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303. Factorisation de certains nombres entiers (1/3)

Vous vous intéressez à des nombres entiers de deux sortes :

  • ceux dont les derniers chiffres ne sont que des $9$ comme $99$, $199$…
  • ceux dont le dernier chiffre est $1$, le premier chiffre étant supérieur à $1$ et tous les autres égaux à $0$ (exemples : $101$, $201$…)

Pour de tels nombres vous allez chercher ceux qui sont premiers et si ce n’est pas le cas, vous les factoriserez comme produits de nombres premiers.

Quelques généralités

Nombres premiers

Pour rappel, un entier naturel est dit premier, si et seulement si, il admet exactement deux diviseurs. Ainsi $1$ n’est pas premier car il admet un seul diviseur. $2$ est premier car il n’est divisible que par $1$ et $2.$ Par contre, $9$ n’est pas premier puisqu’il est divisible par $1$, $3$ et $9.$

Une propriété essentielle des nombres premiers réside dans le lemme d’Euclide. Si $p$ est un nombre premier divisant un produit $ab$ de deux entiers naturels $a$ et $b$, alors $p$ divise $a$ ou $p$ divise $b.$ Une preuve directe de ce résultat se trouve dans le contenu rédigé dans l'article 126. Elle utilise des outils plus avancés que ceux décrits dans cet article.

La contraposée de ce lemme sera beaucoup utilisée dans cet article : si $a$ et $b$ sont deux entiers qui ne sont ni l’un ni l’autre multiples d’un nombre premier $p$, alors le produit $ab$ n’est pas un multiple de $p.$

Tout nombre entier supérieur ou égal à $2$ qui n’est pas premier est dit composé. Tout nombre composé admet un diviseur premier inférieur ou égal à sa racine carrée. Ce résultat est important car il permet d’en déduire, toujours par contraposée, que si un nombre supérieur ou égal à $2$ n’admet aucun diviseur premier inférieur ou égal à sa racine carrée, alors il est premier.

Tests de divisibilité par $2$, $3$, $5$ et $11$

Un nombre entier est divisible par $2$, si et seulement si, son chiffre des unités est pair.

Un nombre entier est divisible par $3$, si et seulement si, la somme de ses chiffres est divisible par $3.$

Un nombre entier est divisible par $5$, si et seulement si, son chiffre des unités est $0$ ou $5.$

Un nombre entier est divisible par $11$, si et seulement si, la somme alternée de ses chiffres en partant des unités est divisible par $11.$

La méthode qui sera utilisée suppose que le nombre à tester ne soit pas trop grand. Elle effectue des tests de divisibilité par des nombres premiers.

Testez le nombre $99$

Vous allez systématiquement suivre la démarche suivante, en essayant de voir si $99$ peut être d’abord divisé par un nombre premier, en commençant par $2$.

  • Comme $99$ a son chiffre des unités qui est $9$, un chiffre impair, vous déduisez que $99$ n’est pas divisible par $2$.
  • Vous passez au nombre premier suivant qui est $3.$
    Il apparaît que $99$ est divisible par $3$, puisque $99 = 3\times 33.$
  • Vous recommencez maintenant avec le nombre $33$, mais inutile de repartir du départ pour les nombres premiers. Vous êtes toujours à $3$ comme nombre premier. Vous testez si $33$ est un divisible par $3$. C’est bien le cas puisque $33 = 3\times 11.$
  • Continuant avec $11$, vous souhaitez savoir s’il est divisible par $3$. La somme de ses chiffres est égale à $2$ qui n’est pas un multiple de $3$, donc $11$ n’est pas divisible par $3.$ Il vous faut donc passer au nombre premier qui suit, qui est $5.$
  • Or, comme $5^2 = 25$ et que $25 > 11$ il apparaît que $11$ ne peut être composé. Donc il est premier.

En définitive, une factorisation en produit de nombres premiers de $99$ est :

\boxed{99 = 3\times 3 \times 11.}

Testez le nombre $101$

  • Comme $101$ a son chiffre des unités qui est $1$, un chiffre impair, vous déduisez que $101$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $101$ vaut $2$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $101$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $101$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $101$ par $7.$ Comme $70$ est un multiple de $7$, vous calculez la différence $101-70 = 31.$ Vous poursuivez avec $31$ auquel vous retirez un multiple de $7$. Le nombre $28$ convient bien. $31-28 = 3.$ Comme $3$ n’est pas un multiple de $7$, il en résulte que $31$ ne l’est pas non plus et donc $101$ non plus. $101$ n’est pas divisible par $7.$
  • Le nombre premier qui suit est $11.$ Or $11^2 = 121$ et $121 > 101.$ Par suite, $101$ ne peut être composé.
\boxed{\text{Le nombre }101\text{ est premier}.}

Testez le nombre $199$

  • Comme $199$ a son chiffre des unités qui est $9$, un chiffre impair, vous déduisez que $199$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $199$ vaut $19$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $199$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $199$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $199$ par $7.$ Comme $210$ est un multiple de $7$, vous calculez la différence $210-199 = 11.$ Comme $11$ n’est pas un multiple de $7$, il en résulte que $199$ n’est pas divisible par $7.$
  • Le nombre premier qui suit est $11.$ Effectuez la somme alternée des chiffres de $199$ en commençant par son chiffre des unités. Cela fournit $9-9+1 = 1.$ Comme $1$ n’est pas un multiple de $11$ vous déduisez que $199$ n’est pas un multiple de $11.$
  • Le nombre premier qui suit est $13.$ Comme $39$ est un multiple de $13$ vous effectuez la soustraction $199-39 = 160.$ Maintenant, $16$ n’est pas un multiple de $13.$ Or $10$ n’est pas un multiple de $13$ non plus, donc, par contraposée du lemme d’Euclide, vous déduisez que $160$ n’est pas un multiple de $13.$ Donc $199$ n’est pas un multiple de $13.$
  • Le nombre premier qui suit est $17.$ Or, $17^2 = 289$ et $289>199$ donc $199$ n’est pas composé.
\boxed{\text{Le nombre }199\text{ est premier}.}

