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158. Démonstration de la convergence d’une suite qui donne la racine carrée entière d’un nombre entier (partie 1/2)

Soit $N$ un nombre naturel supérieur ou égal à $1$. Pour tout réel $x$, notez $\left\lfloor x \right\rfloor$ la partie entière de $x$, désignant le plus grand entier inférieur ou égal à $x.$

Pour simplifier les notations, définissez la fonction $f$ sur $\N^{*}$ par $\forall n\in\N^{*}, f(n) =\left\lfloor \frac{n+\left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$

Considérez la suite définie par $u_0 = N$ et

\forall n\in\N, u_{n+1}=\begin{cases}
f(u_n) \quad\text{ si } f(u_n) < u_n\\
 u_n \quad\text{ si } f(u_n) \geq u_n.\\
\end{cases}

Cet article s’inscrit dans la preuve du résultat suivant : la suite $(u_n)$ est stationnaire à partir d’un certain rang et sa limite est égale à la racine carrée entière de $N$, c’est–à-dire l’unique entier $m$ tel que $m^2\leq N < (m+1)^2.$

Le but de cet article est de mettre en exergue une démonstration de la proposition suivante :
$\left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ minore la suite $(u_n)_{n\geq 0}.$

Afin de parvenir à ce résultat, vous allez démontrer les lemmes suivants, qui faciliteront les calculs pour la suite.

Démontrez le lemme $\forall n\in\N^{*}, f(n) = \left\lfloor \frac{n+ \frac{N}{n}}{2}\right\rfloor$

Pour voir pourquoi cela est bien le cas, considérez un entier $n\in\N^{*}$ et posez $p = \left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor.$

Par définition de la partie entière, l’encadrement $p\leq \frac{N}{n} < p+1$ est vérifié.

Par suite, $n+p \leq n+ \frac{N}{n} < n+p+1$ et après division par $2$ il vient $\frac{n+p}{2} \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2}< \frac{n+p+1}{2}.$

Premier cas : l’entier naturel $n+p$ est pair

Il existe $\ell\in\N$ tel que $n+p = 2\ell.$

D’autre part, vous avez $\ell \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2}< \ell +\frac{1}{2} < \ell + 1.$

Vous déduisez que $\ell = \left\lfloor \frac{n+ \frac{N}{n} }{2} \right\rfloor.$

Or, comme $\ell$ est entier, il vient successivement :

\begin{aligned}
\ell &= \left\lfloor \ell \right\rfloor \\
&= \left\lfloor \frac{n+ p }{2} \right\rfloor\\
&= \left\lfloor \frac{n+ \left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor }{2} \right\rfloor\\
\end{aligned}

ce qui prouve le résultat.

Second cas : l’entier naturel $n+p$ est impair

Il existe $\ell\in\N$ tel que $n+p = 2\ell+1.$

Vous avez $\ell +\frac{1}{2} \leq \frac{n+p}{2} \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2}< \frac{n+p+1}{2}\leq \frac{2\ell + 2}{2} \leq \ell + 1.$

Vous déduisez $\ell \leq \frac{n+ \frac{N}{n} }{2} < \ell +1.$

Ainsi, comme prédédemment $\ell = \left\lfloor \frac{n+ \frac{N}{n} }{2} \right\rfloor.$

Comme $\frac{n+p}{2}= \ell+\frac{1}{2}$ vous avez $\ell \leq \frac{n+p}{2} < \ell +1$ donc $\ell = \left\lfloor \frac{n+ p }{2} \right\rfloor$, ce qui prouve $\ell = \left\lfloor \frac{n+ \left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor }{2} \right\rfloor.$

Démontrez que, pour tout $n\in\N^{*}, \sqrt{N}\leq \frac{n+\frac{N}{n}}{2}$

Cette inégalité s’obtient par soustraction et utilisation d’identités remarquables.

\begin{aligned}
\frac{n+\frac{N}{n}}{2} – \sqrt{N} &= \frac{n+\frac{N}{n} – 2\sqrt{N}}{2}\\
&=\frac{n^2+N – 2n\sqrt{N}}{2n}\\
&=\frac{(n-\sqrt{N})^2}{2n}.
\end{aligned}

La positivité du carré et de l’entier $n$ montrent que la fraction obtenue est positive ce qui conclut.

Démontrez la minoration $\forall n\in\N^{*}, f(n) \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$

Soit $n$ un entier naturel non nul.

De ce qui précède, vous avez successivement :

\begin{aligned}
f(n) \geq \frac{n+\frac{N}{n}}{2} \\
\geq \left\lfloor \frac{n+\frac{N}{n}}{2} \right\rfloor.
\end{aligned}

Or, $ \frac{n+\frac{N}{n}}{2} \geq \sqrt{N}.$

Comme la fonction partie entière est croissante, vous déduisez $\left\lfloor \frac{n+\frac{N}{n}}{2}\right\rfloor \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

Concluez en utilisant une récurrence

Pour tout entier naturel $n$, notez $P(n)$ la propriété : « $u_n \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ ».

