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158. Démonstration de la convergence d’une suite qui donne la racine carrée entière d’un nombre entier (partie 1/2)

Soit $N$ un nombre naturel supérieur ou égal à $1$. Pour tout réel $x$, notez $\left\lfloor x \right\rfloor$ la partie entière de $x$, désignant le plus grand entier inférieur ou égal à $x.$

Pour simplifier les notations, définissez la fonction $f$ sur $\N^{*}$ par $\forall n\in\N^{*}, f(n) =\left\lfloor \frac{n+\left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$

Considérez la suite définie par $u_0 = N$ et

\forall n\in\N, u_{n+1}=\begin{cases}
f(u_n) \quad\text{ si } f(u_n) < u_n\\
 u_n \quad\text{ si } f(u_n) \geq u_n.\\
\end{cases}

Cet article s’inscrit dans la preuve du résultat suivant : la suite $(u_n)$ est stationnaire à partir d’un certain rang et sa limite est égale à la racine carrée entière de $N$, c’est–à-dire l’unique entier $m$ tel que $m^2\leq N < (m+1)^2.$

Le but de cet article est de mettre en exergue une démonstration de la proposition suivante :
$\left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ minore la suite $(u_n)_{n\geq 0}.$

Afin de parvenir à ce résultat, vous allez démontrer les lemmes suivants, qui faciliteront les calculs pour la suite.

Démontrez le lemme $\forall n\in\N^{*}, f(n) = \left\lfloor \frac{n+ \frac{N}{n}}{2}\right\rfloor$

Pour voir pourquoi cela est bien le cas, considérez un entier $n\in\N^{*}$ et posez $p = \left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor.$

Par définition de la partie entière, l’encadrement $p\leq \frac{N}{n} < p+1$ est vérifié.

Par suite, $n+p \leq n+ \frac{N}{n} < n+p+1$ et après division par $2$ il vient $\frac{n+p}{2} \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2}< \frac{n+p+1}{2}.$

Premier cas : l’entier naturel $n+p$ est pair

Il existe $\ell\in\N$ tel que $n+p = 2\ell.$

D’autre part, vous avez $\ell \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2}< \ell +\frac{1}{2} < \ell + 1.$

Vous déduisez que $\ell = \left\lfloor \frac{n+ \frac{N}{n} }{2} \right\rfloor.$

Or, comme $\ell$ est entier, il vient successivement :

\begin{aligned}
\ell &= \left\lfloor \ell \right\rfloor \\
&= \left\lfloor \frac{n+ p }{2} \right\rfloor\\
&= \left\lfloor \frac{n+ \left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor }{2} \right\rfloor\\
\end{aligned}

ce qui prouve le résultat.

Second cas : l’entier naturel $n+p$ est impair

Il existe $\ell\in\N$ tel que $n+p = 2\ell+1.$

Vous avez $\ell +\frac{1}{2} \leq \frac{n+p}{2} \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2}< \frac{n+p+1}{2}\leq \frac{2\ell + 2}{2} \leq \ell + 1.$

Vous déduisez $\ell \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2} < \ell +1.$

Ainsi, comme prédédemment $\ell = \left\lfloor \frac{n+ \frac{N}{n} }{2} \right\rfloor.$

Comme $\frac{n+p}{2}= \ell+\frac{1}{2}$ vous avez $\ell \leq \frac{n+p}{2} < \ell +1$ donc $\ell = \left\lfloor \frac{n+ p }{2} \right\rfloor$, ce qui prouve $\ell = \left\lfloor \frac{n+ \left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor }{2} \right\rfloor.$

Démontrez que, pour tout $n\in\N^{*}, \sqrt{N}\leq \frac{n+\frac{N}{n}}{2}$

Cette inégalité s’obtient par soustraction et utilisation d’identités remarquables.

\begin{aligned}
\frac{n+\frac{N}{n}}{2} – \sqrt{N} &= \frac{n+\frac{N}{n} – 2\sqrt{N}}{2}\\
&=\frac{n^2+N – 2n\sqrt{N}}{2n}\\
&=\frac{(n-\sqrt{N})^2}{2n}.
\end{aligned}

La positivité du carré et de l’entier $n$ montrent que la fraction obtenue est positive ce qui conclut.

Démontrez la minoration $\forall n\in\N^{*}, f(n) \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$

Soit $n$ un entier naturel non nul.

De ce qui précède, vous avez successivement :

\begin{aligned}
f(n) \geq \frac{n+\frac{N}{n}}{2} \\
\geq \left\lfloor \frac{n+\frac{N}{n}}{2} \right\rfloor.
\end{aligned}

Or, $ \frac{n+\frac{N}{n}}{2} \geq \sqrt{N}.$

Comme la fonction partie entière est croissante, vous déduisez $\left\lfloor \frac{n+\frac{N}{n}}{2}\right\rfloor \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

Concluez en utilisant une récurrence

Pour tout entier naturel $n$, notez $P(n)$ la propriété : « $u_n \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ ».

Initialisation. Pour $n = 0$, $u_0 = N.$ Comme $N$ est un entier naturel non nul, $N\geq 1.$ En multipliant par $N$, il vient $N^2\geq N$ et par croissance de la fonction racine carrée, $N\geq \sqrt{N}.$ Par définition de la partie entière, $\sqrt{N} \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$ Mis bout à bout, vous obtenez $N \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ et $u_0 \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ donc $P(0)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier naturel tel que $P(n)$ soit vérifiée.

1er cas : $u_{n+1} = f(u_n).$ Il a été établi ci-dessus que, pour tout entier $m\geq 1$, $f(m) \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

Par hypothèse de récurrence, $u_n\geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$. Or $N\geq 1$ donc $\sqrt{N} \geq 1$ et par croissance de la partie entière, $\left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor \geq 1$ donc $u_n \geq 1$. En prenant $m=u_n$, il vient $u_{n+1} \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

2ème cas : $u_{n+1} = u_n$ et le résultat est acquis par hypothèse de récurrence.

Vous venez de démontrer, par récurrence, que $\forall n\in\N, u_n \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

157. Construisez une suite qui converge vers la racine carrée entière d’un nombre entier

Soit $N$ un entier naturel strictement positif.