Testez le nombre $201$

  • Comme $201$ a son chiffre des unités qui est $1$, un chiffre impair, vous déduisez que $201$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $201$ vaut $3$ donc $201$ est divisible par $3.$ Vous cherchez à déterminer le quotient de la division de $201$ par $3.$ En ajoutant $9$, multiple de $3$ à $201$, vous obtenez $201+9 = 210$ soit $210-9=201.$ En divisant par $3$ cette égalité, il vient $70-3 = 67.$ Donc $201 = 3\times 67.$
  • La somme des chiffres de $67$ est égale à $13$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $67$ n’est pas un multiple de $3.$
  • Le nombre $67$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $67$ par $7.$ Comme $70$ est un multiple de $7$, vous effectuez la soustraction $70-67=3$ qui n’est pas un multiple de $7.$ Donc $67$ n’est pas un multiple de $7.$
  • Le nombre premier qui suit est $11$ et $11^2=121.$ Or $121 > 67$ donc $67$ est un nombre premier.

En définitive, une factorisation en produit de nombres premiers de $201$ est :

\boxed{201 = 3\times 67.}

Testez le nombre $299$

  • Comme $299$ a son chiffre des unités qui est $9$, un chiffre impair, vous déduisez que $299$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $299$ vaut $20$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $299$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $299$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $299$ par $7.$ Comme $49$ est un multiple de $7$, vous calculez la différence $299-49 = 250.$ Comme $25$ n’est pas un multiple de $7$, et comme $10$ n’est pas un multiple de $7$, la contraposée du lemme d’Euclide permet d’en déduire que $299$ n’est pas divisible par $7.$
  • Le nombre premier qui suit est $11.$ Vous calculez la somme alternée des chiffres de $299$ en partant du chiffre des unités. $9-9+2 = 2.$ Or $2$ n’est pas un multiple de $11$ donc $299$ n’est pas un multiple de $11.$
  • Le nombre premier qui suit est $13.$ Comme $39$ est un multiple de $13$ vous effectuez la soustraction $299-39 = 260.$ Or $26$ est un multiple de $13.$ De $26 = 13\times 2$ vous déduisez $260 = 13\times 20.$ Or $39 = 13\times 3.$ Par somme vous déduisez $299 = 13\times 23.$
  • Comme $13^2 = 169$ et comme $169 > 23$, vous déduisez que $23$ est un nombre premier.

En définitive, une factorisation en produit de nombres premiers de $299$ est :

\boxed{299 = 13\times 23.}

Testez le nombre $301$

  • Comme $301$ a son chiffre des unités qui est $1$, un chiffre impair, vous déduisez que $301$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $301$ vaut $4$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $301$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $301$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $301$ par $7.$ Comme $21$ est un multiple de $7$, vous calculez la différence $301-21= 280.$ Comme $28 = 7\times 4$ il vient $280 = 7\times 40.$ Or $21 = 7\times 3$ et par somme $301 = 7\times 43.$
  • Comme $43$ n’est pas un multiple de $7$ et comme $7^2 = 49$ vous avez $49 > 43$ donc $43$ est un nombre premier.

En définitive, une factorisation en produit de nombres premiers de $301$ est :

\boxed{301 = 7\times 43.}

Testez le nombre $399$

  • Comme $399$ a son chiffre des unités qui est $9$, un chiffre impair, vous déduisez que $399$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $399$ vaut $21$ qui est un multiple de $3$. En décomposant vous avez $399 = 300+99$ d’où après division par $3$, $100+33 = 133$ donc $399=3\times 133.$
  • La somme des chiffres du nombre $133$ est égale à $7$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $133$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $133$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $133$ par $7.$ Partant de $21 = 7\times 3$, après multiplication par $3$, il vient $63 = 7\times 9.$ Par soustraction, $133-63 = 70$ qui est un multiple de $7$ donc $133$ est un multiple de $7.$ La décomposition $133 = 63+70$ fournit, après division par $7$, $9+10 = 19.$ Donc $133 = 7\times 19.$
  • Comme $7^2 = 49$ et comme $49 > 19$ il s’ensuit que $19$ est un nombre premier.

En définitive, une factorisation en produit de nombres premiers de $399$ est :

\boxed{399 = 3\times 7\times 19.}

Testez le nombre $401$

  • Comme $401$ a son chiffre des unités qui est $1$, un chiffre impair, vous déduisez que $401$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $401$ vaut $5$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $401$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $401$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $401$ par $7.$ Partant de $399$ qui est un multiple de $7$, vous effectuez la soustraction $401-399 = 2.$ $2$ n’étant pas un multiple de $7$ vous déduisez que $401$ n’est pas un multiple de $7.$
  • Le nombre premier qui suit est $11.$ Vous calculez la somme alternée des chiffres de $401$ en partant du chiffre des unités. $1-0+4 = 5.$ Or $5$ n’est pas un multiple de $11$ donc $401$ n’est pas un multiple de $11.$
  • Le nombre premier qui suit est $13.$ Comme $39$ est un multiple de $13$ vous effectuez l’addition $401+39 = 440.$ Or, ni $44$ ni $10$ ne sont des multiples de $13.$ Par contraposée du lemme d’Euclide, le produit $440$ n’est pas un multiple de $13$ donc $401$ n’est pas un multiple de $13.$
  • Le nombre premier qui suit est $17.$ Comme $51 = 17\times 3$ vous effectuez la soustraction $401-51 = 350.$ Or, $35$ n’est pas un multiple de $17.$ $10$ n’en est pas un non plus. Par contraposée du lemme d’Euclide, le produit $350$ n’est pas un multiple de $17$ donc $401$ n’est pas un multiple de $17.$
  • Le nombre premier qui suit est $19.$ Vous effectuez l’addition $401+19 =420.$ Or, $42$ n’est pas un multiple de $19.$ $10$ n’en est pas un non plus. Par contraposée du lemme d’Euclide, le produit $420$ n’est pas un multiple de $19$ donc $401$ n’est pas un multiple de $19.$
  • Le nombre premier qui suit est $23.$ Or $23^2 = 529.$ Comme $529>401$ vous aboutissez à la conclusion suivante.
\boxed{\text{Le nombre }401\text{ est premier}.}