Initialisation. Pour $n = 0$, $u_0 = N.$ Comme $N$ est un entier naturel non nul, $N\geq 1.$ En multipliant par $N$, il vient $N^2\geq N$ et par croissance de la fonction racine carrée, $N\geq \sqrt{N}.$ Par définition de la partie entière, $\sqrt{N} \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$ Mis bout à bout, vous obtenez $N \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ et $u_0 \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$ donc $P(0)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier naturel tel que $P(n)$ soit vérifiée.

1er cas : $u_{n+1} = f(u_n).$ Il a été établi ci-dessus que, pour tout entier $m\geq 1$, $f(m) \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

Par hypothèse de récurrence, $u_n\geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor$. Or $N\geq 1$ donc $\sqrt{N} \geq 1$ et par croissance de la partie entière, $\left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor \geq 1$ donc $u_n \geq 1$. En prenant $m=u_n$, il vient $u_{n+1} \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

2ème cas : $u_{n+1} = u_n$ et le résultat est acquis par hypothèse de récurrence.

Vous venez de démontrer, par récurrence, que $\forall n\in\N, u_n \geq \left\lfloor \sqrt{N} \right\rfloor.$

157. Construisez une suite qui converge vers la racine carrée entière d’un nombre entier

Soit $N$ un entier naturel strictement positif.

Inspirez-vous de la suite de Héron définie par $u_0 =N$ et $\forall n\in\N, u_{n+1} = \frac{u_n+\frac{N}{u_n}}{2}$ qui converge vers $\sqrt{N}.$

L’objectif ici est de trouver la racine carrée entière de $N$, autrement dit l’unique nombre entier $m$ tel que $m^2\leq N < (m+1)^2.$

Utilisez la partie entière

Pour tout nombre réel $x$, on appelle partie entière de $x$ l’unique nombre entier $n$ tel que $n\leq x < n+1.$

Ce nombre sera noté $\lfloor x \rfloor$ dans la suite.

Définissez la suite

Vous définissez la suite $u$ par $u_0 = N$ et $\forall n\in\N, u_{n+1}=\left\lfloor \frac{u_n+\left\lfloor \frac{N}{u_n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor$, avec l’idée de transformer toutes les fractions rencontrées par des nombres entiers.

Etudiez un exemple avec la racine carrée entière de $200$

Posez $N = 200$.

Partez de $u_0 = 200.$

Puis :

\begin{align*}
u_{1}&=\left\lfloor \frac{u_0+\left\lfloor \frac{N}{u_0}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{200+\left\lfloor \frac{200}{200}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{200+1}{2}\right\rfloor\\
&=100.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{2}&=\left\lfloor \frac{u_1+\left\lfloor \frac{N}{u_1}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{100+\left\lfloor \frac{200}{100}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{102}{2}\right\rfloor\\
&=51.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{3}&=\left\lfloor \frac{u_2+\left\lfloor \frac{N}{u_2}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{51+\left\lfloor \frac{200}{51}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{51+3}{2}\right\rfloor\\
&=27.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{4}&=\left\lfloor \frac{u_3+\left\lfloor \frac{N}{u_3}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{27+\left\lfloor \frac{200}{27}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{27+7}{2}\right\rfloor\\
&=17.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{5}&=\left\lfloor \frac{u_4+\left\lfloor \frac{N}{u_4}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{17+\left\lfloor \frac{200}{17}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{17+11}{2}\right\rfloor\\
&=14.\\
\end{align*}
\begin{align*}
u_{6}&=\left\lfloor \frac{u_5+\left\lfloor \frac{N}{u_5}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{14+\left\lfloor \frac{200}{14}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&=\left\lfloor \frac{14+14}{2}\right\rfloor\\
&=14.\\
\end{align*}

Ainsi la suite semble être décroissante, et même stationnaire à partir du rang $5.$

Comme $14^2 = 196$ et $15^2 = 225$ vous observez qu’effectivement $14^2 \leq 200 < 15^2$ et donc $14$ est bien la racine carrée entière de $200.$

Attention aux fausses conjectures

Il est tentant de noter $f$ la fonction définie sur $\R_{+}^{*}$ par $\forall x\in\R, f(x) = \left\lfloor \frac{x+\left\lfloor \frac{200}{x}\right\rfloor}{2}\right\rfloor$ et de penser que $f$ est croissante sur $[\sqrt{200}, +\infty[$.

Mais cela est inexact. Quand $x$ est proche de $\sqrt{200}$ les choses se corsent, comme le montre la courbe ci-dessous.