Inspirez-vous de la suite de Héron définie par $u_0 =N$ et $\forall n\in\N, u_{n+1} = \frac{u_n+\frac{N}{u_n}}{2}$ qui converge vers $\sqrt{N}.$

L’objectif ici est de trouver la racine carrée entière de $N$, autrement dit l’unique nombre entier $m$ tel que $m^2\leq N < (m+1)^2.$

Utilisez la partie entière

Pour tout nombre réel $x$, on appelle partie entière de $x$ l’unique nombre entier $n$ tel que $n\leq x < n+1.$

Ce nombre sera noté $\lfloor x \rfloor$ dans la suite.

Définissez la suite

Vous définissez la suite $u$ par $u_0 = N$ et $\forall n\in\N, u_{n+1}=\left\lfloor \frac{u_n+\left\lfloor \frac{N}{u_n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor$, avec l’idée de transformer toutes les fractions rencontrées par des nombres entiers.

Etudiez un exemple avec la racine carrée entière de $200$

Posez $N = 200$.

Partez de $u_0 = 200.$

Puis :

\begin{align*}
u_{1}&=\left\lfloor \frac{u_0+\left\lfloor \frac{N}{u_0}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{200+\left\lfloor \frac{200}{200}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{200+1}{2}\right\rfloor\\
&=100.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{2}&=\left\lfloor \frac{u_1+\left\lfloor \frac{N}{u_1}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{100+\left\lfloor \frac{200}{100}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{102}{2}\right\rfloor\\
&=51.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{3}&=\left\lfloor \frac{u_2+\left\lfloor \frac{N}{u_2}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{51+\left\lfloor \frac{200}{51}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{51+3}{2}\right\rfloor\\
&=27.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{4}&=\left\lfloor \frac{u_3+\left\lfloor \frac{N}{u_3}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{27+\left\lfloor \frac{200}{27}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{27+7}{2}\right\rfloor\\
&=17.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{5}&=\left\lfloor \frac{u_4+\left\lfloor \frac{N}{u_4}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{17+\left\lfloor \frac{200}{17}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{17+11}{2}\right\rfloor\\
&=14.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{6}&=\left\lfloor \frac{u_5+\left\lfloor \frac{N}{u_5}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{14+\left\lfloor \frac{200}{14}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{14+14}{2}\right\rfloor\\
&=14.\\
\end{align*}

Ainsi la suite semble être décroissante, et même stationnaire à partir du rang $5.$

Comme $14^2 = 196$ et $15^2 = 225$ vous observez qu’effectivement $14^2 \leq 200 < 15^2$ et donc $14$ est bien la racine carrée entière de $200.$

Attention aux fausses conjectures

Il est tentant de noter $f$ la fonction définie sur $\R_{+}^{*}$ par $\forall x\in\R, f(x) = \left\lfloor \frac{x+\left\lfloor \frac{200}{x}\right\rfloor}{2}\right\rfloor$ et de penser que $f$ est croissante sur $[\sqrt{200}, +\infty[$.

Mais cela est inexact. Quand $x$ est proche de $\sqrt{200}$ les choses se corsent, comme le montre la courbe ci-dessous.

10/09/2021 - Capture decran 2021 09 10 a 20.34.31

Les calculs suivants le confirment.

\begin{align*}
f(15) &= \left\lfloor \frac{15+\left\lfloor \frac{200}{15}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&= \left\lfloor \frac{15+13}{2}\right\rfloor\\
&=14.
\end{align*}
\begin{align*}
f(15,5) &= \left\lfloor \frac{15,5+\left\lfloor \frac{200}{15,5}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&= \left\lfloor \frac{15,5+12}{2}\right\rfloor\\
&=13.
\end{align*}

Faites une restriction sur l’ensemble de départ

Soit $m$ l’unique entier tel que $m^2 \leq 200 < (m+1)^2.$

Vous allez considérer $f$ la fonction définie sur $I = [m, +\infty[ \cap \N$ par $\forall n\in I, f(n) = \left\lfloor \frac{n+\left\lfloor \frac{200}{n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$ Alors $f$ a l’air d’être croissante sur $I.$

Cela est suggéré par le graphique ci-dessous.

10/09/2021 - Capture decran 2021 09 10 a 20.49.47

Vous pouvez alors penser que ce résultat subsiste pour d’autres valeurs de $N$, mais il reste encore un problème.

Représentez graphiquement la fonction lorsque $N = 48$

La racine entière de $48$ est $6$ puisque $6^2\leq 48 < 7^2;$

Ci-dessous, voici la représentation graphique de la fonction $f$ définie sur $I = [6,+\infty[\cap N$ par $\forall x\in I, f(x) =\left\lfloor \frac{x+\left\lfloor \frac{48}{x}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$

10/09/2021 - Capture decran 2021 09 10 a 21.28.14

Vous avez $f(6)=7$, $f(7)=6$ et $f(8)=7$. La fonction $f$ n’est donc ni croissante ni décroissante.

Définissez la bonne suite

Afin d’assurer sa convergence, vous allez forcer le caractère décroissant et ce, dans la définition de la suite. Si $f(u_n)$ est meilleur que $u_n$ (au sens où $f(u_n) < u_n$), vous allez garder la valeur de $f(u_n)$.

Soit $N$ un entier supérieur ou égal à $1$. Voici une suite qui convient pour trouver la racine carrée entière de $N$.

Pour simplifier les notations, définissez la fonction $f$ sur $\N^{*}$ par $\forall n\in\N^{*}, f(n) =\left\lfloor \frac{n+\left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$

Définissez la suite $u$ par $u_0 = N$ et :

\forall n\in\N, u_{n+1}=\begin{cases}
f(n) \quad\text{ si } f(u_n) < u_n\\
 u_n \quad\text{ si } f(u_n) \geq u_n.\\
\end{cases}

Vous pouvez alors prouver que la suite $u$ est convergente (stationnaire à partir d’un certain rang) et que sa limite est précisément égale la racine carrée entière de l’entier $N.$

156. Le cinquième nombre de Fermat n’est pas un nombre premier

Pour tout entier naturel $n$, on définit le $n$-ième nombre de Fermat par l’expression $F_n = 2^{2^n}+1.$

Les puissances imbriquées doivent être comprises ainsi : $F_n = 2^{(2^n)}+1.$

Comme $2^5 =32$, le cinquième nombre de Fermat est $F_5 = 2^{32}+1.$

Il ne sera pas expliqué ici comment on peut trouver que $641$ est un bon candidat pour être un diviseur du nombre $F_5.$

Néanmoins, les congruences vous permettront d’obtenir une démonstration du fait que $641$ est effectivement un diviseur du nombre $F_5.$

Calculez $F_5$ modulo $641$

L’idée est de partir de $2^{32} = 2^4 \times 2^{28}$ et de transformer $2^4.$

En effet $641 – 16 = 625$, ce qui s’écrit $641 – 2^4 = 5^4$ avec les puissances.