Testez le nombre $499$

  • Comme $499$ a son chiffre des unités qui est $9$, un chiffre impair, vous déduisez que $499$ n’est pas divisible par $2.$
  • La somme des chiffres de $499$ vaut $22$ qui n’est pas un multiple de $3$ donc $499$ n’est pas divisible par $3.$
  • Le nombre $499$ ne finit ni par $0$, ni par $5$ donc il n’est pas divisible par $5.$
  • Passez maintenant à la divisibilité de $499$ par $7.$ Partant de $399$ qui est un multiple de $7$, vous effectuez la soustraction $499-399 = 100.$ $10$ n’étant pas un multiple de $7$, par produit de $10$ avec lui-même, la contraposée du lemme d’Euclide permet de déduire que $100$ n’est pas un multiple de $7.$ Le nombre $499$ n’est pas un multiple de $7.$
  • Le nombre premier qui suit est $13.$ Un nombre utile est ici $299 = 13\times 23.$ vous effectuez la soustraction $499-299 = 200.$ Comme $20$ et $10$ ne sont pas des multiples de $13$, le produit $200$ n’en est pas un non plus, donc $499$ n’est pas un multiple de $13.$
  • Le nombre premier qui suit est $17.$ Un multiple commode de $17$ est $51.$ Par somme $499+51 = 550.$ Or, $5$ et $11$ ne sont pas des multiples de $17$ donc $55$ n’en est pas un. $10$ n’est pas un multiple de $17$ donc $550$ non plus. Du coup, $499$ n’est pas un multiple de $17.$
  • Le nombre premier qui suit est $19.$ Or, $399$ est un multiple de $19.$ Vous formez la différence $499-399 = 100.$
    Comme $10$ et $10$ ne sont pas des multiples de $19$, le produit $100$ n’est pas un multiple de $19.$ Donc $499$ n’est pas un multiple de $19.$
  • Le nombre premier qui suit est $23.$ Comme $23^2 = 529$ et comme $529>499$ vous en déduisez ce qui suit.
\boxed{\text{Le nombre }499\text{ est premier}.}

302. Munissez l’ensemble des réels strictement positifs d’une structure d’espace vectoriel réel

Définissez une addition interne et une multiplication externe

L’ensemble $\R_{+}^{*}$ des nombres réels strictement positifs va être muni d’une opération interne notée $\oplus$ définie de la façon suivante :

 \begin{array}{lll}
\oplus: & \R_{+}^{*} \times \R_{+}^{*}  & \to \R_{+}^{*}\\
&(x,y) &\mapsto xy.
\end{array}

Tout élément de $\R_{+}^{*}$ va pouvoir être multiplié par un élément du corps $\R$, via la multiplication externe notée $\odot$ définie par :

 \begin{array}{lll}
\odot: & \R \times \R_{+}^{*}  & \to \R_{+}^{*}\\
&(\lambda ,x) &\mapsto x^{\lambda}.
\end{array}

Note. Les éléments du corps $\R$ sont appelés scalaires et ceux de l’ensemble $\R_{+}^{*}$ sont appelés vecteurs.

Vérifiez les quatre axiomes de l’addition interne

Associativité de l’addition

Soit $(x,y,z)\in(\R_{+}^{*})^3.$ D’une part :

\begin{align*}
(x\oplus y) \oplus z &= (xy) \oplus z \\
&= (xy)z\\
&=xyz.
\end{align*}

D’autre part :

\begin{align*}
x\oplus (y \oplus z) &= x \oplus (yz) \\
&= x(yz)\\
&=xyz.
\end{align*}

Vous déduisez :

\boxed{\forall (x,y,z)\in(\R_{+}^{*})^3, (x\oplus y) \oplus z = x\oplus (y \oplus z).}

Commutativité de l’addition

Soit $(x,y)\in(\R_{+}^{*})^2.$ Comme la multiplication usuelle de deux réels est commutative, vous déduisez successivement :

\begin{align*}
x\oplus y&= xy\\
&= yx\\
&=y\oplus x.
\end{align*}
\boxed{\forall (x,y)\in(\R_{+}^{*}),  x\oplus y = y\oplus x.}

Existence d’un élément neutre pour l’addition

Soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Comme $1$ est neutre pour la multiplication usuelle des réels, vous avez :

\begin{align*}
1\oplus x &= 1x\\
&=x.
\end{align*}
\boxed{\forall x\in \R_{+}^{*},  1 \oplus x = x.}

Existence d’un opposé pour l’addition

Soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Comme $x$ est non nul, il admet un inverse noté $\frac{1}{x}.$ Comme $x$ est strictement positif, $\frac{1}{x}$ l’est aussi. Dès lors :

\begin{align*}
x\oplus \left(\frac{1}{x}\right) &= x\times \frac{1}{x} \\
&= 1.
\end{align*}
\boxed{\forall x\in \R_{+}^{*}, \exists y\in\R_{+}^{*},   x \oplus y = 1.}

Vérifiez les quatre axiomes de la multiplication externe

Distributivité par rapport à l’addition des scalaires

Soit $(\lambda, \mu)\in\R^2$ et soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Vous avez :

\begin{align*}
(\lambda + \mu)\odot x &= x^{\lambda+\mu}\\
&= x^{\lambda} x^{\mu}\\
&= (\lambda \odot x) (\mu \odot x)\\
&= (\lambda \odot x) \oplus (\mu \odot x).
\end{align*}
\boxed{\forall (\lambda, \mu)\in\R^2, \forall x\in\R_{+}^{*}, (\lambda+\mu)\odot x =( \lambda\odot x) \oplus (\mu \odot x).}