10/09/2021 - Capture decran 2021 09 10 a 20.34.31

Les calculs suivants le confirment.

\begin{align*}
f(15) &= \left\lfloor \frac{15+\left\lfloor \frac{200}{15}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&= \left\lfloor \frac{15+13}{2}\right\rfloor\\
&=14.
\end{align*}
\begin{align*}
f(15,5) &= \left\lfloor \frac{15,5+\left\lfloor \frac{200}{15,5}\right\rfloor}{2}\right\rfloor\\
&= \left\lfloor \frac{15,5+12}{2}\right\rfloor\\
&=13.
\end{align*}

Faites une restriction sur l’ensemble de départ

Soit $m$ l’unique entier tel que $m^2 \leq 200 < (m+1)^2.$

Vous allez considérer $f$ la fonction définie sur $I = [m, +\infty[ \cap \N$ par $\forall n\in I, f(n) = \left\lfloor \frac{n+\left\lfloor \frac{200}{n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$ Alors $f$ a l’air d’être croissante sur $I.$

Cela est suggéré par le graphique ci-dessous.

10/09/2021 - Capture decran 2021 09 10 a 20.49.47

Vous pouvez alors penser que ce résultat subsiste pour d’autres valeurs de $N$, mais il reste encore un problème.

Représentez graphiquement la fonction lorsque $N = 48$

La racine entière de $48$ est $6$ puisque $6^2\leq 48 < 7^2;$

Ci-dessous, voici la représentation graphique de la fonction $f$ définie sur $I = [6,+\infty[\cap N$ par $\forall x\in I, f(x) =\left\lfloor \frac{x+\left\lfloor \frac{48}{x}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$

10/09/2021 - Capture decran 2021 09 10 a 21.28.14

Vous avez $f(6)=7$, $f(7)=6$ et $f(8)=7$. La fonction $f$ n’est donc ni croissante ni décroissante.

Définissez la bonne suite

Afin d’assurer sa convergence, vous allez forcer le caractère décroissant et ce, dans la définition de la suite. Si $f(u_n)$ est meilleur que $u_n$ (au sens où $f(u_n) < u_n$), vous allez garder la valeur de $f(u_n)$.

Soit $N$ un entier supérieur ou égal à $1$. Voici une suite qui convient pour trouver la racine carrée entière de $N$.

Pour simplifier les notations, définissez la fonction $f$ sur $\N^{*}$ par $\forall n\in\N^{*}, f(n) =\left\lfloor \frac{n+\left\lfloor \frac{N}{n}\right\rfloor}{2}\right\rfloor.$

Définissez la suite $u$ par $u_0 = N$ et :

\forall n\in\N, u_{n+1}=\begin{cases}
f(n) \quad\text{ si } f(u_n) < u_n\\
 u_n \quad\text{ si } f(u_n) \geq u_n.\\
\end{cases}

Vous pouvez alors prouver que la suite $u$ est convergente (stationnaire à partir d’un certain rang) et que sa limite est précisément égale la racine carrée entière de l’entier $N.$

156. Le cinquième nombre de Fermat n’est pas un nombre premier

Pour tout entier naturel $n$, on définit le $n$-ième nombre de Fermat par l’expression $F_n = 2^{2^n}+1.$

Les puissances imbriquées doivent être comprises ainsi : $F_n = 2^{(2^n)}+1.$

Comme $2^5 =32$, le cinquième nombre de Fermat est $F_5 = 2^{32}+1.$

Il ne sera pas expliqué ici comment on peut trouver que $641$ est un bon candidat pour être un diviseur du nombre $F_5.$

Néanmoins, les congruences vous permettront d’obtenir une démonstration du fait que $641$ est effectivement un diviseur du nombre $F_5.$

Calculez $F_5$ modulo $641$

L’idée est de partir de $2^{32} = 2^4 \times 2^{28}$ et de transformer $2^4.$

En effet $641 – 16 = 625$, ce qui s’écrit $641 – 2^4 = 5^4$ avec les puissances.

Utilisez le fait que $2^4 \equiv -5^4 \pmod {641}.$

\begin{aligned}
F_5 &\equiv 2^4 \times 2^{28} + 1 &\pmod {641} \\
&\equiv -5^4 \times 2^{28} + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -(5\times 2^7)^4 + 1 &\pmod {641}\\
\end{aligned}

Or $5\times 2^7 = 10\times 2^6 = 640.$ Le calcul des congruences va être rapide, puisque $640 \equiv -1 \pmod {641}.$

\begin{aligned}
F_5 &\equiv -(640)^4 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -(-1)^4 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -1 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv 0. &\pmod {641}\\
\end{aligned}

Concluez

Comme $F_5$ est congru à $0$ modulo $641$, vous déduisez $641 \mid F_5$, donc le cinquième nombre de Fermat n’est pas premier.

155. La somme de deux fonctions périodiques peut ne pas être périodique

La fonction réelle qui va de $\R$ dans $\R$, définie par $\forall x\in\R, f(x) = \cos x$ est $2\pi$-périodique.

