1$, vous obtenez :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & 0  & 0\\
\end{pmatrix} \begin{pmatrix}
1  & -2  & 0\\
0  & 1  & 0\\
0  & 0  & 1\\
\end{pmatrix} =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 6 \\
0 & 1 & 4 
\end{pmatrix}.

Cela s’écrit :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & -2  & 0\\
\end{pmatrix} =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 6 \\
0 & 1 & 4 
\end{pmatrix}.

Enfin, vous remplacez la colonne $3$ par elle-même à laquelle vous enlevez quatre fois la colonne $2$ et six fois la colonne $1$, pour conclure :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & -2  & 0\\
\end{pmatrix}
\begin{pmatrix}
1  & 0  & -6\\
0  & 1  & -4\\
0  & 0  & 1\\
\end{pmatrix}
 =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}.
A 
\begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & -4\\
1 & -2 & 2
\end{pmatrix}
 =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}.

Vous notez :

\boxed{P = \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & -4\\
1 & -2 & 2
\end{pmatrix}
}

et remarquez que :

\boxed{AP = \begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}.}

Calculez l’inverse de la matrice $P$

Vous résolvez le système suivant :

\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2-4x_3&=y_2\\
x_1-2x_2+2x_3&=y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=y_2+4x_3\\
x_1-2x_2+2x_3&=y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_1-2x_2+2x_3&=y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_1&=2x_2-2x_3+y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_1&=8y_1+2y_2-2y_1+y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_1&=6y_1+2y_2+y_3\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_3 &= y_1.

\end{align*}\right.

La matrice $P$ est inversible et :

\boxed{P^{-1} = \begin{pmatrix}
6  & 2  & 1\\
4  & 1  & 0\\
1 & 0 & 0
\end{pmatrix}.
}

Déduisez-en les valeurs possibles de $a$, $b$ et $c$

De l’égalité :

A\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}

vous forcez l’apparition de la matrice $P$ et de son inverse :

APP^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Cela fournit :

\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}P^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Soient alors $m$, $n$ et $p$ les trois entiers définis par :

\left\{\begin{align*}
 m &=6a+2b+c\\
n&=4a+b\\
p &=a.
\end{align*}
\right.

Vous avez :

\begin{pmatrix}
m\\ n\\ p  
\end{pmatrix} = P^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix}.

Donc :

\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
m\\ n\\ p  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Si bien que $m=n=0$, ce qui est logique vous retrouvez bien les équations satisfaites par $a$, $b$ et $c.$

Ainsi :

\begin{pmatrix}
0\\ 0\\ p  
\end{pmatrix} = P^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix}.

Cela fournit immédiatement :

\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = P\begin{pmatrix}
0\\ 0\\ p  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
p\\ -4p\\ 2p \end{pmatrix} .

Comme $a = p$ et que $a$, coefficient dominant, est non nul, vous déduisez que $p\neq 0.$

En conclusion de cette analyse, il existe un entier $p$ non nul tel que :

P(X) = p(X^2-4X+2).

Synthèse

Il a été vu que $u^2-4u+2 = 0.$

Ainsi, quel que soit $p\in\ZZ$, $p(u^2-4u+2) = 0.$

Donc quel que soit $p\in\ZZ$ le polynôme $p(X^2-4X+2)$ est bien à coefficients entiers, de degré $2$ et annulateur du réel $2+\sqrt{2}.$

Concluez

Pour tout polynôme $P$ de degré $2$ à coefficients entiers, il y a équivalence entre les propositions suivantes :

  • le polynôme $P$ annule le réel $2+\sqrt{2}$ ;
  • il existe un entier $p$ non nul tel que $P(X) = p(X^2-4X+2).$

300. Résolvez l’équation 4x + 3y + 2z + 7t = 15 où les inconnues sont entières

Soit à résoudre l’équation suivante :

4x+3y+2z+7t=15

où les inconnues $x$, $y$, $z$ et $t$ sont des nombres entiers.

Note. Une telle équation est qualifiée de diophantienne.

Utilisez des matrices pour limiter le nombre d’inconnues

Définissez la matrice ligne suivante :

A=\begin{pmatrix}
4& 3& 2& 7
\end{pmatrix}.

Pour tout $(x,y,z,t)\in\Z^4$ vous notez $X$ le vecteur colonne défini par :

X=\begin{pmatrix}
x\\y\\z\\t
\end{pmatrix}.

Enfin, vous notez $B$ la matrice suivante qui ne comporte qu’un seul coefficient :

B = \begin{pmatrix}
15
\end{pmatrix}.

L’équation à quatre inconnues de départ revient à résoudre l’équation suivante :

\boxed{AX=B}

où la seule inconnue est $X.$

Exprimez la matrice $A$ avec des matrices élémentaires

Un objectif premier : faire apparaître le $\mathrm{PGCD}$ des coefficients

Le plus grand diviseur commun des entiers $4$, $3$, $2$ et $7$ est $1.$

Démonstration. En effet, soit $d$ un diviseur commun des entiers $4$, $3$, $2$ et $7.$

Comme $d\mid 7$ et que $7$ est premier vous avez $d\in\{1,7\}.$ Si $d=7$, alors $7\mid 2$ donc $7\leq 2$ ce qui est absurde.

Du coup, $d=1.$

$1$ étant le seul diviseur commun aux quatre entiers $4$, $3$, $2$ et $7$ il vient :

\mathrm{PGCD}(4,3,2,7)=1.\ \blacksquare

Ce PGCD va être placé en haut à gauche, puis va être utilisé pour mettre des zéros.

Une transvection pour le $\mathrm{PGCD}$

Vous souhaitez passer de la matrice $A$ à la matrice suivante :

\begin{pmatrix}
1& 3& 2& 7
\end{pmatrix}.

Cela revient à remplacer la colonne $C_1$ par $C_1-C_2$ au niveau de la matrice $A.$

En effet :

\begin{pmatrix} 4&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
-1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}.

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&3&2&5 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 4&3&2&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_1$ par la colonne $C_1+C_2.$

En effet :

\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 4&3&2&7 \end{pmatrix}.

Ainsi :

A = \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.

Une transvection et un premier zéro

Vous allez dans la suite passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}$, ce qui revient à remplacer la colonne $C_2$ par la colonne $C_2-3C_1.$

En effet :

\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & -3 & 0 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}.

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_2$ par la colonne $C_2+3C_1.$

Cela donne :

\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 3 & 0 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}.

Du coup :

\begin{align*}
A
&=  

 \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}
\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 3 & 0 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}. 
\end{align*}

Une transvection et un deuxième zéro

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_3$ par la colonne $C_3+2C_1.$

\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &2 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}.

Du coup :

\begin{align*}
A
&=\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &2 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.
\end{align*}

Une transvection et un troisième zéro

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_4$ par la colonne $C_4+7C_1.$

\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &0 & 7\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}.

Du coup :

\begin{align*}
A
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &0 & 7\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} \begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 7\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.
\end{align*}

Pour la suite, vous posez :

\boxed{\begin{align*}
S &= \begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\\
Q &= \begin{pmatrix}
4 & 3 & 2 & 7\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.
\end{align*}
}

Alors :

\boxed{A = SQ.}

Montrez que la matrice $Q$ est inversible et que les coefficients de $Q^{-1}$ sont des entiers

La matrice $Q$ est le produit de quatre matrices de transvection qui ont pour déterminant $1.$ Ainsi, par produit des déterminants, $\det Q = 1.$ Comme $\det Q \neq 0$, la matrice $Q\in M_4(\Q)$ est inversible.