Utilisez le fait que $2^4 \equiv -5^4 \pmod {641}.$

\begin{aligned}
F_5 &\equiv 2^4 \times 2^{28} + 1 &\pmod {641} \\
&\equiv -5^4 \times 2^{28} + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -(5\times 2^7)^4 + 1 &\pmod {641}\\
\end{aligned}

Or $5\times 2^7 = 10\times 2^6 = 640.$ Le calcul des congruences va être rapide, puisque $640 \equiv -1 \pmod {641}.$

\begin{aligned}
F_5 &\equiv -(640)^4 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -(-1)^4 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -1 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv 0. &\pmod {641}\\
\end{aligned}

Concluez

Comme $F_5$ est congru à $0$ modulo $641$, vous déduisez $641 \mid F_5$, donc le cinquième nombre de Fermat n’est pas premier.

155. La somme de deux fonctions périodiques peut ne pas être périodique

La fonction réelle qui va de $\R$ dans $\R$, définie par $\forall x\in\R, f(x) = \cos x$ est $2\pi$-périodique.

Pour des raisons pratiques, vous allez construire une fonction $g$ qui soit $1-$périodique, c’est-à-dire une fonction qui vérifie $\forall x\in\R, g(x+1)=g(x).$

Il suffit de poser $\forall x\in\R, g(x) = \cos (2\pi x).$

Vérifiez que cette fonction convient.

Soit $x\in \R.$

\begin{align*}
g(x+1) &= \cos (2\pi(x+1))\\
&= \cos (2\pi x + 2\pi)\\
&=\cos (2\pi x)\\
&= g(x).
\end{align*}

De la même façon, vous construisez la fonction $x\mapsto \sin(2\pi x)$ qui est elle aussi $1$-périodique.

La somme $x\mapsto \cos(2\pi x) + \sin(2\pi x)$ sera aussi $1$-périodique.

Comment contruire une fonction non-périodique qui soit somme de deux fonctions périodiques ?

L’idée est d’ajouter une fonction paire de type cosinus avec une fonction impaire de type sinus, de façon à ce que les périodes respectives ne puissent pas être multiples l’une de l’autre.

Le nombre $\sqrt{2}$ apparaît comme un candidat potentiel, étant donné qu’il n’est pas rationnel. Autrement dit, quels que soient les entiers $a\in\Z$ et $b\in\Z^{*}$, vous avez toujours $\sqrt{2}\neq \frac{a}{b}.$ Cela suffit-il ? Vous allez constater que oui.

Vous allez donc définir la fonction $h$ suivante par $\boxed{\forall x\in\R, h(x)=\cos (2\pi x) + \sin(\pi \sqrt{2} x).}$

Montrez que la fonction $h$ n’est pas périodique

Raisonnez par l’absurde en supposant qu’il existe un nombre réel $T$ non nul, tel que $\forall x\in\R, h(x)=h(x+T).$

En prenant $x=0$ vous avez $h(0)=h(T)$ d’où $1 = \cos (2\pi T) + \sin (\pi \sqrt{2} T).$

En prenant $x=-T$ vous avez $h(-T)=h(0)$ d’où $\cos (2\pi T)-\sin(\pi \sqrt{2}T) = 1$, compte tenu de la parité de la fonction $x\mapsto \cos (2\pi x)$ et de l’imparité de la fonction $x\mapsto \sin(\pi \sqrt{2} x).$

Vous avez obtenu les deux relations :

\begin{aligned}
\cos (2\pi T) + \sin (\pi \sqrt{2} T) &= 1 \\
\cos (2\pi T)-\sin(\pi \sqrt{2}T) &= 1.
\end{aligned}

Par somme, il vient $2\cos (2\pi T)= 2$ donc $\cos (2\pi T) = 1.$

Du coup, il existe $k\in\Z$ tel que $2\pi T = \frac{\pi}{2}+2k\pi$ donc $2T = \frac{1}{2}+2k$ donc $4T = 1 + 4k.$

Par soustraction, vous avez $2\sin(\pi \sqrt{2} T) = 0$ donc $\sin(\pi \sqrt{2} T) = 0$ donc il existe $\ell\in\Z$ tel que $\pi \sqrt{2} T = \ell \pi$, du coup $\sqrt{2} T = \ell$ et par suite $2T = \ell \sqrt{2}$ et $4T = 2\ell \sqrt{2}.$

De ce qui précède vous déduisez $1+4k = 2\ell\sqrt{2}.$

Si $\ell = 0$, vous obtenez $1+4k = 0$ donc $4k = -1$. Or $4 \mid 4k$ donc $4 \mid 1$, contradiction.

Donc $\ell \neq 0.$ Mais alors $\sqrt{2} = \frac{1+4k}{2\ell}$ ce qui prouve que $\sqrt{2}$ est rationnel. Contradiction.

Terminez l’exposé

Il reste à montrer que les fonctions $x\mapsto \cos (2\pi x)$ et $x\mapsto \sin(\pi \sqrt{2} x)$ sont périodiques.

Il a déjà été montré plus haut que la fonction $x\mapsto \cos (2\pi x)$ est $1$-périodique.

Passez à la deuxième fonction.

Soit $x\in \R.$

\begin{aligned}
\sin (\pi \sqrt{2} (x+\sqrt{2})) &= \sin(\pi \sqrt{2} x + 2\pi)\\
&= \sin(\pi \sqrt{2} x).
\end{aligned}

Cette égalité montre que $x\mapsto \sin(\pi \sqrt{2} x)$ est $\sqrt{2}$-périodique.

Visualisez la fonction $h$

Un tracé de la fonction $h$ est représenté ci-dessous, vous observez l’impossibilité de repérer un motif qui se répète.

02/09/2021 - Une fonction non periodique

154. Quand l’union de trois espaces vectoriels est un espace vectoriel (cas 4/8, cas 5/8, cas 6/8, cas 7/8 et cas 8/8)

Soient $E$, $F$ et $G$ trois $\K$-espaces vectoriels où $\K$ est un corps dans lequel $1+1\neq 0$ (il est dit de caractéristique différente de $2$), tels que l’union $E\cup F \cup G$ soit aussi un $\K$-espace vectoriel. L’ensemble $E\cup F \cup G$ est muni d’une addition interne notée $+$ de sorte que $E$, $F$ et $G$ soient des sous-espaces vectoriels de $E\cup F \cup G.$

Vous allez montrer que l’un des espaces vectoriels contient les deux autres.