Pour des raisons pratiques, vous allez construire une fonction $g$ qui soit $1-$périodique, c’est-à-dire une fonction qui vérifie $\forall x\in\R, g(x+1)=g(x).$

Il suffit de poser $\forall x\in\R, g(x) = \cos (2\pi x).$

Vérifiez que cette fonction convient.

Soit $x\in \R.$

\begin{align*}
g(x+1) &= \cos (2\pi(x+1))\\
&= \cos (2\pi x + 2\pi)\\
&=\cos (2\pi x)\\
&= g(x).
\end{align*}

De la même façon, vous construisez la fonction $x\mapsto \sin(2\pi x)$ qui est elle aussi $1$-périodique.

La somme $x\mapsto \cos(2\pi x) + \sin(2\pi x)$ sera aussi $1$-périodique.

Comment contruire une fonction non-périodique qui soit somme de deux fonctions périodiques ?

L’idée est d’ajouter une fonction paire de type cosinus avec une fonction impaire de type sinus, de façon à ce que les périodes respectives ne puissent pas être multiples l’une de l’autre.

Le nombre $\sqrt{2}$ apparaît comme un candidat potentiel, étant donné qu’il n’est pas rationnel. Autrement dit, quels que soient les entiers $a\in\Z$ et $b\in\Z^{*}$, vous avez toujours $\sqrt{2}\neq \frac{a}{b}.$ Cela suffit-il ? Vous allez constater que oui.

Vous allez donc définir la fonction $h$ suivante par $\boxed{\forall x\in\R, h(x)=\cos (2\pi x) + \sin(\pi \sqrt{2} x).}$

Montrez que la fonction $h$ n’est pas périodique

Raisonnez par l’absurde en supposant qu’il existe un nombre réel $T$ non nul, tel que $\forall x\in\R, h(x)=h(x+T).$

En prenant $x=0$ vous avez $h(0)=h(T)$ d’où $1 = \cos (2\pi T) + \sin (\pi \sqrt{2} T).$

En prenant $x=-T$ vous avez $h(-T)=h(0)$ d’où $\cos (2\pi T)-\sin(\pi \sqrt{2}T) = 1$, compte tenu de la parité de la fonction $x\mapsto \cos (2\pi x)$ et de l’imparité de la fonction $x\mapsto \sin(\pi \sqrt{2} x).$

Vous avez obtenu les deux relations :

\begin{aligned}
\cos (2\pi T) + \sin (\pi \sqrt{2} T) &= 1 \\
\cos (2\pi T)-\sin(\pi \sqrt{2}T) &= 1.
\end{aligned}

Par somme, il vient $2\cos (2\pi T)= 2$ donc $\cos (2\pi T) = 1.$

Du coup, il existe $k\in\Z$ tel que $2\pi T = \frac{\pi}{2}+2k\pi$ donc $2T = \frac{1}{2}+2k$ donc $4T = 1 + 4k.$

Par soustraction, vous avez $2\sin(\pi \sqrt{2} T) = 0$ donc $\sin(\pi \sqrt{2} T) = 0$ donc il existe $\ell\in\Z$ tel que $\pi \sqrt{2} T = \ell \pi$, du coup $\sqrt{2} T = \ell$ et par suite $2T = \ell \sqrt{2}$ et $4T = 2\ell \sqrt{2}.$

De ce qui précède vous déduisez $1+4k = 2\ell\sqrt{2}.$

Si $\ell = 0$, vous obtenez $1+4k = 0$ donc $4k = -1$. Or $4 \mid 4k$ donc $4 \mid 1$, contradiction.

Donc $\ell \neq 0.$ Mais alors $\sqrt{2} = \frac{1+4k}{2\ell}$ ce qui prouve que $\sqrt{2}$ est rationnel. Contradiction.

Terminez l’exposé

Il reste à montrer que les fonctions $x\mapsto \cos (2\pi x)$ et $x\mapsto \sin(\pi \sqrt{2} x)$ sont périodiques.

Il a déjà été montré plus haut que la fonction $x\mapsto \cos (2\pi x)$ est $1$-périodique.

Passez à la deuxième fonction.

Soit $x\in \R.$

\begin{aligned}
\sin (\pi \sqrt{2} (x+\sqrt{2})) &= \sin(\pi \sqrt{2} x + 2\pi)\\
&= \sin(\pi \sqrt{2} x).
\end{aligned}

Cette égalité montre que $x\mapsto \sin(\pi \sqrt{2} x)$ est $\sqrt{2}$-périodique.

Visualisez la fonction $h$

Un tracé de la fonction $h$ est représenté ci-dessous, vous observez l’impossibilité de repérer un motif qui se répète.

02/09/2021 - Une fonction non periodique

154. Il existe un endomorphisme admettant un noyau égal à son image

Définissez un endomorphisme $u$ de $\R^2$ en posant :

\forall (x,y)\in \R^2, u(x,y) = (y,0).