Distributivité par rapport à l’addition des vecteurs

Soit $\lambda\in\R$ et soit $(x,y)\in(\R_{+}^{*})^2.$ Vous avez :

\begin{align*}
\lambda \odot (x\oplus y) &= \lambda\odot (xy) \\
&= (xy)^{\lambda}\\
&= x^{\lambda} y^{\lambda}\\
&= (\lambda \odot x)(\lambda \odot y)\\
&= (\lambda \odot x)\oplus(\lambda \odot y).
\end{align*}
\boxed{\forall \lambda\in\R, \forall (x,y)\in(\R_{+}^{*})^2, \lambda \odot (x\oplus y) =  (\lambda \odot x)\oplus(\lambda \odot y).}

Compatibilité de la multiplication des réels avec la multiplication externe

Soit $(\lambda, \mu)\in\R^2$ et soit $x\in\R_{+}^{*}.$ Vous avez :

\begin{align*}
(\lambda \mu) \odot x &=x^{\lambda \mu}\\
&= (x^{\mu})^{\lambda}\\
&= (\mu \odot x)^\lambda\\
&= \lambda\odot(\mu \odot x).
\end{align*}
\boxed{\forall (\lambda, \mu)\in\R^2, \forall x\in\R_{+}^{*}, (\lambda \mu) \odot x = \lambda\odot(\mu \odot x).}

Compatibilité du neutre de la multiplication des réels

Soit $x\in\R_{+}^{*}.$

\begin{align*}
1 \odot x &= x^1\\
&= x.
\end{align*}
\boxed{\forall x\in\R_{+}^{*}, 1 \odot x =  x.}

Concluez

Comme les huit axiomes sont vérifiés, les deux opérations $\oplus$ et $\odot$ confèrent à l’ensemble $\R_{+}^{*}$ une structure de $\R$-espace vectoriel.

301. Quels sont les polynômes à coefficients entiers, de degré 2, qui sont annulateurs du réel 2 plus racine de 2 ?

Notez $u$ le nombre réel défini par :

\boxed{u=2+\sqrt{2}.}

Le titre amène à rechercher tous les polynômes $P\in\Z[X]$ de degré 2 tels que :

P(u)=0.

Note. Vous remarquez que :

u-2 = \sqrt{2}.

En élevant au carré, vous obtenez :

\begin{align*}
(u-2)^2 &= 2\\
u^2-4u+4 &= 2\\
u^2-4u+2&=0.
\end{align*}

Vous déduisez que $u$ est annulé par le polynôme $X^2-4X+2$ qui est de degré $2$ et à coefficients entiers.

La question qui se pose est la suivante : existe-t-il d’autres polynômes de degré $2$, à coefficients entiers, annulant le réel $2+\sqrt{2}$ ? Plusieurs approches sont possibles.

Dans la suite de cet article, vous procèderez comme si vous ne saviez pas précisément que $X^2-4X+2$ est un polynôme qui annule le réel $u.$ L’avantage de cette approche est de retrouver ce résultat autrement et de répondre à la question posée. La recherche des solutions entières d’un système d’équations linéaires à coefficients entiers sera effectuée avec le calcul matriciel.

Analysez le problème

Soit $P$ un polynôme à coefficients entiers, de degré $2$, tel que :

P(u)=0.

Obtenez un système d’équations

Il existe des nombres $a\in\ZZ$, $b\in\Z$ et $c\in\Z$ tels que :

\begin{align*}
au^2+bu+c&=0\\
a(4+2+4\sqrt{2})+b(2+\sqrt{2})+c&=0\\
(6a+2b+c)+(4a+b)\sqrt{2}&=0.
\end{align*}

Supposez un instant que $4a+b$ soit non nul.

Alors :

\sqrt{2}=-\frac{6a+2b+c}{4a+b}.

Cette écriture impliquerait que $\sqrt{2}\in\Q$, autrement dit $\sqrt{2}$ serait rationnel.

Ceci contredit le contenu rédigé dans l'article 122 dans lequel il est démontré que $\sqrt{2}\notin\Q.$

Vous déduisez que :

4a+b=0.

Comme :

(6a+2b+c)+(4a+b)\sqrt{2}=0

vous déduisez :

6a+2b+c=0.

Utilisez des matrices pour résoudre le système obtenu

D’après ce qui précède, vous avez obtenu :

\begin{pmatrix}
6 & 2 & 1\\
4 & 1 & 0 
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Vous posez maintenant :

\boxed{A = \begin{pmatrix}
6 & 2 & 1\\
4 & 1 & 0 
\end{pmatrix}
}

et vous cherchez à simplifier $A$ en la multipliant par des matrices inversibles, à coefficients entiers, dont les inverses restent à coefficients entiers. Il suffit d’utiliser des matrices de permutation et de transvection, en lien avec les opérations élémentaires sur les colonnes de la matrice $A.$

Simplifiez la matrice $A$ avec des multiplications

D’une part, vous échangez les colonnes $1$ et $3$ de la matrice $A$ vous obtenez :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & 0  & 0\\
\end{pmatrix} =  \begin{pmatrix}
1 & 2 & 6 \\
0 & 1 & 4 
\end{pmatrix}.

Vous remplacez la colonne $2$ par elle-même ôtée du double de la colonne $1$, vous obtenez :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & 0  & 0\\
\end{pmatrix} \begin{pmatrix}
1  & -2  & 0\\
0  & 1  & 0\\
0  & 0  & 1\\
\end{pmatrix} =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 6 \\
0 & 1 & 4 
\end{pmatrix}.

Cela s’écrit :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & -2  & 0\\
\end{pmatrix} =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 6 \\
0 & 1 & 4 
\end{pmatrix}.

Enfin, vous remplacez la colonne $3$ par elle-même à laquelle vous enlevez quatre fois la colonne $2$ et six fois la colonne $1$, pour conclure :

A \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & 0\\
1  & -2  & 0\\
\end{pmatrix}
\begin{pmatrix}
1  & 0  & -6\\
0  & 1  & -4\\
0  & 0  & 1\\
\end{pmatrix}
 =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}.
A 
\begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & -4\\
1 & -2 & 2
\end{pmatrix}
 =  \begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}.