Le cas numéro 1 est traité dans l'article 151.
Le cas numéro 2 est traité dans l'article 152.
Le cas numéro 3 est traité dans l'article 153.

Pour y parvenir, raisonnez par l’absurde en supposant que cela ne soit pas le cas.

Ainsi la proposition logique « ($F \subset E$ et $G\subset E$) ou ($G \subset F$ et $E\subset F$) ou ($E \subset G$ et $F\subset G$) » est fausse.

Donc la proposition « ($F \not\subset E$ ou $G\not\subset E$) et ($G \not\subset F$ ou $E\not\subset F$) et ($E \not\subset G$ ou $F\not\subset G$) » est vraie.

Ce que vous écrivez « ($E\not\subset F$ ou $G \not\subset F$) et ($F\not\subset G$ ou $E \not\subset G$) et ($G\not\subset E$ ou $F \not\subset E$) » est vraie.

Cela amène à traiter huit cas possibles.

Note. Il existe une démonstration plus rapide permettant d’éviter de traiter potentiellement 8 cas qui eux-mêmes se subdivisent en plusieurs sous-cas. C’est certes plus élégant mais arrivez-vous à construire une telle preuve ?

Dans cet article, vous allez montrer que les cas numéros 4, 5, 6, 7 et 8 aboutissent toujours à des impossibilités.

Traitez le cas numéro 4 : $E \not\subset F, E \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$

Le cas numéro 2 a été traité dans l'article 152.

Il établit que $E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$ aboutit toujours à une contradiction. Or, en échangeant les rôles des espaces vectoriels $E$ et $F$, vous aboutissez au fait que $F \not\subset E, E \not\subset G \text{ et } E \not\subset F$ ce qui est exactement le cas numéro 4.

Traitez le cas numéro 5 : $G \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } G \not\subset E$

Le cas numéro 2 est traité dans l'article 152.

Il établit que $E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$ aboutit toujours à une contradiction. Or, en appliquant la permutation des espaces $G\to E \to F \to G$, vous aboutissez au fait que $F \not\subset G, G \not\subset E \text{ et } G \not\subset F$ ce qui est exactement le cas numéro 5.

Traitez le cas numéro 6 : $G \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$

Le cas numéro 2 est traité dans l'article 152.

Il établit que $E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$ aboutit toujours à une contradiction. Or, en appliquant la permutation des espaces $G\leftrightarrow E$, vous aboutissez au fait que $G \not\subset F, F \not\subset E \text{ et } F \not\subset G$ ce qui est exactement le cas numéro 6.

Traitez le cas numéro 7 : $G \not\subset F, E \not\subset G \text{ et } G \not\subset E$

Le cas numéro 2 est traité dans l'article 152.

Il établit que $E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$ aboutit toujours à une contradiction. Or, en appliquant la permutation des espaces $F\leftrightarrow G$, vous aboutissez au fait que $E \not\subset G, G \not\subset F \text{ et } G \not\subset E$ ce qui est exactement le cas numéro 7.

Traitez le cas numéro 8 : $G \not\subset F, E \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$

Le cas numéro 1 est traité dans l'article 151.

Il établit que $E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } G \not\subset E$ aboutit toujours à une contradiction. Or, en appliquant la permutation des espaces $E\leftrightarrow F$, vous aboutissez au fait que $F \not\subset E, E \not\subset G \text{ et } G \not\subset F$ ce qui est exactement le cas numéro 1.

153. Quand l’union de trois espaces vectoriels est un espace vectoriel (cas 3/8)

Soient $E$, $F$ et $G$ trois $\K$-espaces vectoriels où $\K$ est un corps dans lequel $1+1\neq 0$ (il est dit de caractéristique différente de $2$), tels que l’union $E\cup F \cup G$ soit aussi un $\K$-espace vectoriel. L’ensemble $E\cup F \cup G$ est muni d’une addition interne notée $+$ de sorte que $E$, $F$ et $G$ soient des sous-espaces vectoriels de $E\cup F \cup G.$

Vous allez montrer que l’un des espaces vectoriels contient les deux autres.

Pour y parvenir, raisonnez par l’absurde en supposant que cela ne soit pas le cas.

Dans cet article, vous allez montrer que le cas numéro 3, à savoir $\boxed{E \not\subset F, E \not\subset G \text{ et } G \not\subset E}$ aboutit toujours à une impossibilité.

Vous pouvez également consulter le cas numéro 1 qui est traité dans l'article 151.
Vous pouvez également consulter le cas numéro 2 qui est traité dans l'article 152.
Vous pouvez également consulter les cas numéros 4, 5, 6, 7 et 8 qui sont traités dans l'article 154.

Exposez la situation

Il existe $e\in E$ tel que $e\not\in F$, il existe $e’\in E$ tel que $e’\not\in G$ et il existe $g\in G$ tel que $g\not\in E.$

Sous cas 1 : $e+e’\in E$, $e+g\in E$, $e’+g\in E$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ par différence, $g\in E$, contradiction.

Sous cas 2 : $e+e’\in E$, $e+g\in E$, $e’+g\in F$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ par différence, $g\in E$, contradiction.

Sous cas 3 : $e+e’\in E$, $e+g\in E$, $e’+g\in G$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ par différence, $g\in E$, contradiction.

Sous cas 4 : $e+e’\in E$, $e+g\in F$, $e’+g\in E$

Comme $e’\in E$ et $e’+g\in E$ par différence, $g\in E$, contradiction.

Sous cas 5 : $e+e’\in E$, $e+g\in F$, $e’+g\in F$

Le vecteur $e’-g$ appartient à $E\cup F \cup G.$

Si $e’-g\in E$, comme $e’\in E$ par différence $g\in E$, contradiction.

Si $e’-g\in G$, comme $g\in G$, par somme $e’\in G$, contradiction.

Donc $e’-g \in F.$

Or $e’+g \in F$. Par différence il vient $2g\in F$ or $2\neq 0$ donc $g\in F.$

Or $e+g\in F$. Par différence il vient $e\in F$, contradiction.