Calculez l’image de $u$

Posez $e_1 = (1,0).$

Soit $v$ un élément de $\im u.$ Il existe $(x,y)\in \R^2, v = u(x,y)$ donc $v = (y,0) = y(1,0) =y e_1$ donc $v\in \vect (e_1).$

Réciproquement, soit $v\in \vect (e_1).$ Il existe $\lambda\in \R$ tel que $v = \lambda e_1 = \lambda(1,0) = (\lambda,0) = u(0,\lambda).$ Donc $v\in \im u.$

Ainsi :

\im u = \vect(e_1).

Calculez le noyau de $u$

Posez encore $e_1 = (0,1).$

Soit $v$ un élément de $\ker u.$ Il existe $(x,y)\in \R^2, v = (x,y)$ et $u(x,y) = (0,0)$ d’où $(y,0) = (0,0)$ donc $y=0.$ Par suite, $v = (x,0) = x(1,0) =x e_1$ donc $v\in \vect (e_1).$

Réciproquement, soit $v\in \vect (e_1).$ Il existe $\lambda\in \R$ tel que $v = \lambda e_1 = \lambda(1,0) = (\lambda,0).$ Alors $u(v) = u(\lambda, 0) = (0,0)$ Donc $v\in \ker u.$

Ainsi :

\ker u = \vect(e_1).

Concluez

Vous avez montré qu’il existe un endomorphisme de $\R^2$ tel que $\im u = \ker u.$

153. Quand l’union de trois sous-espaces vectoriels est encore un sous-espace vectoriel (partie 2/2)

Vous allez expliciter un cas particulier de $\K$-espace vectoriel $E$ admettant trois sous-espaces vectoriels propres, $V_1, V_2$ et $V_3$ tels que $V_1\cup V_2\cup V_3$ est un sous-espace vectoriel de $E\comma$ alors qu’il n’existe aucun sous-espace parmi $V_1, V_2$ et $V_3$ qui contient les deux autres. Autrement dit :

\forall i\in \llbracket 1, 3\rrbracket, \bigcup_{j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}} V_j \not\subset V_i.

Ce résultat contraste avec le contenu rédigé dans l'article 151 le cas où $\K$ possède au moins 3 éléments a été étudié.

Définissez un $\K$-espace vectoriel $E$

Soit $\K$ un corps fini possédant deux éléments notés $0$ et $1\comma$ $0$ étant le neutre de l’addition et $1$ le neutre de la multiplication. On considère $E = \K^2.$ Alors $E$ est muni d’une structure de $\K$-espace vectoriel.

Pour l’addition, vous pouvez poser :

\forall (x,y)\in\K^2, \forall (z,t)\in\K^2, (x,y)+(z,t) = (x+z, y+t).

Vous définissez une multiplication externe en posant :

\forall \lambda \in \K, \forall (x,y)\in\K^2, \lambda (x,y) = (\lambda x, \lambda y).

Définissez trois sous-espaces vectoriels de $E$

Soit $V_1$ le sous-espace de $E$ engendré par $(1,0)\comma$ puis $V_2$ le sous-espace de $E$ engendré par $(0,1)$ et $V_3$ le sous-espace de $E$ engendré par $(1,1).$

Alors vous avez :

\left\{
\begin{align*}
V_1 &= \{(0,0), (1,0)\}\\
V_2 &= \{(0,0), (0,1)\}\\
V_3 &= \{(0,0), (1,1)\}.
\end{align*}
\right.

Montrez que $V_1\cup V_2\cup V_3$ est un sous-espace vectoriel de $E$

Comme le nombre d’éléments de $V_1\comma$ $V_2$ et $V_3$ est fini, il en est de même pour l’ensemble $V_1\cup V_2\cup V_3.$ Vous avez exactement :

V_1\cup V_2\cup V_3 = \{(0,0), (1,0), (0,1), (1,1)\} = E.

Comme $E$ est un $\K$-espace vectoriel, il en est de même pour $V_1\cup V_2\cup V_3.$

Montrez qu’aucun sous-espace ne contient les deux autres

Comme $(1,0)\in V_1$ vous avez $(1,0)\in V_1\cup V_2.$ Or $(1,0)\notin V_3\comma$ donc $V_1\cup V_2 \not\subset V_3.$

Comme $(1,0)\in V_1$ vous avez $(1,0)\in V_1\cup V_3.$ Or $(1,0)\notin V_2\comma$ donc $V_1\cup V_3 \not\subset V_2.$

Comme $(0,1)\in V_2$ vous avez $(0,1)\in V_2\cup V_3.$ Or $(0,1)\notin V_1\comma$ donc $V_2\cup V_3 \not\subset V_1\comma$ ce qui conclut.