Comme $\det (Q)\times \det(Q^{-1}) = 1$ il vient $\det(Q^{-1})=1.$ Utilisant la comatrice de $Q$ notée $Q^{*}$, vous avez :

Q^{-1} = \det (Q^{-1})\  ^{t}(Q^{*}) = ^{t}(Q^{*}).

Or, comme $Q$ est à coefficients entiers, il en est de même de $Q^{*}$ donc de $^{t} Q^{*}.$

Donc $Q^{-1}$ est à coefficients entiers.

Calculez la matrice $Q^{-1}$

Quels que soit $(x_1,x_2,x_3,x_4)\in\Q^4$ et quels que soit $(y_1,y_2,y_3,y_4)\in\Q^4$ :

\begin{align*}

Q\begin{pmatrix}
x_1\\
x_2\\
x_3\\
x_4
\end{pmatrix}=
\begin{pmatrix}
y_1\\
y_2\\
y_3\\
y_4
\end{pmatrix}
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{lllll}
4x_1 &+3x_2 &+2x_3 &+ 7x_4 &= y_1\\
\hphantom{4}x_1&+\hphantom{3}x_2&&&=y_2\\
&&\hphantom{+2}x_3&&=y_3\\
&&&\hphantom{+7}x_4&=y_4\\
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{lllll}
\hphantom{4}x_1&+\hphantom{3}x_2&&&=y_2\\
4x_1 &+3x_2 &+2x_3 &+ 7x_4 &= y_1\\
&&\hphantom{+2}x_3&&=y_3\\
&&&\hphantom{+7}x_4&=y_4\\
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{lllll}
\hphantom{4}x_1&+\hphantom{3}x_2&&&=y_2\\
 &-\hphantom{3}x_2 &+2x_3 &+ 7x_4 &= y_1-4y_2\\
&&\hphantom{+2}x_3&&=y_3\\
&&&\hphantom{+7}x_4&=y_4\\
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2-x_2\\
x_2&=2x_3+7x_4-y_1+4y_2 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2-x_2\\
x_2&=2y_3+7y_4-y_1+4y_2 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2-x_2\\
x_2&=-y_1+4y_2+2y_3+7y_4 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2+y_1-4y_2-2y_3-7y_4\\
x_2&=-y_1+4y_2+2y_3+7y_4 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_1-3y_2-2y_3-7y_4\\
x_2&=-y_1+4y_2+2y_3+7y_4 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\begin{pmatrix}
x_1\\
x_2\\
x_3\\
x_4
\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}
1&-3&-2&-7\\
-1 & 4 & 2 & 7\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}
\begin{pmatrix}
y_1\\
y_2\\
y_3\\
y_4
\end{pmatrix}
\end{align*}

Du coup :

Q^{-1} = \begin{pmatrix}
1&-3&-2&-7\\
-1 & 4 & 2 & 7\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.

Résolvez l’équation $4x + 3y + 2z + 7t = 15$ pour $(x,y,z,t)\in\Z^4$

Analyse

Soit $(x,y,z,t)\in\Z^4$ tel que $4x+3y+2z+7t=15.$

Vous posez :

X'=QX=\begin{pmatrix}
4x+3y+2z+7t\\x+y\\z\\t
\end{pmatrix}.

Posez encore :

\left\{\begin{align*}
x' &= 4x+3y+2z+7t\\
y'&=x+y\\
z'&=z\\
t'&=t.
\end{align*}\right.

Remarquez que $(x’,y’,z’,t’)\in\Z^4.$

Vous déduisez successivement :

\begin{array}{l}
AX=B\\
SQX=B\\
SX'=B\\
\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
x'\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
15
\end{pmatrix}
\\
x'=15
\\
X'=\begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}
\\
QX=\begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}\\
X = Q^{-1} \begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}
\\
X = \begin{pmatrix}
1&-3&-2&-7\\
-1 & 4 & 2 & 7\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}
\\
X = \begin{pmatrix}
15-3y'-2z'-7t'\\
-15+4y'+2z'+7t'\\
z'\\
t'
\end{pmatrix}.
\end{array}

En définitive, il existe trois entiers relatifs $m$, $n$ et $p$ tels que :

\left\{\begin{align*}
x&=15-3m-2n-7p\\
y&=-15+4m+2n+7p\\
z&=n\\
t&=p.
\end{align*}
\right.

Synthèse

Soit $(m,n,p)\in\Z^3.$

Vous posez :

\left\{\begin{align*}
x&=15-3m-2n-7p\\
y&=-15+4m+2n+7p\\
z&=n\\
t&=p.
\end{align*}
\right.

Alors :

\begin{align*}
4x+3y+2z+7t &= 4(15-3m-2n-7p)\\
&\qquad+3(-15+4m+2n+7p)\\
&\qquad +2n+7p\\
&=60-12m-8n-28p\\
&\qquad -45+12m+6n+21p\\
&\qquad+2n+7p\\
&=15.
\end{align*}

Concluez

\boxed{\forall (x,y,z,t)\in\Z^4,\ 4x+3y+2z+7t=15 \Longleftrightarrow 
\left[
\exists(m,n,p)\in\Z^3, \left\{\begin{align*}
x&=15-3m-2n-7p\\
y&=-15+4m+2n+7p\\
z&=n\\
t&=p
\end{align*}
\right.
\right].
}

299. Existence et unicité de la racine carrée entière et du reste d’un entier naturel (3/3)

Grâce aux contenus rédigés dans l'article 298 et dans l'article 297, il est possible d’aborder la méthode de Toepler qui date de 1865.

Vous vous attachez dans cet article à trouver le reste et la racine carrée entière du nombre suivant :

a=352621.

Afin de limiter le nombre de soustractions il est commode d’écrire $a$ par paquet de deux chiffres :

a=35\ 26\ 21.

Vous allez déterminer le reste et la racine carrée entière de $35$ puis de $35\ 26$ et enfin de $35\ 26\ 21.$

Première étape : racine carrée entière et reste de $35$

Vous effectuez la série de soustractions suivantes :

\begin{align*}
35 - 1 &= 34\\
34- 3&= 31\\
31-5&= 26\\
26-7&=19\\
19-9&=10\\
10-11 &= -1.
\end{align*}

Vous prenez l’avant-dernière ligne et repérez le nombre impair $9$ qui est retranché. Vous effectuez :

\frac{9+1}{2} = 5.

Remarquez aussi que ce nombre correspond au nombre de soustractions effectuées avant d’obtenir un résultat strictement négatif.

Donc la racine carrée entière de $35$ est $5.$ Le reste apparaît comme étant le dernier résultat positif des soustractions. Vous le lisez à l’avant-dernière ligne, il vaut $10.$

Ainsi :

\begin{align*}
35 &= 5^2+10\\
10&\in\llbracket 0, 10\rrbracket.
\end{align*}

Deuxième étape : racine carrée entière et reste de $35\ 26$

Vous utilisez le fait que :

\begin{align*}
35\ 26 &= 35\times 100+26 \\
&=(5^2+10)\times 100+26\\
&=5^2\times 100 + 10\times 100+26\\
&=5^2\times 10^2+ 1026\\
&=50^2+1026.
\end{align*}

Comme $1026\notin \llbracket 0, 100\rrbracket$, vous déduisez que $50$ n’est pas la racine carrée entière de $3526.$

Il a été vu dans le contenu rédigé dans l'article 298 que, si vous considérez la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ définie par :

\begin{array}{l}
u_0 = 3526\\
\forall n\in\N, u_{n+1} = u_n-(2n+1)
\end{array}

alors il existe un entier $q$ non nul qui est le rang minimum à partir duquel vous avez $u_q<0.$

La racine carrée entière de $3526$ est alors égale à $q-1.$

Or, la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ vérifie la propriété suivante :

\forall n\in\N, 3526=n^2+u_n.