Sous cas 6 : $e+e’\in E$, $e+g\in F$, $e’+g\in G$

Comme $g\in G$ et $e’+g\in G$ par différence $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 7 : $e+e’\in E$, $e+g\in G$, $e’+g\in E$

Comme $e’\in E$ et $e’+g\in E$ par différence $g\in E$, contradiction.

Sous cas 8 : $e+e’\in E$, $e+g\in G$, $e’+g\in F$

Considérez le vecteur $e+e’+g.$

Si $e+e’+g\in E$, comme $e+e’\in E$, alors $g\in E$, contradiction.

Si $e+e’+g\in F$, comme $e’+g\in F$, alors $e\in F$, contradiction.

Donc $e+e’+g\in G$ or $e+g\in G$ donc $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 9 : $e+e’\in E$, $e+g\in G$, $e’+g\in G$

Comme $e’+g\in G$ et $g\in G$, $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 10 : $e+e’\in F$, $e+g\in E$, $e’+g\in E$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$, vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 11 : $e+e’\in F$, $e+g\in E$, $e’+g\in F$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$, vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 12 : $e+e’\in F$, $e+g\in E$, $e’+g\in G$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$, vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 13 : $e+e’\in F$, $e+g\in F$, $e’+g\in E$

Comme $e’\in E$ et $e’+g\in E$, vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 14 : $e+e’\in F$, $e+g\in F$, $e’+g\in F$

Considérez le vecteur $e’-g.$

Si $e’-g\in E$, alors comme $e’\in E$, vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Si $e’-g\in G$, alors comme $g\in G$, vous déduisez $e’\in G$, contradiction.

Donc $e’-g\in F$.

Or $e’+g \in F$ donc par somme $2e’\in F$, comme $2\neq 0$, $e’\in F$.

Or $e+e’ \in F$ donc par différence $e\in F$, contradiction.

Sous cas 15 : $e+e’\in F$, $e+g\in F$, $e’+g\in G$

Comme $g\in G$ et $e’+g \in G$ vous déduisez $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 16 : $e+e’\in F$, $e+g\in G$, $e’+g\in E$

Comme $e’\in E$ et $e’+g\in E$, alors $g\in E$, contradiction.

Sous cas 17 : $e+e’\in F$, $e+g\in G$, $e’+g\in F$

Considérez le vecteur $e+e’+g.$

Si $e+e’+g\in E$, comme $(e,e’)\in E^2$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Si $e+e’+g\in F$, comme $e’+g\in F$ vous déduisez $e\in F$, contradiction.

Donc $e+e’+g \in G$. Or, $e+g\in G$ donc $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 18 : $e+e’\in F$, $e+g\in G$, $e’+g\in G$

Comme $g\in G$ et $e’+g\in G$, vous déduisez $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 19 : $e+e’\in G$, $e+g\in E$, $e’+g\in E$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 20 : $e+e’\in G$, $e+g\in E$, $e’+g\in F$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 21 : $e+e’\in G$, $e+g\in E$, $e’+g\in G$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 22 : $e+e’\in G$, $e+g\in F$, $e’+g\in E$

Comme $e’\in E$ et $e’+g\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 23 : $e+e’\in G$, $e+g\in F$, $e’+g\in F$

Considérez le vecteur $e-g.$

Si $e-g\in E$, alors, comme $e\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Si $e-g\in F$, comme $e+g\in F$, par somme $2e\in F$ et comme $2\neq 0$, $e\in F$, contradiction.

Donc $e-g \in G.$

Or $g\in G$, donc $e\in G.$

Mais $e+e’\in G$ et par différence $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 24 : $e+e’\in G$, $e+g\in F$, $e’+g\in G$

Comme $g\in G$ et $e’+g\in G$ par différence, $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 25 : $e+e’\in G$, $e+g\in G$, $e’+g\in E$

Comme $e’\in E$ et $e’+g\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 26 : $e+e’\in G$, $e+g\in G$, $e’+g\in F$

Comme $g\in G$ et $e+g\in G$ vous déduisez $e\in G.$

Or $e+e’\in G$ et par différence $e’\in G$, contradiction.

Sous cas 27 : $e+e’\in G$, $e+g\in G$, $e’+g\in G$

Identique au cas 26.

Et si vous pouviez aller plus vite

Le cas numéro 3 traite le cas où $\boxed{E \not\subset F, E \not\subset G \text{ et } G \not\subset E}.$

Rappelez-vous que le cas numéro 2 était $\boxed{E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E}$ qui aboutissait à l’impossibilité que $E\cup F \cup G$ soit un espace vectoriel.

Quand vous effectuez la permutation circulaire $E\to G \to F \to E$ vous remarquez que $E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E$ devient $G \not\subset E, E \not\subset F \text{ et } E \not\subset G$ ce qui est exactement le cas 3.

Ainsi le cas 3 se déduit du cas 2 par cet argument, ce qui évite le traitement des 27 cas exposés ci-dessus.

152. Quand l’union de trois espaces vectoriels est un espace vectoriel (cas 2/8)

Soient $E$, $F$ et $G$ trois $\K$-espaces vectoriels où $\K$ est un corps dans lequel $1+1\neq 0$ (il est dit de caractéristique différente de $2$), tels que l’union $E\cup F \cup G$ soit aussi un $\K$-espace vectoriel. L’ensemble $E\cup F \cup G$ est muni d’une addition interne notée $+$ de sorte que $E$, $F$ et $G$ soient des sous-espaces vectoriels de $E\cup F \cup G.$

Vous allez montrer que l’un des espaces vectoriels contient les deux autres.

Pour y parvenir, raisonnez par l’absurde en supposant que cela ne soit pas le cas.

Dans cet article, vous allez montrer que le cas numéro 2, à savoir $\boxed{E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } F \not\subset E}$ aboutit toujours à une impossibilité.

Vous pouvez également consulter le cas numéro 1 qui est traité dans l'article 151.
Vous pouvez également consulter le cas numéro 3 qui est traité dans l'article 153.
Vous pouvez également consulter les cas numéros 4, 5, 6, 7 et 8 qui sont traités dans l'article 154.