Vous notez :

\boxed{P = \begin{pmatrix}
0  & 0  & 1\\
0  & 1  & -4\\
1 & -2 & 2
\end{pmatrix}
}

et remarquez que :

\boxed{AP = \begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}.}

Calculez l’inverse de la matrice $P$

Vous résolvez le système suivant :

\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2-4x_3&=y_2\\
x_1-2x_2+2x_3&=y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=y_2+4x_3\\
x_1-2x_2+2x_3&=y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_1-2x_2+2x_3&=y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_1&=2x_2-2x_3+y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_3 &= y_1\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_1&=8y_1+2y_2-2y_1+y_3.
\end{align*}\right.
\left\{\begin{align*}
x_1&=6y_1+2y_2+y_3\\
x_2&=4y_1+y_2\\
x_3 &= y_1.

\end{align*}\right.

La matrice $P$ est inversible et :

\boxed{P^{-1} = \begin{pmatrix}
6  & 2  & 1\\
4  & 1  & 0\\
1 & 0 & 0
\end{pmatrix}.
}

Déduisez-en les valeurs possibles de $a$, $b$ et $c$

De l’égalité :

A\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}

vous forcez l’apparition de la matrice $P$ et de son inverse :

APP^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Cela fournit :

\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}P^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Soient alors $m$, $n$ et $p$ les trois entiers définis par :

\left\{\begin{align*}
 m &=6a+2b+c\\
n&=4a+b\\
p &=a.
\end{align*}
\right.

Vous avez :

\begin{pmatrix}
m\\ n\\ p  
\end{pmatrix} = P^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix}.

Donc :

\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 \\
0 & 1 & 0 
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
m\\ n\\ p  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
0\\ 0  
\end{pmatrix}.

Si bien que $m=n=0$, ce qui est logique vous retrouvez bien les équations satisfaites par $a$, $b$ et $c.$

Ainsi :

\begin{pmatrix}
0\\ 0\\ p  
\end{pmatrix} = P^{-1}\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix}.

Cela fournit immédiatement :

\begin{pmatrix}
a\\ b\\ c  
\end{pmatrix} = P\begin{pmatrix}
0\\ 0\\ p  
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
p\\ -4p\\ 2p \end{pmatrix} .

Comme $a = p$ et que $a$, coefficient dominant, est non nul, vous déduisez que $p\neq 0.$

En conclusion de cette analyse, il existe un entier $p$ non nul tel que :

P(X) = p(X^2-4X+2).

Synthèse

Il a été vu que $u^2-4u+2 = 0.$

Ainsi, quel que soit $p\in\ZZ$, $p(u^2-4u+2) = 0.$

Donc quel que soit $p\in\ZZ$ le polynôme $p(X^2-4X+2)$ est bien à coefficients entiers, de degré $2$ et annulateur du réel $2+\sqrt{2}.$

Concluez

Pour tout polynôme $P$ de degré $2$ à coefficients entiers, il y a équivalence entre les propositions suivantes :

  • le polynôme $P$ annule le réel $2+\sqrt{2}$ ;
  • il existe un entier $p$ non nul tel que $P(X) = p(X^2-4X+2).$

300. Résolvez l’équation 4x + 3y + 2z + 7t = 15 où les inconnues sont entières

Soit à résoudre l’équation suivante :

4x+3y+2z+7t=15

où les inconnues $x$, $y$, $z$ et $t$ sont des nombres entiers.

Note. Une telle équation est qualifiée de diophantienne.

Utilisez des matrices pour limiter le nombre d’inconnues

Définissez la matrice ligne suivante :

A=\begin{pmatrix}
4& 3& 2& 7
\end{pmatrix}.

Pour tout $(x,y,z,t)\in\Z^4$ vous notez $X$ le vecteur colonne défini par :

X=\begin{pmatrix}
x\\y\\z\\t
\end{pmatrix}.

Enfin, vous notez $B$ la matrice suivante qui ne comporte qu’un seul coefficient :

B = \begin{pmatrix}
15
\end{pmatrix}.

L’équation à quatre inconnues de départ revient à résoudre l’équation suivante :

\boxed{AX=B}

où la seule inconnue est $X.$

Exprimez la matrice $A$ avec des matrices élémentaires

Un objectif premier : faire apparaître le $\mathrm{PGCD}$ des coefficients

Le plus grand diviseur commun des entiers $4$, $3$, $2$ et $7$ est $1.$

Démonstration. En effet, soit $d$ un diviseur commun des entiers $4$, $3$, $2$ et $7.$

Comme $d\mid 7$ et que $7$ est premier vous avez $d\in\{1,7\}.$ Si $d=7$, alors $7\mid 2$ donc $7\leq 2$ ce qui est absurde.

Du coup, $d=1.$

$1$ étant le seul diviseur commun aux quatre entiers $4$, $3$, $2$ et $7$ il vient :

\mathrm{PGCD}(4,3,2,7)=1.\ \blacksquare

Ce PGCD va être placé en haut à gauche, puis va être utilisé pour mettre des zéros.

Une transvection pour le $\mathrm{PGCD}$

Vous souhaitez passer de la matrice $A$ à la matrice suivante :

\begin{pmatrix}
1& 3& 2& 7
\end{pmatrix}.

Cela revient à remplacer la colonne $C_1$ par $C_1-C_2$ au niveau de la matrice $A.$

En effet :

\begin{pmatrix} 4&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
-1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}.

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&3&2&5 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 4&3&2&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_1$ par la colonne $C_1+C_2.$

En effet :

\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 4&3&2&7 \end{pmatrix}.

Ainsi :

A = \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.

Une transvection et un premier zéro

Vous allez dans la suite passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}$, ce qui revient à remplacer la colonne $C_2$ par la colonne $C_2-3C_1.$

En effet :

\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & -3 & 0 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}.