En effectuant $n=50$, vous déduisez :

3526=50^2+u_{50}.

Or :

3526 = 50^2+1026.

Vous déduisez donc :

u_{50} = 1026.

Vous avez donc économisé un grand nombre de soustractions sur la suite $(u_n)_{n\geq 0}.$

Vous poursuivez maintenant les soustractions.

Comme $u_{51} = u_{50} – 101$ il vient ce qui suit.

\begin{align*}
1026 - 101 &=925\\
925 - 103 &=822\\
822-105 &=717\\
717-107 &=610\\
610-109 &=501\\
501-111 &=390\\
390-113&=277\\
277-115&=162\\
162-117&=45\\
45-119&=-74.
\end{align*}

L’avant-dernier nombre impair est $117.$

\frac{117+1}{2}=\frac{118}{2}=59.

Cela revient à dire que $u_{59} = 45.$

Donc :

3526 = 59^2+45.

Comme $45\in \llbracket 0, 118\rrbracket$ vous déduisez que $59$ est la racine carrée entière de $3526$ et que $45$ est le reste.

Dernière étape : racine carrée entière et reste de $35\ 26\ 21$

Vous reprenez le raisonnement de la deuxième étape.

\begin{align*}
35\ 26\ 21 &= 3526\times 100 + 21\\
&=(59^2+45)\times 100+21\\
&=59^2\times 10^2+4521\\
&=590^2+4521.
\end{align*}

Afin de ne pas alourdir les notations, vous redéfinissez la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ en posant :

\begin{array}{l}
u_0 = 352621\\
\forall n\in\N, u_{n+1} = u_n-(2n+1).
\end{array}

L’égalité précédente prouve que $u_{590} = 4521.$

Vous avez donc $u_{591} = u_{590}- 1181.$

Vous aurez remarqué que le nombre impair $1181$ s’obtient en doublant le nombre $59$ soit $118$, et en « collant » le chiffre $1$ à droite. Cela revient à effectuer l’opération $59\times 2\times 10+1$ ce qui est exactement $2\times 590+1.$

Vous calculez les termes suivants de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ à partir du rang $591$ :

\begin{align*}
4521 - 1181 &= 3340\\
3340 - 1183 &=2157\\
2157-1185 &= 972\\
972-1187&=-215.
\end{align*}

Pour trouver le rang de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ associé au terme $972$, il suffit de prendre le nombre impair retranché à l’avant-dernière ligne, puis d’effectuer ce calcul :

\frac{1185+1}{2} = \frac{1186}{2}=593.

Ainsi, $u_{593} = 785.$

Vous déduisez donc :

352621=593^2+972.

Comme $972\in\llbracket 0, 1186\rrbracket$ vous concluez.

La racine carrée entière de $352621$ est égale à $593$ et son reste est $972.$

Un exemple amélioré

Soit à calculer la racine carrée entière de $p = 7569.$

Vous exprimez ce nombre par tranche de deux chiffres : $p=75\ 69.$

Connaissant la liste de vos carrés de $1$ à $10$ vous notez que $7^2 = 49$, $8^2 = 64$ et $9^2 = 81.$

Donc $75 = 8^2+r$ où $r = 75-64 = 11.$ Comme $r\in\llbracket 0, 16\rrbracket$ vous avez trouvé la racine carrée entière ainsi que le reste de $75$ :

75 = 8^2+11.

En multipliant par $100$ vous déduisez :

7500 = 80^2+1100.

En ajoutant $69$ il vient :

7569 = 80^2+1169.

Vous effectuez maintenant des soustractions en partant du double de $80$ auquel vous ajoutez $1$ ce qui donne $161.$

\begin{array}{l|l}
1169 - 161 = 1008 & 7569 = 81^2+1008\\
1008 - 163 =845& 7569 = 82^2+845\\
845-165 =680& 7569 = 83^2+680\\
680-167=513& 7569 = 84^2+513\\
513-169=344& 7569 = 85^2+344\\
344-171=173& 7569 = 86^2+173\\
173-173=0 & 7569 = 87^2.
\end{array}

Le nombre $7569$ est un carré parfait puisque le reste est nul. C’est le carré de $87.$

298. Existence et unicité de la racine carrée entière et du reste d’un entier naturel (2/3)

Cet article constitue le prolongement du contenu rédigé dans l'article 297.

Soit $a$ un entier naturel. Alors il existe un unique entier naturel $b$ et un unique entier positif $r$ inférieur ou égal à $2b$, tels que :

\boxed{a=b^2+r.}

Exemple avec le nombre $180$

Vous allez constater que les identités remarquables font apparaître des nombres impairs consécutifs.

En effet, partez de :

180 = 0^2 + 180.

Vous posez $u_0 = 180$ de sorte que :

180 = 0^2+u_0.

Vous cherchez à faire apparaître $1^2.$

\begin{align*}
180 &= 1^2  + u_0 + 0^2 -1^2\\
&=1^2+u_0+(0-1)(0+1)\\
&=1^2 +u_0-1.
\end{align*}

Vous posez donc $u_1 = u_0-1$, de sorte que :

180 = 1^2 + u_1.

Comme $u_1 \notin \llbracket 0, 2\rrbracket$ vous déduisez que $u_1$ n’est pas le reste de la racine carrée entière de $180.$

Vous poursuivez.

\begin{align*}
180 &=1^2 + u_1\\
&=2^2+u_1+1^2-2^2\\
&=2^2+u_1+(1-2)(1+2)\\
&=2^2+u_1-3.
\end{align*}

Vous posez $u_2 = u_1-3$ pour obtenir :

180 = 2^2+u_2.

Le calcul de $u_2$ fournit :

\begin{align*}
u_2 &= u_1-3\\
&= u_0-1-3\\
&= 180-1-3\\
&=176.
\end{align*}

Comme $u_2 \notin \llbracket 0, 4\rrbracket$ vous déduisez que $u_2$ n’est pas le reste de la racine carrée entière de $180.$

Vous poursuivez.

\begin{align*}
180  &=2^2+u_2\\
&= 3^2+u_2+2^2-3^2\\
&=3^2+u_2+(2-3)(2+3)\\
&=3^2+u_2-5
\end{align*}

En posant $u_3 = u_2-5$ vous avez obtenu :

180 = 3^2+u_3.

Compte tenu de ce qui précède, une idée consiste à définir la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ de la façon suivante. Vous posez $u_0=180$ et pour tout entier naturel $n$ :

u_{n+1} = u_n - (2n+1).

Alors il semblerait que, pour tout entier naturel $n$, $180 = n^2+u_n.$

Cas général

Soit $a$ un entier naturel fixé.

Vous définissez une suite $(u_n)_{n\geq 0}$ en posant $u_0=a$ et pour tout entier naturel $n$ :

\boxed{u_{n+1} = u_n - (2n+1).}

Pour tout entier naturel $n$, vous notez $\mathscr{P}(n)$ la propriété : « $a = n^2+u_n$ ».