Détaillez la situation

Il existe $e\in E$ tel que $e\not\in F$, il existe $f\in F$ tel que $f\not\in G$ et il existe $f’\in F$ tel que $f’\not\in E.$

Sous cas 1 : $e+f\in E$, $e+f’\in E$, $f+f’\in E$

Comme $e\in E$ et $e+f \in E$ par différence $f\in E.$

Comme $f\in E$ et $f+f’\in E$ par différence, $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 2 : $e+f\in E$, $e+f’\in E$, $f+f’\in F$

Comme $e\in E$ et $e+f’\in E$ par différence vous avez $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 3 : $e+f\in E$, $e+f’\in E$, $f+f’\in G$

Comme $e\in E$ et $e+f’\in E$ par différence vous avez $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 4 : $e+f\in E$, $e+f’\in F$, $f+f’\in E$

Comme $f’\in F$ et $e+f’\in F$ par différence vous avez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 5 : $e+f\in E$, $e+f’\in F$, $f+f’\in F$

Comme $f’\in F$ et $e+f’\in F$ par différence vous avez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 6 : $e+f\in E$, $e+f’\in F$, $f+f’\in G$

Comme $f’\in F$ et $e+f’\in F$ par différence vous avez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 7 : $e+f\in E$, $e+f’\in G$, $f+f’\in E$

Comme $e\in E$ et $e+f \in E$ par différence $f\in E.$

Comme $f\in E$ et $f+f’\in E$ par différence, $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 8 : $e+f\in E$, $e+f’\in G$, $f+f’\in F$

Le vecteur $e+f+f’$ appartient à $E\cup F \cup G.$

Si $e+f+f’\in E$, comme $e+f\in E$ par différence, $f’\in E$, contradiction.

Si $e+f+f’\in F$, comme $f+f’\in F$ par différence, $e\in F$, contradiction.

Enfin, si $e+f+f’\in G$, comme $e+f’\in G$, par différence, $f\in G$, contradiction.

Sous cas 9 : $e+f\in E$, $e+f’\in G$, $f+f’\in G$

Le vecteur $e+f+f’$ appartient à $E\cup F \cup G.$

Si $e+f+f’\in E$, comme $e+f\in E$ par différence, $f’\in E$, contradiction.

Si $e+f+f’\in G$, comme $e+f’\in G$, par différence, $f\in G$, contradiction.

Donc $e+f+f’\in F.$ Mais $(f,f’)\in F^2$ donc par différence $e\in F$, contradiction.

Sous cas 10 : $e+f\in F$, $e+f’\in E$, $f+f’\in E$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 11 : $e+f\in F$, $e+f’\in E$, $f+f’\in F$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 12 : $e+f\in F$, $e+f’\in E$, $f+f’\in G$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 13 : $e+f\in F$, $e+f’\in F$, $f+f’\in E$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 14 : $e+f\in F$, $e+f’\in F$, $f+f’\in F$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 15 : $e+f\in F$, $e+f’\in F$, $f+f’\in G$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 16 : $e+f\in F$, $e+f’\in G$, $f+f’\in E$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 17 : $e+f\in F$, $e+f’\in G$, $f+f’\in F$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 18 : $e+f\in F$, $e+f’\in G$, $f+f’\in G$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$, par différence, $e\in F$, contradiction.

Sous cas 19 : $e+f\in G$, $e+f’\in E$, $f+f’\in E$

Comme $e\in E$ et $e+f’\in E$, par différence, $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 20 : $e+f\in G$, $e+f’\in E$, $f+f’\in F$

Comme $e\in E$ et $e+f’\in E$, par différence, $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 21 : $e+f\in G$, $e+f’\in E$, $f+f’\in G$

Comme $e\in E$ et $e+f’\in E$, par différence, $f’\in E$, contradiction.

Sous cas 22 : $e+f\in G$, $e+f’\in F$, $f+f’\in E$

Comme $f’\in F$ et $e+f’\in F$, par différence, $e \in F$, contradiction.

Sous cas 23 : $e+f\in G$, $e+f’\in F$, $f+f’\in F$

Comme $f’\in F$ et $e+f’\in F$, par différence, $e \in F$, contradiction.

Sous cas 24 : $e+f\in G$, $e+f’\in F$, $f+f’\in G$

Comme $f’\in F$ et $e+f’\in F$, par différence, $e \in F$, contradiction.

Sous cas 25 : $e+f\in G$, $e+f’\in G$, $f+f’\in E$

Le vecteur $e-f$ appartient à l’union $E\cup F \cup G.$

Si $e-f\in E$, comme $e\in E$, par différence $f\in E$. Or $f+f’\in E$ donc par différence $f’\in E$, contradiction.

Si $e-f\in F$, comme $f\in F$ par différence, $e\in F$, contradiction.

Enfin, il reste $e-f\in G$. Mais $e+f\in G$ donc par différence $2f\in G$ et comme $2$ est non nul, $f\in G$, contradiction.

Sous cas 26 : $e+f\in G$, $e+f’\in G$, $f+f’\in F$

Le vecteur $e-f$ appartient à l’union $E\cup F \cup G.$

Si $e-f \in F$, comme $f\in F$ vous avez $e\in F$, contradiction.

Si $e-f \in G$ comme $e+f\in G$, par différence $2f\in G$. Or $2\neq 0$ donc $f\in G$, contradiction.

Donc $e-f \in E.$

Le vecteur $e-f+f’$ appartient à l’union $E\cup F \cup G.$

Si $e-f+f’\in E$, comme $e-f\in E$ par différence $f’\in E$, contradiction.

Si $e-f+f’ \in F$, comme $(f,f’)\in F^2$ vous avez $e\in F$, contradiction.

Enfin, il reste $e-f+f’\in G$. Or $e+f’\in G$ donc par différence $-f\in G$ et $f\in G$, contradiction.

Sous cas 27 : $e+f\in G$, $e+f’\in G$, $f+f’\in G$

Identique au cas 26.

151. Quand l’union de trois espaces vectoriels est un espace vectoriel (cas 1/8)

Soient $E$, $F$ et $G$ trois $\K$-espaces vectoriels où $\K$ est un corps dans lequel $1+1\neq 0$ (il est dit de caractéristique différente de $2$), tels que l’union $E\cup F \cup G$ soit aussi un $\K$-espace vectoriel. L’ensemble $E\cup F \cup G$ est muni d’une addition interne notée $+$ de sorte que $E$, $F$ et $G$ soient des sous-espaces vectoriels de $E\cup F \cup G.$

Vous allez montrer que l’un des espaces vectoriels contient les deux autres.

Pour y parvenir, raisonnez par l’absurde en supposant que cela ne soit pas le cas.

Ainsi la proposition logique « ($F \subset E$ et $G\subset E$) ou ($G \subset F$ et $E\subset F$) ou ($E \subset G$ et $F\subset G$) » est fausse.