152. Quand l’union de deux sous-espaces vectoriels est encore un sous-espace vectoriel

Soit $E$ un $\K$-espace vectoriel, $\K$ désignant un corps commutatif. On considère deux sous-espaces vectoriels de $E$ notés $V_1$ et $V_2$ tels que l’union $V_1 \cup V_2$ soit encore un sous-espace vectoriel de $E.$

Vous allez démontrer que l’un des sous-espaces parmi $V_1$ et $V_2$ contient l’autre.

Raisonnez par l’absurde

Supposez que $V_1 \not\subset V_2$ et que $V_2 \not\subset V_1.$ Il existe $x \in V_1$ tel que $x \notin V_2.$ Il existe aussi $y \in V_2$ tel que $y \notin V_1.$

Comme $x \in V_1 \cup V_2$ et comme $y \in V_1 \cup V_2\comma$ vous utilisez le fait que $V_1\cup V_2$ est un sous-espace vectoriel de $E$ pour en déduire que $x+y \in V_1 \cup V_2.$

Si $x+y \in V_1\comma$ alors vu que $x \in V_1\comma$ le vecteur $y=(x+y)-x$ appartient à $V_1.$ Or, ceci est absurde.

Donc $x+y \notin V_1.$ Du coup, $x+y \in V_2.$ Comme $y \in V_2\comma$ vous en tirez que le vecteur $x=(x+y)-y$ appartient à $V_2.$ Ceci est encore absurde.

Concluez

L’hypothèse suivante est fausse :

\left\{
\begin{align*}
V_1 &\not\subset V_2\\
V_2 &\not\subset V_1.
\end{align*}
\right.

Donc $V_1$ contient $V_2\comma$ ou $V_2$ contient $V_1.$ Cela prouve le résultat annoncé.

Prolongement

Vous souhaitez savoir si le résultat de cet article se prolonge dans le cas d’une union de trois sous-espaces vectoriels ? Allez lire le contenu rédigé dans l'article 151.

151. Quand l’union de trois sous-espaces vectoriels est encore un sous-espace vectoriel (partie 1/2)

Soit $E$ un $\K$-espace vectoriel sur un corps $\K$ qui contient au moins trois éléments.

Supposez qu’il existe trois sous-espaces vectoriels $V_1$, $V_2$ et $V_3$ de $E$ tels que l’union $V_1\cup V_2\cup V_3$ soit un sous-espace vectoriel de $E.$

Vous allez montrer que l’un des espaces vectoriels contient les deux autres. Autrement dit, il s’agit de montrer que :

\exists i\in\llbracket1, 3\rrbracket, \bigcup_{j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}} V_j \subset\ V_i.

Comme vous ne savez pas quel espace contient les deux autres, pour les besoins de cette démonstration, vous choisissez de raisonner par l’absurde. Dans toute la suite de ce contenu, il est supposé que :

\boxed{\forall i\in\llbracket1, 3\rrbracket, \bigcup_{j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}} V_j \not\subset\ V_i.}

Traitez le cas où l’un des sous-espaces est inclus dans un autre

Supposez qu’il existe deux entiers $k$ et $\ell$ appartenant à l’intervalle $\llbracket 1, 3\rrbracket$ tels que $k\neq \ell$ et $V_k\subset V_{\ell}.$ Vous avez alors $V_k\cup V_{\ell} = V_{\ell}.$ En notant $q$ l’unique élément de $\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{k, \ell\}$ vous obtenez :

\begin{align*}
V_1\cup V_2\cup V_3 &= V_k \cup V_{\ell} \cup V_q \\
&= (V_k \cup V_{\ell}) \cup V_q \\
&= V_{\ell} \cup V_q.
\end{align*}

Les sous-espaces vectoriels $V_{\ell}$ et $V_q$ ont une union qui est un sous-espace vectoriel de $E\comma$ donc l’un est inclus dans l’autre. Ce résultat est démontré dans le contenu rédigé dans l'article 152.

Si $V_{\ell}\subset V_q$ vous déduisez que $V_k\subset V_{\ell} \subset V_q$ donc $V_q$ contient l’union $V_k \cup V_{\ell}\comma$ ce qui est contraire à l’hypothèse.

Si $V_q \subset V_{\ell}$ alors vous déduisez que $V_{\ell}$ contient l’union $V_q\cup V_k\comma$ ce qui est absurde.