Initialisation. Puisque :

\begin{align*}
0^2+u_0 &= 0+a\\
&=a
\end{align*}

vous déduisez que $\mathscr{P}(0)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier naturel tel que $\mathscr{P}(n)$ soit vérifiée.

Alors :

\begin{align*}
a &= n^2+u_n\\
&=(n+1)^2+u_n+n^2-(n+1)^2\\
&=(n+1)^2+u_n+(n-n-1)(n+n+1)\\
&=(n+1)^2+u_n-(2n+1)\\
&=(n+1)^2+u_{n+1}.
\end{align*}

Ainsi $\mathscr{P}(n+1)$ est vérifiée.

Conclusion. Il a été établi par récurrence que :

\boxed{\forall n\in\N, a = n^2+u_n.}

Changement de signe de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$

Soit $n$ un entier naturel.

\begin{align*}
u_{n+1}-u_n = -(2n+1).
\end{align*}

Comme $2n+1 \geq 1$ vous déduisez que $u_{n+1}-u_n$ est strictement négatif.

La suite $(u_n)_{n\geq 0}$ est strictement décroissante.

D’une part, $u_0 = a$ donc $u_0\geq 0.$

Le premier terme de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ est positif.

Supposez, en raisonnant par l’absurde, que, pour tout entier $n\geq 1$ vous ayez $u_n\geq 0.$

L’ensemble

A = \{u_n, n\in\NN\}

est non vide puisqu’il contient $u_1.$

A cause de l’hypothèse, $(u_n)_{n\geq 1}$ est une suite d’entiers positifs.

Donc $A$ est une partie de $\N$ non vide. Notez $m$ le minimum de $A.$

Comme $m\in A$ il existe $n\in\NN$ tel que $m = u_n.$

Comme $n+1\in\NN$ vous déduisez $u_{n+1}\in A.$ Par définition du minimum de $A$, $u_{n+1}\geq m.$

Vous déduisez qu’il existe un entier $n$ tel que $u_{n+1}\geq u_n.$ Or cela est impossible puisque $u_{n+1}< u_n$ par stricte décroissance de la suite $(u_n)_{n\geq 1}.$

Vous déduisez donc qu’il existe un entier $p$ non nul tel que $u_p < 0.$

Par conséquent, l’ensemble

B=\{n\in\N, u_n<0\}

est non vide.

Comme $B\subset \N$ vous déduisez que $B$ admet un plus petit élément qui sera noté $q.$

\boxed{q = \mathrm{Min}\{n\in\N, u_n< 0\}.}

Vous avez $q\in B$ et vous déduisez $u_q<0.$ Comme $u_0$ est positif, cela impose $q\neq 0$ donc $q\geq 1.$

Du coup $q-1\in\N.$ Il est impossible d’avoir $q-1\in B$ puisque $q$ est le minimum de $B.$ Donc $u_{q-1}\geq 0.$

Ainsi, il existe un entier naturel $q$ non nul tel que :

\boxed{\begin{align*}
u_q &< 0\\
u_{q-1}&\geq0.
\end{align*}
}

Démontrez que $q-1$ est la racine carrée entière de $a$

Tout d’abord :

a = (q-1)^2+u_{q-1}

Il est déjà acquis que $u_{q-1}$ est positif ou nul.

Il reste à comprendre pourquoi $u_{q-1}$ serait inférieur ou égal à $2q-2.$

Supposez le contraire en raisonnant par l’absurde, de sorte que :

u_{q-1} >2q-2.

Alors :

u_{q-1}\geq 2q-1.

Du coup, par soustraction :

u_{q-1}-(2q-1)\geq 0.

Or, la relation de récurrence qui définit la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ fournit :

u_{q} = u_{q-1} - (2q-1).

Donc $u_q\geq 0$, ce qui contredit l’inégalité $u_q<0.$

Ainsi, vous avez démontré que :

\left\{
\begin{align*}
a &= (q-1)^2+u_{q-1}\\
q-1&\in\llbracket 0, 2q-2\rrbracket.
\end{align*}
\right.

D’après le contenu rédigé dans l'article 297 l’unicité de la racine carrée entière et du reste associés permettent de conclure :

\boxed{
\begin{align*}
b &= q-1\\
r &= u_{q-1}.
\end{align*}
}

Concluez

Pour tout entier naturel $a$, il existe un unique couple $(b,r)$ avec $b\in\N$ et $r\in\llbracket 0, 2b\rrbracket$ tel que :

a = b^2+r.

La suite définie par $u_0 = a$ et, pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1} = u_n-(2n+1)$ finit par avoir des termes strictement négatifs à partir d’un certain rang. Soit $q$ ce rang. Alors :

\boxed{
\begin{align*}
b &= q-1\\
r &= u_{q-1}.
\end{align*}
}

Illustration avec le reste et la racine carrée entière de $180$

Vous posez $u_0 = 180$ et, pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1} = u_n-(2n+1).$

Vous calculez les termes de la suite précitée jusqu’à obtenir un nombre strictement négatif.

\begin{array}{|c|c|}
\hline
n & u_n\\
\hline
0 & 180\\
1 & 180-1 = 179\\
2 & 179-3 = 176\\
3 & 176-5 = 171\\
4 & 171-7 = 164\\
5 & 164-9 = 155\\
6 & 155-11 = 144\\
7 & 144-13 = 131\\
8 & 131-15 = 116\\
9 & 116-17 = 99\\
10 & 99-19 = 80\\
11 & 80-21 = 59\\
12 & 59-23 = 36\\
13 & 36-25 = 11\\
14 & 11-27 = -16.\\
\hline
\end{array}

Il apparaît que $q = 14$ donc $b = 13$ et $r = u_{13} = 11$ et donc :

\begin{align*}
180 &= 13^2+11\\
11&\in\llbracket 0, 26\rrbracket.
\end{align*}

Remarque. A la ligne où $n=k$ la soustraction avec le nombre impair $2k-1$ est effectuée. A la ligne $n=k$, la soustraction qui apparaît à la ligne suivante est effectuée avec le nombre impair $2k+1.$
Le dernier nombre impair qui est soustrait n’est autre que $27.$ Ainsi, vous savez que $b = \frac{27-1}{2} = 13$ et que le reste $r$ est le résultat de l’avant-dernière soustraction.

Illustration avec le reste et la racine carrée entière de $212$

Dans cette section, vous allez juste soustraire les nombres impairs consécutifs jusqu’à la première obtention d’un nombre strictement négatif. Cela évitera de compter le nombre de soustractions effectuées pour trouver $b.$

\begin{array}{ll}
212&\\
212-1&=211\\
211-3&=208\\
208-5&=203\\
203-7&=196\\
196-9&=187\\
187-11&=176\\
176-13&=163\\
163-15&=148\\
148-17&=131\\
131-19&=112\\
112-21&=91\\
91-23&=68\\
68-25&=43\\
43-27&=16\\
16-29 &=-13.
\end{array}

Le dernier nombre impair utilisé est $29$ donc la racine carrée entière de $212$ est :

b = \frac{29-1}{2} = 14.

Le reste est $16$, c’est le résultat de l’avant-dernière soustraction, de sorte qu’au final :

212 = 14^2+16\\
16\in\llbracket 0, 28\rrbracket.

Prolongement

L’ avantage de cette méthode : la racine carrée entière ainsi que le reste associé d’un entier naturel sont calculables uniquement avec des entiers et des soustractions et ce, sans avoir à deviner au préalable la valeur du résultat.