Donc la proposition « ($F \not\subset E$ ou $G\not\subset E$) et ($G \not\subset F$ ou $E\not\subset F$) et ($E \not\subset G$ ou $F\not\subset G$) » est vraie.

Ce que vous écrivez « ($E\not\subset F$ ou $G \not\subset F$) et ($F\not\subset G$ ou $E \not\subset G$) et ($G\not\subset E$ ou $F \not\subset E$) » est vraie.

Cela amène à traiter huit cas possibles.

Note. Il existe une démonstration plus rapide permettant d’éviter de traiter potentiellement 8 cas qui eux-mêmes se subdivisent en plusieurs sous-cas. C’est certes plus élégant mais arrivez-vous à construire une telle preuve ?

Dans cet article, vous allez montrer que le cas numéro 1, à savoir $\boxed{E \not\subset F, F \not\subset G \text{ et } G \not\subset E}$ aboutit toujours à une impossibilité.

Vous pouvez également consulter le cas numéro 2 qui est traité dans l'article 152.
Vous pouvez également consulter le cas numéro 3 qui est traité dans l'article 153.
Vous pouvez également consulter les cas numéros 4, 5, 6, 7 et 8 qui sont traités dans l'article 154.

Exposez la situation

Il existe $e\in E$ tel que $e\not\in F$, il existe $f\in F$ tel que $f\not\in G$ et il existe $g\in G$ tel que $g\not\in E.$

Comme $e\in E$ vous avez aussi $e\in E\cup F \cup G.$ De même, $f\in F$ donc $f\in E\cup F \cup G.$ Vous avez encore $g\in G$ donc $g\in E\cup F \cup G.$

L’ensemble $E\cup F \cup G$ étant un espace vectoriel, par stabilité de l’addition qui est une opération interne, vous déduisez que $e+f \in E\cup F \cup G$, que $f+g\in E\cup F \cup G$ et que $e+g\in E\cup F \cup G.$

Cela fait 27 cas à traiter en tout, mais beaucoup sont similaires. L’intégralité des cas est présentée ci-dessous. On raisonne en utilisant l’ordre alphabétique pour les espaces vectoriels $E$, $F$ et $G$ pour traiter les cas et ne pas en oublier.

Sous cas 1 : $e+f\in E$, $f+g\in E$, $e+g\in E$

Comme $e\in E$, et $e+f \in E$ par différence vous déduisez $f\in E.$

Comme $f+g \in E$ et $f\in E$ par différence vous avez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 2 : $e+f\in E$, $f+g\in E$, $e+g\in F$

De $e+f\in E$ et $e\in E$ vous déduisez $f\in E.$ Comme $f+g \in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 3 : $e+f\in E$, $f+g\in E$, $e+g\in G$

De $e+f\in E$ et $e\in E$ vous déduisez $f\in E.$ Comme $f+g \in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 4 : $e+f\in E$, $f+g\in F$, $e+g\in E$

Puisque $e\in E$ et $e+g\in E$ vous déduisez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 5 : $e+f\in E$, $f+g\in F$, $e+g\in F$

Puisque $f\in F$ et $f+g\in F$ vous avez $g\in F.$

Puisque $g\in F$ et $e+g\in F$ vous déduisez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 6 : $e+f\in E$, $f+g\in F$, $e+g\in G$

Comme $e\in E$ et $e+f\in E$ vous avez $f\in E$ donc $(e,f)\in E^2.$

Comme $f\in F$ et $f+g \in F$ vous avez $g\in F$ donc $(f,g)\in F^2.$

Comme $g\in G$ et $e+g\in G $ vous avez $e\in G$ donc $(e,g)\in G^2.$

Considérez alors $e+f+g$, qui appartient à $E\cup F \cup G.$

Si $e+f+g\in E$, alors comme $(e,f)\in E^2$ alors $g\in E$, contradiction.

Si $e+f+g\in F$, alors comme $(f,g)\in F^2$ alors $e\in F$, contradiction.

Il reste une seule possibilité $e+f+g\in G$, or $(e,g)\in G^2$ alors $f\in G$, contradiction.

Sous cas 7 : $e+f\in E$, $f+g\in G$, $e+g\in E$

L’écriture $g = (g+e)-e$ avec $e+g\in E$ et $e\in E$ aboutit à $g\in E$, contradiction.

Sous cas 8 : $e+f\in E$, $f+g\in G$, $e+g\in F$

$f+g\in G$ et $g\in G$ donc $f\in G$ contradiction.

Sous cas 9 : $e+f\in E$, $f+g\in G$, $e+g\in G$

$f+g\in G$ et $g\in G$ donc $f\in G$ contradiction.

Sous cas 10 : $e+f\in F$, $f+g\in E$, $e+g\in E$

Comme $e+g\in E$ et $e\in E$, $g\in E$, contradiction.

Sous cas 11 : $e+f\in F$, $f+g\in E$, $e+g\in F$

Comme $f\in F$ et $e+f\in F$ vous avez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 12 : $e+f\in F$, $f+g\in E$, $e+g\in G$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 13 : $e+f\in F$, $f+g\in F$, $e+g\in E$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 14 : $e+f\in F$, $f+g\in F$, $e+g\in F$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 15 : $e+f\in F$, $f+g\in F$, $e+g\in G$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 16 : $e+f\in F$, $f+g\in G$, $e+g\in E$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 17 : $e+f\in F$, $f+g\in G$, $e+g\in F$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 18 : $e+f\in F$, $f+g\in G$, $e+g\in G$

Comme $f\in F$ et $e+f \in F$ vous obtenez $e\in F$, contradiction.

Sous cas 19 : $e+f\in G$, $f+g\in E$, $e+g\in E$

Comme $e+g\in E$ et $e\in E$, vous obtenez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 20 : $e+f\in G$, $f+g\in E$, $e+g\in F$

Le vecteur $e-f$ appartient à $E\cup F\cup G.$

Si $e – f\in E$, alors comme $e\in E$, vous déduisez $f\in E$. Or $f+g\in E$, donc $g\in E$, contradiction.

Si $e-f \in F$, alors, comme $f\in F$, dans F alors $e\in F$, contradiction.

Il reste donc $e-f\in G$, mais comme $e+f\in G$ par soustraction $(e+f)-(e-f)\in G$ donc $2f\in G$ et donc $f\in G$, contradiction.