Ainsi vous avez montré que :

\boxed{\forall (k, \ell)\in\llbracket 1, 3\rrbracket^2, k\neq \ell \implies V_k \not\subset V_{\ell}.}

Montrez qu’un sous-espace privé d’un deuxième est inclus dans le troisième

Vous utilisez ici le fait que $\K$ contient un élément $\lambda\notin \{0,1\}.$

Soient $i\in\llbracket 1, 3\rrbracket\comma$ puis $j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}$ et $k \in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i,j\}.$ Vous allez démontrer que $V_i\setminus V_j \subset V_k.$

Soit $x$ un élément de $V_i\setminus V_j.$ Ainsi, $x\in V_i$ et $x\notin V_j.$ Or, $V_j \not\subset V_i\comma$ donc il existe un vecteur $y\in V_j$ tel que $y\notin V_i.$

Supposez que $\lambda x + y \notin V_k.$ Comme $x$ et $y$ appartiennent à $V_i\cup V_j\cup V_k\comma$ par linéarité, vous avez $\lambda x + y \in V_i\cup V_j\cup V_k.$ Du coup, $\lambda x+y \in V_i\cup V_j.$ Si $\lambda x +y \in V_i$ vous avez aussi $(\lambda x +y ) – \lambda x \in V_i$ donc $y\in V_i\comma$ contradiction. Si $\lambda x +y \in V_j$ vous avez $(\lambda x +y ) – y \in V_j$ donc $\lambda x \in V_j.$ Comme $\lambda$ est non nul, il vient $x\in V_j\comma$ ce qui est absurde. Donc :

\lambda x + y\in V_k.

Supposez que $(1-\lambda) x – y \notin V_k.$ Alors en procédant comme précédemment, vous avez $(1-\lambda) x – y \in V_i\cup V_j.$ Si $(1-\lambda) x – y \in V_i\comma$ alors $[(1-\lambda) x – y] – (1-\lambda)x \in V_i$ donc $-y\in V_i$ et $y\in V_i\comma$ contradiction. Si $(1-\lambda) x – y \in V_j\comma$ alors $[(1-\lambda) x – y] +y \in V_j\comma$ donc $(1-\lambda)x \in V_j.$ Comme $\lambda\neq 1$ vous avez $1-\lambda\neq 0$ et par suite $x\in V_j\comma$ ce qui est absurde. Donc :

(1-\lambda)x-y\in V_k.

Ainsi, par somme, le vecteur $x = [\lambda x + y] + [(1-\lambda)x-y]$ appartient à $V_k\comma$ ce qui prouve le résultat annoncé.

Montrez que l’intersection de deux sous-espaces est incluse dans le troisième

Soient $i\in\llbracket 1, 3\rrbracket\comma$ puis $j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}$ et $k \in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i,j\}.$ Vous allez démontrer que $V_i\cap V_j \subset V_k.$

Soit $x$ un élément de $V_i\cap V_j.$ Comme $V_i \not\subset V_j\comma$ il existe $y\in V_i$ tel que $y\notin V_j.$

Le vecteur $x+y$ appartient $V_i\cup V_j\cup V_k.$ Si $x+y\in V_j\comma$ alors, comme $x\in V_j\comma$ vous avez $(x+y)-x \in V_j$ donc $y\in V_j\comma$ ce qui est absurde, donc $x+y\notin V_j$ et par suite $x+y\in V_i\cup V_k.$ Si $x+y\notin V_k\comma$ alors $x+y\in V_i\setminus V_k.$ Mais d’après le paragraphe précédent, $V_i\setminus V_k \subset V_j.$ Donc $x+y\in V_j$ ce qui est absurde. Par suite $x+y\in V_k.$

Or, $y\in V_i\setminus V_j.$ D’après le paragraphe précédent, vous avez $V_i\setminus V_j \subset V_k$ donc $y\in V_k.$

Par différence, le vecteur $x = (x+y)-y$ appartient à $V_k\comma$ ce qui prouve le résultat annoncé.

Terminez le raisonnement

D’après ce qui a été évoqué ci-dessus, vous avez les inclusions suivantes :

\left\{\begin{align*}
V_1\setminus V_2 &\subset V_3\\
V_2\setminus V_1 &\subset V_3\\
V_1\cap V_2 &\subset V_3.
\end{align*}
\right.

Le sous-espace $V_3$ contient les trois ensembles $V_1\setminus V_2, V_2\setminus V_1$ et $V_1\cap V_2.$ Donc il contient leur union, qui est précisément $V_1\cup V_2.$ Mais ceci contredit l’hypothèse de départ qui est absurde.

Concluez

L’hypothèse suivante est donc fausse :

\forall i\in\llbracket1, 3\rrbracket, \bigcup_{j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}} V_j \not\subset\ V_i.

Vous avez donc montré ce qui suit :

\exists i\in\llbracket1, 3\rrbracket, \bigcup_{j\in\llbracket 1, 3\rrbracket \setminus \{i\}} V_j \subset\ V_i.

Autrement dit, il existe un sous-espace parmi les trois qui contient les deux autres.

Prolongement

Si $\K$ désigne un corps possédant deux éléments, et que $E$ est un $\K$-espace vectoriel de sorte que $V_1$, $V_2$ et $V_3$ soient trois sous-espaces vectoriels de $E$ tels que l’union $V_1\cup V_2\cup V_3$ soit encore un sous-espace vectoriel de $E\comma$ est-il encore vrai que l’un des sous-espaces parmi $V_1, V_2$ et $V_3$ contient les deux autres ?

Vous pourrez trouver des éléments de réponse en lisant le contenu rédigé dans l'article 153.