L’inconvénient : le nombre de soustractions à effectuer est assez long. Afin d’éviter ce phénomène, un découpage du nombre de départ $a$ peut être effectué par paquets de deux chiffres afin d’accélérer le processus. Cela est traité dans le contenu rédigé dans l'article 299.

297. Existence et unicité de la racine carrée entière et du reste d’un entier naturel (1/3)

Soit $a$ un nombre entier naturel. L’objectif de cet article est de démontrer qu’il existe un unique couple $(b,r)$ avec $b\in\N$ et $r\in\llbracket 0, 2b\rrbracket$ tel que :

a = b^2+r.

Preuve de l’existence

Vous considérez l’ensemble $A$ défini par :

A=\{k\in\NN, k^2 >a\}.

Montrez que cet ensemble est non vide

Subdivisez cette question en trois cas.

Cas n°1. Si $a=0$ vous posez $k=1$ et remarquez que $k^2>a$ donc $k\in A$ et $A$ est non vide.

Cas n°2. De même, si $a=1$, vous posez $k=2.$ Alors $k^2>a$ donc $k\in A$ et $A$ est non vide.

Cas n°3. Si $a\geq 2$ vous posez $k=a$ et remarquez que :

\begin{align*}
k^2-a &= a^2-a\\
&=a(a-1).
\end{align*}

Comme $a\geq 2$, $a\in\NN$ et vous obtenez $a-1\geq 1$ et par produit $a(a-1)\geq 2$ donc $a(a-1)>0.$ Par suite, $k^2>a$ donc $k\in A$ et $A$ est non vide.

Il vient d’être vu que l’ensemble $A$ est non vide, comme annoncé.

Déduisez-en l’existence

L’ensemble $A$ étant une partie de $\N$ non vide, il admet un plus petit élément, qui sera noté $B.$

Comme $B\in A$ vous avez $B \geq 1.$

Dans la suite, vous posez $b = B-1.$ Il convient de remarquer que $B\in\N$ et que $B\geq 1$ donc $b\in \N.$

Comme $B\in A$ vous déduisez $B^2>a$ donc $(b+1)^2>a.$ En développant vous déduisez :

\begin{align*}
a&< b^2+2b+1\\
a&\leq b^2+2b\\
a-b^2&\leq 2b.
\end{align*}

Or, $B-1<B$ et $B$ est le minimum de $A.$ Donc $B-1\notin A$ donc $b\notin A.$ Or $b\in\N$ donc $b^2\leq a.$

Vous déduisez que :

0\leq a-b^2\leq2b.

Concluez

Vous posez :

\boxed{
\begin{align*}
B &= \mathrm{Min} \{k\in\NN, k^2>a\}\\
b &= B-1\\
r &=a-b^2.
\end{align*}
}

Alors :

\left\{\begin{align*}
a &= b^2+r\\
b&\in\N\\
r&\in\llbracket 0, 2b\rrbracket.
\end{align*}
\right.

Preuve de l’unicité

Supposez qu’il existe un couple $(b’,r’)$ tel que :

\left\{\begin{align*}
a &= b'^2+r'\\
b'&\in\N\\
r'&\in\llbracket 0, 2b'\rrbracket.
\end{align*}
\right.

D’une part, vous remarquez que $r< 2b+1$ donc :

\begin{align*}
a< b^2+(2b+1)\\
a < (b+1)^2.
\end{align*}

Comme $a = b’^2+r’$ avec $r’$ positif, vous déduisez :

a\geq b'^2.

Mis bout à bout, il vient :

\begin{align*}
b'^2\leq a < (b+1)^2\\
b'^2<(b+1)^2\\
0< (b+1)^2-b'^2\\
0< (b+1+b')(b+1-b').
\end{align*}

Comme $b$ et $b’$ sont positifs, vous déduisez que $b+b’\geq 0$ et donc $b+b’+1$ est strictement positif. Du coup :

\begin{align*}
0 < b+1-b'\\
b'< b+1\\
b' \leq b.
\end{align*}

D’autre part, vous partez de l’inégalité $r'< 2b’+1$ donc :

\begin{align*}
a< b'^2+(2b'+1)\\
a < (b'+1)^2.
\end{align*}

Comme $a = b^2+r$ avec $r$ positif, vous déduisez :

a\geq b^2.

Du coup :

\begin{align*}
b^2\leq a < (b'+1)^2\\
b^2< (b'+1)^2\\
b < b'+1\\
b\leq b'.
\end{align*}

Ainsi :

b=b'.

Ensuite :

\begin{align*}
r &= a-b^2\\
&=a-b'^2\\
&=r'.
\end{align*}

L’unicité est ainsi démontrée.

Exemple

Considérez le cas où $a = 180.$

Il s’agit de trouver le minimum de l’ensemble $A =\{k\in\NN, k^2> 180\}.$

Vous testez successivement :

\begin{array}{|c|c|}
\hline
k & k^ 2\\ \hline
1 & 1\\
2 & 4\\
3 & 9\\
4 & 16\\
5 & 25\\
6 & 36\\
7 & 49\\
8 & 64\\
9 & 81\\
10 & 100\\
11 & 121\\
12 & 144\\
13 & 169 \\
14 & 196\\ \hline
\end{array}

Vous constatez que :

\forall k\in\llbracket1, 13\rrbracket, k\notin A.

Comme $14\in A$ vous déduisez que :

\mathrm{Min} A = 14.

Ainsi $b = 14-1 = 13.$

Ensuite :

\begin{align*}
r &= 180-13^2\\
&=180-169\\
&=11.
\end{align*}

Vous remarquez que vous avez bien $r\in\llbracket 0, 26\rrbracket$ soit $0\leq r\leq 2b.$

Conclusion : $180$ a pour racine carrée entière $13$ et a pour reste $11.$

\left\{\begin{align*}
180 &= 13^2+11\\
11&\in\llbracket 0, 26\rrbracket.
\end{align*}
\right.

Prolongement

L’approche qui a été utilisée pour trouver la racine carrée entière de $180$ est assez calculatoire : tous les carrés des nombres allant de $1$ à $14$ ont été déterminés afin d’en déduire le minimum de l’ensemble $A$ et donc $b.$

Une approche utilisant des nombres impairs et des soustractions permettra de déterminer le reste $r$ ainsi que $b.$ Cela est traité dans le contenu rédigé dans l'article 298.

294. Calculez le déterminant d’une matrice de Hilbert (2/2)

Il rappelé que pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, la matrice de Hilbert d’ordre $n$ est la matrice réelle carrée notée $H_n$ qui est définie par :

\forall (i,j)\in\llbracket1, n\rrbracket, (H_n)_{i,j} = \frac{1}{i+j-1}.

Le contenu qui se trouve dans l'article 293 a permis d’établir le résultat suivant :

\forall n\geq 2, \det H_{n+1} = \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!}\det H_n.

Vous allez dans un premier temps déterminer une expression directe de $\det H_5.$

Conjecturez une expression pour $\det H_5$

Vous utilisez la relation de récurrence rappelée dans l’introduction de cet article pour $n=2$, $n=3$ et $n=4$ :

\begin{align*}
\det H_3 &= \frac{(2!)^4}{4! \times 5!}\det H_2 \\
\det H_4 &= \frac{(3!)^4}{6! \times 7!}\det H_3 \\
\det H_5 &= \frac{(4!)^4}{8! \times 9!}\det H_4 \\
\end{align*}

En multipliant ces égalités, vous obtenez :

\begin{align*}
\det H_3 \det H_4 \det H_5&= \frac{(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}\det H_2 \det H_3 \det H_4.
\end{align*}

En supposant que $\det H_4\neq 0$ et que $\det H_3\neq 0$ vous obtenez comme conjecture :

\begin{align*}
\det H_5&= \frac{(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}\det H_2.
\end{align*}

Calculez $\det H_2$

\begin{align*}
\det H_2 &= \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}\\
\end{vmatrix}
\\
&= 1\times \frac{1}{3} - \frac{1}{2}\times \frac{1}{2}\\
&=\frac{1}{3} - \frac{1}{4}\\
&=\frac{1}{12}.
\end{align*}

Comme $2! = 2$ et $3! = 6$ il vient :

\det H_2 = \frac{1}{2!\times 3!}.