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_2$ par la colonne $C_2+3C_1.$

Cela donne :

\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 3 & 0 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}.

Du coup :

\begin{align*}
A
&=  

 \begin{pmatrix} 1&3&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}
\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 3 & 0 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}. 
\end{align*}

Une transvection et un deuxième zéro

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_3$ par la colonne $C_3+2C_1.$

\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &2 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}.

Du coup :

\begin{align*}
A
&=\begin{pmatrix} 1&0&2&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &2 & 0\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 & 0 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.
\end{align*}

Une transvection et un troisième zéro

Vous déduisez que vous pouvez passer de la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}$ à la matrice $\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}$, en remplaçant la colonne $C_4$ par la colonne $C_4+7C_1.$

\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &0 & 7\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}.

Du coup :

\begin{align*}
A
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
1 & 0 &0 & 7\\
0 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix} \begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 0\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\\
&=\begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix}
4 & 3 &2 & 7\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.
\end{align*}

Pour la suite, vous posez :

\boxed{\begin{align*}
S &= \begin{pmatrix} 1&0&0&0 \end{pmatrix}\\
Q &= \begin{pmatrix}
4 & 3 & 2 & 7\\
1 & 1 & 0 & 0\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.
\end{align*}
}

Alors :

\boxed{A = SQ.}

Montrez que la matrice $Q$ est inversible et que les coefficients de $Q^{-1}$ sont des entiers

La matrice $Q$ est le produit de quatre matrices de transvection qui ont pour déterminant $1.$ Ainsi, par produit des déterminants, $\det Q = 1.$ Comme $\det Q \neq 0$, la matrice $Q\in M_4(\Q)$ est inversible.

Comme $\det (Q)\times \det(Q^{-1}) = 1$ il vient $\det(Q^{-1})=1.$ Utilisant la comatrice de $Q$ notée $Q^{*}$, vous avez :

Q^{-1} = \det (Q^{-1})\  ^{t}(Q^{*}) = ^{t}(Q^{*}).

Or, comme $Q$ est à coefficients entiers, il en est de même de $Q^{*}$ donc de $^{t} Q^{*}.$

Donc $Q^{-1}$ est à coefficients entiers.

Calculez la matrice $Q^{-1}$

Quels que soit $(x_1,x_2,x_3,x_4)\in\Q^4$ et quels que soit $(y_1,y_2,y_3,y_4)\in\Q^4$ :

\begin{align*}

Q\begin{pmatrix}
x_1\\
x_2\\
x_3\\
x_4
\end{pmatrix}=
\begin{pmatrix}
y_1\\
y_2\\
y_3\\
y_4
\end{pmatrix}
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{lllll}
4x_1 &+3x_2 &+2x_3 &+ 7x_4 &= y_1\\
\hphantom{4}x_1&+\hphantom{3}x_2&&&=y_2\\
&&\hphantom{+2}x_3&&=y_3\\
&&&\hphantom{+7}x_4&=y_4\\
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{lllll}
\hphantom{4}x_1&+\hphantom{3}x_2&&&=y_2\\
4x_1 &+3x_2 &+2x_3 &+ 7x_4 &= y_1\\
&&\hphantom{+2}x_3&&=y_3\\
&&&\hphantom{+7}x_4&=y_4\\
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{lllll}
\hphantom{4}x_1&+\hphantom{3}x_2&&&=y_2\\
 &-\hphantom{3}x_2 &+2x_3 &+ 7x_4 &= y_1-4y_2\\
&&\hphantom{+2}x_3&&=y_3\\
&&&\hphantom{+7}x_4&=y_4\\
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2-x_2\\
x_2&=2x_3+7x_4-y_1+4y_2 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2-x_2\\
x_2&=2y_3+7y_4-y_1+4y_2 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2-x_2\\
x_2&=-y_1+4y_2+2y_3+7y_4 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_2+y_1-4y_2-2y_3-7y_4\\
x_2&=-y_1+4y_2+2y_3+7y_4 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\left\{\begin{array}{ll}
x_1&=y_1-3y_2-2y_3-7y_4\\
x_2&=-y_1+4y_2+2y_3+7y_4 \\
x_3&=y_3\\
x_4 &= y_4
\end{array}
\right.
\\
&\Longleftrightarrow
\begin{pmatrix}
x_1\\
x_2\\
x_3\\
x_4
\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}
1&-3&-2&-7\\
-1 & 4 & 2 & 7\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}
\begin{pmatrix}
y_1\\
y_2\\
y_3\\
y_4
\end{pmatrix}
\end{align*}

Du coup :

Q^{-1} = \begin{pmatrix}
1&-3&-2&-7\\
-1 & 4 & 2 & 7\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}.

Résolvez l’équation $4x + 3y + 2z + 7t = 15$ pour $(x,y,z,t)\in\Z^4$

Analyse

Soit $(x,y,z,t)\in\Z^4$ tel que $4x+3y+2z+7t=15.$

Vous posez :

X'=QX=\begin{pmatrix}
4x+3y+2z+7t\\x+y\\z\\t
\end{pmatrix}.

Posez encore :

\left\{\begin{align*}
x' &= 4x+3y+2z+7t\\
y'&=x+y\\
z'&=z\\
t'&=t.
\end{align*}\right.

Remarquez que $(x’,y’,z’,t’)\in\Z^4.$

Vous déduisez successivement :

\begin{array}{l}
AX=B\\
SQX=B\\
SX'=B\\
\begin{pmatrix}
1 & 0 & 0 & 0
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
x'\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
15
\end{pmatrix}
\\
x'=15
\\
X'=\begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}
\\
QX=\begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}\\
X = Q^{-1} \begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}
\\
X = \begin{pmatrix}
1&-3&-2&-7\\
-1 & 4 & 2 & 7\\
0 & 0 & 1 & 0\\
0 & 0 & 0 & 1
\end{pmatrix}\begin{pmatrix}
15\\y'\\z'\\t'
\end{pmatrix}
\\
X = \begin{pmatrix}
15-3y'-2z'-7t'\\
-15+4y'+2z'+7t'\\
z'\\
t'
\end{pmatrix}.
\end{array}

En définitive, il existe trois entiers relatifs $m$, $n$ et $p$ tels que :

\left\{\begin{align*}
x&=15-3m-2n-7p\\
y&=-15+4m+2n+7p\\
z&=n\\
t&=p.
\end{align*}
\right.