150. Calculez les deux racines carrées du nombre complexe i

Vous allez procéder par analyse synthèse.

Analyse

Soit $z$ un nombre complexe tel que $z^2 = i.$

Il existe deux nombres réels $a$ et $b$ tels que $z = a+ib.$

Puis vous développez :

\begin{aligned}
z^2 &= (a+ib)^2\\
&=a^2-b^2+2iab.
\end{aligned}

Par identification de la partie réelle et de la partie imaginaire, vous déduisez que $a^2-b^2 = 0$ et que $2ab = 1.$

$a^2-b^2=0$ fournit $(a-b)(a+b)=0$ soit $a=b$ ou $a=-b.$

Cas n°1 : $a=b$

La relation $2ab = 1$ fournit $2a^2=1$ soit $4a^2 = 2$ donc $(2a)^2 = 2$ donc $a=b=\frac{\sqrt{2}}{2}$ ou $a=b=-\frac{\sqrt{2}}{2}.$

Cas n°2 : $a=-b$

La relation $2ab=1$ s’écrit $2a^2 = -1$ qui aboutit à une impossibilité car un réel possède toujours un carré positif.

Résumé de l’analyse

Si $i$ admet une racine carrée $z$, alors $z\in\left\{ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}, -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}\right\}.$

Synthèse

Posez $z = \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}.$

Alors \begin{aligned}
z^2 &= \left( \frac{\sqrt{2}}{2} +i \frac{\sqrt{2}}{2}\right)^2\\
&= \left( \frac{\sqrt{2}}{2}\right)^2(1+i)^2\\
&=\frac{2}{4}(1-1+2i)\\
&=\frac{1}{2}(2i)\\
&=i.
\end{aligned}

Donc $ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}$ est bien une racine carrée de $i.$

Pour l’autre possibilité retenue par l’analyse, posez $z’ = -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}.$ Comme $z’=-z$ vous déduisez $(z’)^2 = (-z)^2 = z^2 = i$ donc $z’$ est aussi une racine carrée de $i.$

Concluez

Dans l’ensemble $\C$ le nombre $i$ possède exactement deux racines carrées qui sont $ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}$ et $ -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}.$

149. Calculez l’inverse d’un nombre complexe

Soient $a$ et $b$ deux nombres réels non simultanément nuls.

Considérez le nombre complexe $z = a+ib.$ Le but de cet article est de démontrer qu’il existe $z’\in\C$ tel que $zz’=1$ et de calculer $z’$ en fonction des réels $a$ et $b.$

L’idée de départ, c’est que l’ensemble des nombres complexes est un $\R$-espace vectoriel de dimension $2$ (dont une base est $(1,i)$.)

Par conséquent, la famille $(1,z,z^2)$ est $\R$-liée : elle contient trois vecteurs dans un espace de dimension $2$.

Cela va permettre de calculer $\frac{1}{z}$ en utilisant les outils de l’algèbre linéaire.

Calculez le carré de $z$

\begin{aligned}
z^2 &= (a+ib)^2\\
&= a^2+(ib)^2+2iab\\
&=a^2-b^2+2iab
\end{aligned}

Il s’agit maintenant d’éliminer le nombre complexe $i$ à partir de $z$ et de $z^2.$

Comme $z =a+ib$ vous avez $2az = 2a^2+2iab.$

Par soustraction :

\begin{aligned}
z^2-2az &= a^2-b^2-2a^2\\
&=-a^2-b^2\\
&=-(a^2+b^2).
\end{aligned}

Ainsi, $\boxed{z^2-2az+a^2+b^2=0.}$

Vous retrouvez bien le fait que $(1,z,z^2)$ est $\R$-liée.

Calculez le nombre $z’$

Comme $a$ et $b$ sont des réels, les nombres réels $a^2$ et $b^2$ sont positifs.

Le réel $a^2+b^2$ est non nul. En effet, vous pouvez avoir $a\neq 0$ et $a^2>0$ et donc $a^2+b^2>b^2\geq 0$ ce qui conclut. Sinon c’est que $b\neq 0$ et de même $b^2>0$ donc $a^2+b^2>a^2\geq 0.$

L’égalité précédente du paragraphe précédent prouve que $a^2+b^2 = z\left(2a-z\right)$ et donc $1 = z\left(\frac{2a-z}{a^2+b^2}\right).$

Or $2a-z = 2a-a-ib = a-ib.$

Posez $z’ = \frac{a-ib}{a^2+b^2}$ alors $zz’ = 1.$

Concluez

D’après ce qui précède, $\boxed{\frac{1}{z} = \frac{a-ib}{a^2+b^2}.}$

Cette expression est apparue sans faire appel de prime abord à l’expression conjuguée ou à l’identité remarquable $(a+ib)(a-ib)=a^2+b^2$ mais en partant d’un constat relatif à l’algèbre linéaire.