Allez plus loin dans votre conjecture

Vous avez conjecturé que :

\begin{align*}
\det H_5&= \frac{(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{2!\times 3!\times 4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}\\
&= \frac{(1!)^4(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{1!\times 2!\times 3!\times 4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}.
\end{align*}

En continuant avec $\det H_6$ :

\begin{align*}
\det H_6 &= \frac{5!}{10! \times 11!}\det H_5
\\ &= \frac{(1!)^4(2!)^4(3!)^4(4!)^4(5!)^4}{1!\times 2!\times 3!\times 4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!\times 10! \times 11!}.
\end{align*}

Utilisez une notation pour obtenir une expression plus claire

Vous posez :

\boxed{\forall n\geq 2, \Phi_n = \prod_{i=1}^{n-1}i!.}

Pour tout $n\geq 2$, calculez $H_n$

Maintenant, pour tout entier naturel $n$ supérieur ou égal à $2$, vous notez $\mathscr{P}(n)$ la propriété : « $\det H_n = \frac{\Phi_n^4}{\Phi_{2n}}.$ »

Initialisation. Pour $n=2.$ Tout d’abord vous calculez :

\Phi_2= \prod_{i=1}^{1}i! = 1! =1.
\Phi_4= \prod_{i=1}^{3}i! = 1!\times 2!\times 3! =12.

Ensuite :

\begin{align*}
\frac{\Phi_2^4}{\Phi_{4}} &=\frac{1^4}{12}
\\
&=\frac{1}{12}\\
&=\det H_2.
\end{align*}

Ainsi $\mathscr{P}(2)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier supérieur ou égal à $2.$ Vous supposez $\mathscr{P}(n).$

\begin{align*}
\det H_{n+1} &= \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!} \times \det H_n\\
&= \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!} \times \frac{\Phi_n^4}{\Phi_{2n}}\\
&=\frac{(n!)^4\left(\prod_{i=1}^{n-1}i!\right)^4}{(2n)!\times (2n+1)! \times \prod_{i=1}^{2n-1}i!}\\
&=\frac{\left(n!\times \prod_{i=1}^{n-1}i!\right)^4}{ \prod_{i=1}^{2n+1}i!}\\
&=\frac{\left(\prod_{i=1}^{n}i!\right)^4}{ \Phi_{2n+2}}\\
&=\frac{\Phi_{n+1}^4}{ \Phi_{2n+2}}\\
&=\frac{\Phi_{n+1}^4}{ \Phi_{2(n+1)}}.
\end{align*}

Donc la propriété $\mathscr{P}(n+1)$ est vérifiée.

Conclusion. Par récurrence, il a été établi que pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, la propriété $\mathscr{P}(n)$ est vérifiée.

Concluez

Pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, vous posez :

\boxed{\forall n\geq 2, \Phi_n = \prod_{i=1}^{n-1}i!.}

Alors, pout tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$ :

\boxed{\det H_n = \frac{\Phi_n^4}{\Phi_{2n}}.}

Prolongement

Pourriez-vous démontrer que la suite $\left(\frac{1}{\det H_n}\right)_{n\geq 2}$ est bien définie et que c’est une suite d’entiers strictement positifs ?

293. Calculez le déterminant d’une matrice de Hilbert (1/2)

Il rappelé que pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, la matrice de Hilbert d’ordre $n$ est la matrice réelle carrée notée $H_n$ qui est définie par :

\forall (i,j)\in\llbracket1, n\rrbracket, (H_n)_{i,j} = \frac{1}{i+j-1}.

Par exemple, la matrice $H_4$ est définie par :

H_4 = \begin{pmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{4}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} & \frac{1}{4} & \frac{1}{5}& \frac{1}{6}\\
 \frac{1}{4} & \frac{1}{5}& \frac{1}{6}& \frac{1}{7}
\end{pmatrix}.

La matrice $H_3$ est définie par :

H_3 = \begin{pmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{3} & \frac{1}{4} & \frac{1}{5}
\end{pmatrix}.

Déterminez une relation de récurrence entre $\det H_4$ et $\det H_3$

Vu que la matrice $H_3$ peut être extraite de la matrice $H_4$ à partir du bloc supérieur $3\times 3$ placé à gauche, il semble légitime de chercher à calculer le déterminant de $H_4$ en fonction du déterminant de $H_3.$

Etant donné qu’un déterminant ne change pas suite à une opération de transvection appliquée sur les lignes ou les colonnes, vous commencez par l’opération $C_3\leftarrow C_3-C_4$ :

\begin{align*}
\det H_4 &= \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3}-\frac{1}{4} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{4}-\frac{1}{5}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} & \frac{1}{4} & \frac{1}{5}-\frac{1}{6}& \frac{1}{6}\\
 \frac{1}{4} & \frac{1}{5}& \frac{1}{6}- \frac{1}{7}& \frac{1}{7}
\end{vmatrix}
\\
&= \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{12} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{20}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} & \frac{1}{4} & \frac{1}{30}& \frac{1}{6}\\
 \frac{1}{4} & \frac{1}{5}& \frac{1}{42}& \frac{1}{7}
\end{vmatrix}.
\end{align*}

Vous poursuivez avec l’opération $C_2\leftarrow C_2-C_4$ en laissant volontairement les fractions non simplifiées pour garder les mêmes dénominateurs sur la colonne $2$ :

\begin{align*}
\det H_4 &=  \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} -\frac{1}{4} & \frac{1}{12} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3} -  \frac{1}{5}& \frac{1}{20}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} & \frac{1}{4} -  \frac{1}{6}& \frac{1}{30}& \frac{1}{6}\\
 \frac{1}{4} & \frac{1}{5} -  \frac{1}{7}& \frac{1}{42}& \frac{1}{7}
\end{vmatrix}
\\
&=\begin{vmatrix}
1 & \frac{2}{8} & \frac{1}{12} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2} & \frac{2}{15}& \frac{1}{20}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} & \frac{2}{24}& \frac{1}{30}& \frac{1}{6}\\
 \frac{1}{4} & \frac{2}{35}& \frac{1}{42}& \frac{1}{7}
\end{vmatrix}.
\end{align*}

Vous effectuez l’opération $C_1\leftarrow C_1-C_4$ :

\begin{align*}
\det H_4 &= \begin{vmatrix}
1- \frac{1}{4} & \frac{2}{8} & \frac{1}{12} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2}- \frac{1}{5} & \frac{2}{15}& \frac{1}{20}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} - \frac{1}{6}& \frac{2}{24}& \frac{1}{30}& \frac{1}{6}\\
 \frac{1}{4} - \frac{1}{7}& \frac{2}{35}& \frac{1}{42}& \frac{1}{7}
\end{vmatrix}
\\
&=\begin{vmatrix}
\frac{3}{4} & \frac{2}{8} & \frac{1}{12} & \frac{1}{4}\\
\frac{3}{10} & \frac{2}{15}& \frac{1}{20}& \frac{1}{5}\\
\frac{3}{18}& \frac{2}{24}& \frac{1}{30}& \frac{1}{6}\\
 \frac{3}{28}& \frac{2}{35}& \frac{1}{42}& \frac{1}{7}
\end{vmatrix}.
\end{align*}