Synthèse

Soit $(m,n,p)\in\Z^3.$

Vous posez :

\left\{\begin{align*}
x&=15-3m-2n-7p\\
y&=-15+4m+2n+7p\\
z&=n\\
t&=p.
\end{align*}
\right.

Alors :

\begin{align*}
4x+3y+2z+7t &= 4(15-3m-2n-7p)\\
&\qquad+3(-15+4m+2n+7p)\\
&\qquad +2n+7p\\
&=60-12m-8n-28p\\
&\qquad -45+12m+6n+21p\\
&\qquad+2n+7p\\
&=15.
\end{align*}

Concluez

\boxed{\forall (x,y,z,t)\in\Z^4,\ 4x+3y+2z+7t=15 \Longleftrightarrow 
\left[
\exists(m,n,p)\in\Z^3, \left\{\begin{align*}
x&=15-3m-2n-7p\\
y&=-15+4m+2n+7p\\
z&=n\\
t&=p
\end{align*}
\right.
\right].
}

299. Existence et unicité de la racine carrée entière et du reste d’un entier naturel (3/3)

Grâce aux contenus rédigés dans l'article 298 et dans l'article 297, il est possible d’aborder la méthode de Toepler qui date de 1865.

Vous vous attachez dans cet article à trouver le reste et la racine carrée entière du nombre suivant :

a=352621.

Afin de limiter le nombre de soustractions il est commode d’écrire $a$ par paquet de deux chiffres :

a=35\ 26\ 21.

Vous allez déterminer le reste et la racine carrée entière de $35$ puis de $35\ 26$ et enfin de $35\ 26\ 21.$

Première étape : racine carrée entière et reste de $35$

Vous effectuez la série de soustractions suivantes :

\begin{align*}
35 - 1 &= 34\\
34- 3&= 31\\
31-5&= 26\\
26-7&=19\\
19-9&=10\\
10-11 &= -1.
\end{align*}

Vous prenez l’avant-dernière ligne et repérez le nombre impair $9$ qui est retranché. Vous effectuez :

\frac{9+1}{2} = 5.

Remarquez aussi que ce nombre correspond au nombre de soustractions effectuées avant d’obtenir un résultat strictement négatif.

Donc la racine carrée entière de $35$ est $5.$ Le reste apparaît comme étant le dernier résultat positif des soustractions. Vous le lisez à l’avant-dernière ligne, il vaut $10.$

Ainsi :

\begin{align*}
35 &= 5^2+10\\
10&\in\llbracket 0, 10\rrbracket.
\end{align*}

Deuxième étape : racine carrée entière et reste de $35\ 26$

Vous utilisez le fait que :

\begin{align*}
35\ 26 &= 35\times 100+26 \\
&=(5^2+10)\times 100+26\\
&=5^2\times 100 + 10\times 100+26\\
&=5^2\times 10^2+ 1026\\
&=50^2+1026.
\end{align*}

Comme $1026\notin \llbracket 0, 100\rrbracket$, vous déduisez que $50$ n’est pas la racine carrée entière de $3526.$

Il a été vu dans le contenu rédigé dans l'article 298 que, si vous considérez la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ définie par :

\begin{array}{l}
u_0 = 3526\\
\forall n\in\N, u_{n+1} = u_n-(2n+1)
\end{array}

alors il existe un entier $q$ non nul qui est le rang minimum à partir duquel vous avez $u_q<0.$

La racine carrée entière de $3526$ est alors égale à $q-1.$

Or, la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ vérifie la propriété suivante :

\forall n\in\N, 3526=n^2+u_n.

En effectuant $n=50$, vous déduisez :

3526=50^2+u_{50}.

Or :

3526 = 50^2+1026.

Vous déduisez donc :

u_{50} = 1026.

Vous avez donc économisé un grand nombre de soustractions sur la suite $(u_n)_{n\geq 0}.$

Vous poursuivez maintenant les soustractions.

Comme $u_{51} = u_{50} – 101$ il vient ce qui suit.

\begin{align*}
1026 - 101 &=925\\
925 - 103 &=822\\
822-105 &=717\\
717-107 &=610\\
610-109 &=501\\
501-111 &=390\\
390-113&=277\\
277-115&=162\\
162-117&=45\\
45-119&=-74.
\end{align*}

L’avant-dernier nombre impair est $117.$

\frac{117+1}{2}=\frac{118}{2}=59.

Cela revient à dire que $u_{59} = 45.$

Donc :

3526 = 59^2+45.

Comme $45\in \llbracket 0, 118\rrbracket$ vous déduisez que $59$ est la racine carrée entière de $3526$ et que $45$ est le reste.

Dernière étape : racine carrée entière et reste de $35\ 26\ 21$

Vous reprenez le raisonnement de la deuxième étape.

\begin{align*}
35\ 26\ 21 &= 3526\times 100 + 21\\
&=(59^2+45)\times 100+21\\
&=59^2\times 10^2+4521\\
&=590^2+4521.
\end{align*}

Afin de ne pas alourdir les notations, vous redéfinissez la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ en posant :

\begin{array}{l}
u_0 = 352621\\
\forall n\in\N, u_{n+1} = u_n-(2n+1).
\end{array}

L’égalité précédente prouve que $u_{590} = 4521.$

Vous avez donc $u_{591} = u_{590}- 1181.$

Vous aurez remarqué que le nombre impair $1181$ s’obtient en doublant le nombre $59$ soit $118$, et en « collant » le chiffre $1$ à droite. Cela revient à effectuer l’opération $59\times 2\times 10+1$ ce qui est exactement $2\times 590+1.$

Vous calculez les termes suivants de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ à partir du rang $591$ :

\begin{align*}
4521 - 1181 &= 3340\\
3340 - 1183 &=2157\\
2157-1185 &= 972\\
972-1187&=-215.
\end{align*}

Pour trouver le rang de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ associé au terme $972$, il suffit de prendre le nombre impair retranché à l’avant-dernière ligne, puis d’effectuer ce calcul :

\frac{1185+1}{2} = \frac{1186}{2}=593.