Notez qu’a été utilisé le fait ici que $2\neq 0$ et donc $2$ admet un inverse dans le corps $\K.$

Sous cas 21 : $e+f\in G$, $f+g\in E$, $e+g\in G$

Comme $g\in G$ et $e+g\in G$, vous avez $e\in G.$

Comme $e\in G$ et $e+f\in G$, vous déduisez $f\in G$, contradiction.

Sous cas 22 : $e+f\in G$, $f+g\in F$, $e+g\in E$

Comme $e\in E$ et $e+g\in E$ vous avez $g\in E$, contradiction.

Sous cas 23 : $e+f\in G$, $f+g\in F$, $e+g\in F$

Comme $f\in F$ et $f+g\in F$, vous avez $g\in F.$

Comme $g\in F$ et $e+g\in F$ c’est que $e\in F$, contradiction.

Sous cas 24 : $e+f\in G$, $f+g\in F$, $e+g\in G$

Comme $g\in G$ et $e+g\in G$ vous avez $e\in G.$

Comme $e\in G$ et $e+f\in G$, vous déduisez $f\in G$, contradiction.

Sous cas 25 : $e+f\in G$, $f+g\in G$, $e+g\in E$

Comme $g\in G$ et $f+g\in G$, vous déduisez $f\in G$, contradiction.

Sous cas 26 : $e+f\in G$, $f+g\in G$, $e+g\in F$

Comme $g\in G$ et $f+g\in G$, vous déduisez $f\in G$, contradiction.

Sous cas 27 : $e+f\in G$, $f+g\in G$, $e+g\in G$

Comme $g\in G$ et $f+g\in G$, vous déduisez $f\in G$, contradiction.

150. Calculez les deux racines carrées du nombre complexe i

Vous allez procéder par analyse synthèse.

Analyse

Soit $z$ un nombre complexe tel que $z^2 = i.$

Il existe deux nombres réels $a$ et $b$ tels que $z = a+ib.$

Puis vous développez :

\begin{aligned}
z^2 &= (a+ib)^2\\
&=a^2-b^2+2iab.
\end{aligned}

Par identification de la partie réelle et de la partie imaginaire, vous déduisez que $a^2-b^2 = 0$ et que $2ab = 1.$

$a^2-b^2=0$ fournit $(a-b)(a+b)=0$ soit $a=b$ ou $a=-b.$

Cas n°1 : $a=b$

La relation $2ab = 1$ fournit $2a^2=1$ soit $4a^2 = 2$ donc $(2a)^2 = 2$ donc $a=b=\frac{\sqrt{2}}{2}$ ou $a=b=-\frac{\sqrt{2}}{2}.$

Cas n°2 : $a=-b$

La relation $2ab=1$ s’écrit $2a^2 = -1$ qui aboutit à une impossibilité car un réel possède toujours un carré positif.

Résumé de l’analyse

Si $i$ admet une racine carrée $z$, alors $z\in\left\{ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}, -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}\right\}.$

Synthèse

Posez $z = \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}.$

Alors \begin{aligned}
z^2 &= \left( \frac{\sqrt{2}}{2} +i \frac{\sqrt{2}}{2}\right)^2\\
&= \left( \frac{\sqrt{2}}{2}\right)^2(1+i)^2\\
&=\frac{2}{4}(1-1+2i)\\
&=\frac{1}{2}(2i)\\
&=i.
\end{aligned}

Donc $ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}$ est bien une racine carrée de $i.$

Pour l’autre possibilité retenue par l’analyse, posez $z’ = -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}.$ Comme $z’=-z$ vous déduisez $(z’)^2 = (-z)^2 = z^2 = i$ donc $z’$ est aussi une racine carrée de $i.$

Concluez

Dans l’ensemble $\C$ le nombre $i$ possède exactement deux racines carrées qui sont $ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}$ et $ -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}.$

149. Calculez l’inverse d’un nombre complexe

Soient $a$ et $b$ deux nombres réels non simultanément nuls.

Considérez le nombre complexe $z = a+ib.$ Le but de cet article est de démontrer qu’il existe $z’\in\C$ tel que $zz’=1$ et de calculer $z’$ en fonction des réels $a$ et $b.$

L’idée de départ, c’est que l’ensemble des nombres complexes est un $\R$-espace vectoriel de dimension $2$ (dont une base est $(1,i)$.)

Par conséquent, la famille $(1,z,z^2)$ est $\R$-liée : elle contient trois vecteurs dans un espace de dimension $2$.

Cela va permettre de calculer $\frac{1}{z}$ en utilisant les outils de l’algèbre linéaire.

Calculez le carré de $z$

\begin{aligned}
z^2 &= (a+ib)^2\\
&= a^2+(ib)^2+2iab\\
&=a^2-b^2+2iab
\end{aligned}

Il s’agit maintenant d’éliminer le nombre complexe $i$ à partir de $z$ et de $z^2.$

Comme $z =a+ib$ vous avez $2az = 2a^2+2iab.$

Par soustraction :

\begin{aligned}
z^2-2az &= a^2-b^2-2a^2\\
&=-a^2-b^2\\
&=-(a^2+b^2).
\end{aligned}

Ainsi, $\boxed{z^2-2az+a^2+b^2=0.}$

Vous retrouvez bien le fait que $(1,z,z^2)$ est $\R$-liée.

Calculez le nombre $z’$

Comme $a$ et $b$ sont des réels, les nombres réels $a^2$ et $b^2$ sont positifs.

Le réel $a^2+b^2$ est non nul. En effet, vous pouvez avoir $a\neq 0$ et $a^2>0$ et donc $a^2+b^2>b^2\geq 0$ ce qui conclut. Sinon c’est que $b\neq 0$ et de même $b^2>0$ donc $a^2+b^2>a^2\geq 0.$

L’égalité précédente du paragraphe précédent prouve que $a^2+b^2 = z\left(2a-z\right)$ et donc $1 = z\left(\frac{2a-z}{a^2+b^2}\right).$

Or $2a-z = 2a-a-ib = a-ib.$

Posez $z’ = \frac{a-ib}{a^2+b^2}$ alors $zz’ = 1.$

Concluez

D’après ce qui précède, $\boxed{\frac{1}{z} = \frac{a-ib}{a^2+b^2}.}$

Cette expression est apparue sans faire appel de prime abord à l’expression conjuguée ou à l’identité remarquable $(a+ib)(a-ib)=a^2+b^2$ mais en partant d’un constat relatif à l’algèbre linéaire.