Vous constatez que les dénominateurs de la première ligne sont tous des multiples de $4$, ceux de la deuxième ligne sont tous des multiples de $5$, ceux de la troisième ligne sont des multiples de $6$, ceux de la quatrième ligne sont des multiples de $7.$ Le déterminant étant une forme multilinéaire, il vient :

\begin{align*}
\det H_4 
&=\frac{1}{4}\times \frac{1}{5}\times \frac{1}{6}\times \frac{1}{7}\times \begin{vmatrix}
\frac{3}{1} & \frac{2}{2} & \frac{1}{3} & 1\\
\frac{3}{2} & \frac{2}{3}& \frac{1}{4}& 1\\
\frac{3}{3}& \frac{2}{4}& \frac{1}{5}& 1\\
 \frac{3}{4}& \frac{2}{5}& \frac{1}{6}& 1
\end{vmatrix}.
\end{align*}

Les numérateurs de la première colonne sont des multiples de $3$ et ceux de la deuxième colonne sont des multiples de $2$. Ainsi :

\begin{align*}
\det H_4 
&=\frac{2\times 3}{4\times 5 \times 6\times7}\times \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} & 1\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}& \frac{1}{4}& 1\\
\frac{1}{3}& \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& 1\\
 \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& \frac{1}{6}& 1
\end{vmatrix}
\\
&=\frac{(2\times 3)^2}{7!}\times \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} & 1\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}& \frac{1}{4}& 1\\
\frac{1}{3}& \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& 1\\
 \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& \frac{1}{6}& 1
\end{vmatrix}
\\
&=\frac{(3!)^2}{7!}\times \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} & 1\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}& \frac{1}{4}& 1\\
\frac{1}{3}& \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& 1\\
 \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& \frac{1}{6}& 1
\end{vmatrix}.
\end{align*}

Posez :

D_4 = \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} & 1\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}& \frac{1}{4}& 1\\
\frac{1}{3}& \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& 1\\
 \frac{1}{4}& \frac{1}{5}& \frac{1}{6}& 1
\end{vmatrix}.

Le déterminant d’une matrice est égal à celui de sa transposée, vous avez :

D_4 = \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{4}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3} & \frac{1}{4}& \frac{1}{5}\\
\frac{1}{3} & \frac{1}{4} & \frac{1}{5}& \frac{1}{6}\\
 1 & 1& 1& 1
\end{vmatrix}.

Vous effectuez les mêmes opérations élémentaires que précédemment, à savoir $C_3\leftarrow C_3-C_4$ puis $C_2\leftarrow C_2-C_4$ et $C_1\leftarrow C_1-C_4$ :

D_4 = \begin{vmatrix}
\frac{3}{4} & \frac{2}{8} & \frac{1}{12} & \frac{1}{4}\\
\frac{3}{10} & \frac{2}{15}& \frac{1}{20}& \frac{1}{5}\\
\frac{3}{18}& \frac{2}{24}& \frac{1}{30}& \frac{1}{6}\\
 0& 0& 0& 1
\end{vmatrix}.

En développant ce déterminant par rapport à la dernière ligne, il vient :

D_4 = \begin{vmatrix}
\frac{3}{4} & \frac{2}{8} & \frac{1}{12} \\
\frac{3}{10} & \frac{2}{15}& \frac{1}{20}\\
\frac{3}{18}& \frac{2}{24}& \frac{1}{30}
\end{vmatrix}.

Puis vous factorisez la ligne $1$ par $\frac{1}{4}$, la ligne $2$ par $\frac{1}{5}$ et la ligne $3$ par $\frac{1}{6}$ :

D_4 = \frac{1}{4\times 5\times 6}\begin{vmatrix}
\frac{3}{1} & \frac{2}{2} & \frac{1}{3} \\
\frac{3}{2} & \frac{2}{3}& \frac{1}{4}\\
\frac{3}{3}& \frac{2}{4}& \frac{1}{5}
\end{vmatrix}.

Vous factorisez la colonne $1$ par $3$ et la colonne $2$ par $2$ :

\begin{align*}
D_4 &= \frac{2\times 3}{4\times 5\times 6}\begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2} & \frac{1}{3} \\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}& \frac{1}{4}\\
\frac{1}{3}& \frac{1}{4}& \frac{1}{5}
\end{vmatrix}\\
&= \frac{2\times 3}{4\times 5\times 6}\det H_3
\\
&= \frac{(2\times 3)^2}{6!}\det H_3\\
&= \frac{(3!)^2}{6!}\det H_3.
\end{align*}

Comme :

\begin{align*}
\det H_4 
&=\frac{(3!)^2}{7!}\times D_4\\
&=\frac{(3!)^2}{7!}\times \frac{(3!)^2}{6!}\det H_3
\end{align*}

vous déduisez :

\boxed{\det H_4 =\frac{(3!)^4}{{6!}\times{7!}}\det H_3.}

Le problème étant dégrossi, il reste à passer au cas général.

Déterminez une relation de récurrence entre $\det H_{n+1}$ et $\det H_n$

Soit $n$ un entier naturel supérieur ou égal à $2.$

Première partie

Par définition de la matrice $H_{n+1}$, vous avez :

\forall (i,j)\in\llbracket1, n+1\rrbracket, (H_{n+1})_{i,j} = \frac{1}{i+j-1}.

Vous appliquez à la matrice $H_{n+1}$ la succession d’opérations élémentaires suivante :

\left\{\begin{align*}
C_n&\leftarrow C_n-C_{n+1}\\
C_{n-1}&\leftarrow C_{n-1}-C_{n+1}\\
\vdots & \\
C_1&\leftarrow C_1-C_{n+1}.
\end{align*}
\right.

Vous appelez $K_{n+1}$ la matrice obtenue.

Pour tout $i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket$ et pour tout $j\in\llbracket 1,n \rrbracket$ le coefficient $(K_{n+1})_{i,j}$ est égal à :

\begin{align*}
(K_{n+1})_{i,j} &= (H_{n+1})_{i,j} - (H_{n+1})_{i,n+1}\\
&=\frac{1}{i+j-1}-\frac{1}{i+n}\\
&=\frac{i+n}{(i+j-1)(i+n)}-\frac{i+j-1}{(i+n)(i+j-1)}\\
&=\frac{n+1-j}{(i+n)(i+j-1)}.
\end{align*}

Pour tout $i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket$, vous avez :

\begin{align*}
(K_{n+1})_{i,n+1} &=  (H_{n+1})_{i,n+1}\\
&=\frac{1}{i+n}.
\end{align*}

Les opérations élémentaires de transvection utilisées ne changeant pas le déterminant initial, vous obtenez :

\det H_{n+1} = \det K_{n+1}.

Vous constatez que, pour tout $i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket$, la ligne $i$ est factorisable par $\frac{1}{i+n}.$

Soit $L_{n+1}$ la matrice définie par :

\begin{align*}
\forall i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, \forall j\in\llbracket 1,n \rrbracket, (L_{n+1})_{i,j}=\frac{n+1-j}{i+j-1}
\\
\forall i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, (L_{n+1})_{i,n+1}=1.
\end{align*}

Vous obtenez :

\begin{align*}
\det K_{n+1} &=\left( \prod_{i=1}^{n+1}\frac{1}{i+n}\right) \det L_{n+1} \\
&=\left( \prod_{i=n+1}^{2n+1}\frac{1}{i}\right) \det L_{n+1} \\
&=\frac{n!}{\prod_{i=1}^{n} i}\left( \prod_{i=n+1}^{2n+1}\frac{1}{i}\right) \det L_{n+1} \\
&=\frac{n!}{\prod_{i=1}^{n} i}\frac{1}{\prod_{i=n+1}^{2n+1}i}  \det L_{n+1} \\
&=\frac{n!}{\prod_{i=1}^{2n+1} i} \det L_{n+1} \\
&=\frac{n!}{(2n+1)!} \det L_{n+1}.
\end{align*}

Quant à la matrice $L_{n+1}$, vous constatez que, pour tout $j\in\llbracket 1, n\rrbracket$ la colonne $j$ est factorisable par $n+1-j.$ Notez $H’_{n+1}$ la matrice définie par :

\begin{align*}
\forall i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, \forall j\in\llbracket 1,n \rrbracket, (H'_{n+1})_{i,j}=\frac{1}{i+j-1}
\\
\forall i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, (H'_{n+1})_{i,n+1}=1.
\end{align*}

$H’_{n+1}$ est la matrice $H_{n+1}$ dans laquelle la colonne $n+1$ a été remplacée par une colonne comportant tous ses coefficients égaux à $1.$

Les factorisations évoquées conduisent à :

\det L_{n+1} =\left( \prod_{j=1}^n (n+1-j) \right)\det H'_{n+1}.

Vous effectuez le changement de variable $k = n+1-j$ dans le produit. Quand $j=1$, $k=n$ et quand $j=n$, $k=1$ du coup :

\begin{align*}
\det L_{n+1} &=\left( \prod_{k=1}^nk \right)\det H'_{n+1}\\
&= (n!)\det H'_{n+1}.
\end{align*}

Vous déduisez :

\begin{align*}
\det H_{n+1} &= \det K_{n+1} \\
&=\frac{n!}{(2n+1)!} \det L_{n+1} \\
&=\frac{(n!)^2}{(2n+1)!} \det H'_{n+1}.
\end{align*}

Seconde partie

Notez $D_{n+1}$ la transposée de la matrice $H’_{n+1}.$

Alors :

\forall i\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, \forall j\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, (D_{n+1})_{i,j}=(H'_{n+1})_{j,i}.

Pour $i = n+1$, il vient :

 \forall j\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, (D_{n+1})_{n+1,j}=(H'_{n+1})_{j,n+1} = 1.

Pour tout $i\in\llbracket 1, n\rrbracket$ vous avez :

 \forall j\in\llbracket 1, n+1\rrbracket, (D_{n+1})_{i,j}=(H'_{n+1})_{j,i} = \frac{1}{j+i-1} = \frac{1}{i+j-1}.

L’opération de transposition laisse invariant le déterminant, donc :

\det H'_{n+1} = \det D_{n+1}.

La matrice $D_{n+1}$ est rigoureusement identique à la matrice $H_{n+1}$ sur ses $n$ premières lignes, excepté la dernière qui contient des coefficients tous égaux à $1.$

Vous appliquez à la matrice $D_{n+1}$ la succession d’opérations élémentaires suivante, comme dans la première partie.

\left\{\begin{align*}
C_n&\leftarrow C_n-C_{n+1}\\
C_{n-1}&\leftarrow C_{n-1}-C_{n+1}\\
\vdots & \\
C_1&\leftarrow C_1-C_{n+1}.
\end{align*}
\right.

Vous appelez $K’_{n+1}$ la matrice obtenue. Les transvections utilisées ne modifient pas le déterminant. Donc :

\det D_{n+1} = \det K'_{n+1}.

Tout d’abord pour la ligne $n+1$ de $K’_{n+1}$ vous avez :

\begin{align*}
\forall j\in\llbracket 1, n\rrbracket, (K'_{n+1})_{n+1,j} = 0\\
(K'_{n+1})_{n+1,n+1} = 1. 
\end{align*}

Pour les autres lignes, pour tout $i\in\llbracket 1, n\rrbracket$ et pour tout $j\in\llbracket 1,n \rrbracket$ le coefficient $(K’_{n+1})_{i,j}$ est égal à :

\begin{align*}
(K'_{n+1})_{i,j} &= (D_{n+1})_{i,j} - (D_{n+1})_{i,n+1}\\
&= (H_{n+1})_{i,j} - (H_{n+1})_{i,n+1}\\
&=\frac{n+1-j}{(i+n)(i+j-1)}.
\end{align*}

Pour tout $i\in\llbracket 1, n\rrbracket$ vous factorisez la ligne $i$ par $\frac{1}{i+n}$. Puis, pour tout $j\in\llbracket 1, n\rrbracket$ vous factorisez la colonne $j$ par $n+1-j.$

La matrice obtenue est notée $K »_{n+1}.$ Il existe une matrice colonne $C_n$ de $M_{n,1}(\R)$ (dont les coefficients importent peu) et une matrice ligne $O_n\in M_{1,n}(\R)$ identiquement nulle telles que :

K''_{n+1} = \begin{pmatrix}
\begin{array}{c|c}
H_n & C_n\\\hline
O_n & 1
\end{array}
\end{pmatrix}.

D’une part, les factorisations fournissent :

\begin{align*}
\det K'_{n+1} &= \left(\prod_{i=1}^n \frac{1}{i+n}\right)  \left(\prod_{j=1}^n (n+1-j)\right) \det K''_{n+1}\\
&= \left(\prod_{i=n+1}^{2n} \frac{1}{i}\right)  \left(\prod_{j=1}^n j\right) \det K''_{n+1}\\
&=\frac{n!}{\prod_{i=1}^{n}i} \left(\prod_{i=n+1}^{2n} \frac{1}{i}\right)  \left(\prod_{j=1}^n j\right) \det K''_{n+1}\\
&=\frac{n!}{\prod_{i=1}^{n}i}\frac{1}{ \prod_{i=n+1}^{2n} i}   \left(\prod_{j=1}^n j\right) \det K''_{n+1}\\
&=\frac{n!}{\prod_{i=1}^{2n}i}\times (n!)   \det K''_{n+1}\\
&=\frac{(n!)^2}{(2n)!}   \det K''_{n+1}.
\end{align*}

En développant le déterminant de $K »_{n+1}$ par rapport à la dernière ligne, il vient :

\det K''_{n+1} = \det H_n.

En définitive :

\begin{align*}
\det H_{n+1} &=\frac{(n!)^2}{(2n+1)!} \det H'_{n+1}\\
&=\frac{(n!)^2}{(2n+1)!} \det D_{n+1}\\
&=\frac{(n!)^2}{(2n+1)!} \det K'_{n+1}\\
&=\frac{(n!)^2}{(2n+1)!} \times \frac{(n!)^2}{(2n)!}   \det K''_{n+1}\\
&=\frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!}    \det H_{n}.
\end{align*}

Concluez

La relation de récurrence est ainsi trouvée :

\boxed{\forall n\geq 2, \det H_{n+1} = \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!}\det H_n.}

Prolongement

A partir de la relation de récurrence obtenue, pourriez-vous déterminer, pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, une expression de $H_n$ en fonction de $n$ ?

Pour en savoir davantage, vous êtes invité à lire le contenu rédigé dans l'article 294.