Ainsi, $u_{593} = 785.$

Vous déduisez donc :

352621=593^2+972.

Comme $972\in\llbracket 0, 1186\rrbracket$ vous concluez.

La racine carrée entière de $352621$ est égale à $593$ et son reste est $972.$

Un exemple amélioré

Soit à calculer la racine carrée entière de $p = 7569.$

Vous exprimez ce nombre par tranche de deux chiffres : $p=75\ 69.$

Connaissant la liste de vos carrés de $1$ à $10$ vous notez que $7^2 = 49$, $8^2 = 64$ et $9^2 = 81.$

Donc $75 = 8^2+r$ où $r = 75-64 = 11.$ Comme $r\in\llbracket 0, 16\rrbracket$ vous avez trouvé la racine carrée entière ainsi que le reste de $75$ :

75 = 8^2+11.

En multipliant par $100$ vous déduisez :

7500 = 80^2+1100.

En ajoutant $69$ il vient :

7569 = 80^2+1169.

Vous effectuez maintenant des soustractions en partant du double de $80$ auquel vous ajoutez $1$ ce qui donne $161.$

\begin{array}{l|l}
1169 - 161 = 1008 & 7569 = 81^2+1008\\
1008 - 163 =845& 7569 = 82^2+845\\
845-165 =680& 7569 = 83^2+680\\
680-167=513& 7569 = 84^2+513\\
513-169=344& 7569 = 85^2+344\\
344-171=173& 7569 = 86^2+173\\
173-173=0 & 7569 = 87^2.
\end{array}

Le nombre $7569$ est un carré parfait puisque le reste est nul. C’est le carré de $87.$

298. Existence et unicité de la racine carrée entière et du reste d’un entier naturel (2/3)

Cet article constitue le prolongement du contenu rédigé dans l'article 297.

Soit $a$ un entier naturel. Alors il existe un unique entier naturel $b$ et un unique entier positif $r$ inférieur ou égal à $2b$, tels que :

\boxed{a=b^2+r.}

Exemple avec le nombre $180$

Vous allez constater que les identités remarquables font apparaître des nombres impairs consécutifs.

En effet, partez de :

180 = 0^2 + 180.

Vous posez $u_0 = 180$ de sorte que :

180 = 0^2+u_0.

Vous cherchez à faire apparaître $1^2.$

\begin{align*}
180 &= 1^2  + u_0 + 0^2 -1^2\\
&=1^2+u_0+(0-1)(0+1)\\
&=1^2 +u_0-1.
\end{align*}

Vous posez donc $u_1 = u_0-1$, de sorte que :

180 = 1^2 + u_1.

Comme $u_1 \notin \llbracket 0, 2\rrbracket$ vous déduisez que $u_1$ n’est pas le reste de la racine carrée entière de $180.$

Vous poursuivez.

\begin{align*}
180 &=1^2 + u_1\\
&=2^2+u_1+1^2-2^2\\
&=2^2+u_1+(1-2)(1+2)\\
&=2^2+u_1-3.
\end{align*}

Vous posez $u_2 = u_1-3$ pour obtenir :

180 = 2^2+u_2.

Le calcul de $u_2$ fournit :

\begin{align*}
u_2 &= u_1-3\\
&= u_0-1-3\\
&= 180-1-3\\
&=176.
\end{align*}

Comme $u_2 \notin \llbracket 0, 4\rrbracket$ vous déduisez que $u_2$ n’est pas le reste de la racine carrée entière de $180.$

Vous poursuivez.

\begin{align*}
180  &=2^2+u_2\\
&= 3^2+u_2+2^2-3^2\\
&=3^2+u_2+(2-3)(2+3)\\
&=3^2+u_2-5
\end{align*}

En posant $u_3 = u_2-5$ vous avez obtenu :

180 = 3^2+u_3.

Compte tenu de ce qui précède, une idée consiste à définir la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ de la façon suivante. Vous posez $u_0=180$ et pour tout entier naturel $n$ :

u_{n+1} = u_n - (2n+1).

Alors il semblerait que, pour tout entier naturel $n$, $180 = n^2+u_n.$

Cas général

Soit $a$ un entier naturel fixé.

Vous définissez une suite $(u_n)_{n\geq 0}$ en posant $u_0=a$ et pour tout entier naturel $n$ :

\boxed{u_{n+1} = u_n - (2n+1).}

Pour tout entier naturel $n$, vous notez $\mathscr{P}(n)$ la propriété : « $a = n^2+u_n$ ».

Initialisation. Puisque :

\begin{align*}
0^2+u_0 &= 0+a\\
&=a
\end{align*}

vous déduisez que $\mathscr{P}(0)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier naturel tel que $\mathscr{P}(n)$ soit vérifiée.

Alors :

\begin{align*}
a &= n^2+u_n\\
&=(n+1)^2+u_n+n^2-(n+1)^2\\
&=(n+1)^2+u_n+(n-n-1)(n+n+1)\\
&=(n+1)^2+u_n-(2n+1)\\
&=(n+1)^2+u_{n+1}.
\end{align*}

Ainsi $\mathscr{P}(n+1)$ est vérifiée.

Conclusion. Il a été établi par récurrence que :

\boxed{\forall n\in\N, a = n^2+u_n.}

Changement de signe de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$

Soit $n$ un entier naturel.

\begin{align*}
u_{n+1}-u_n = -(2n+1).
\end{align*}

Comme $2n+1 \geq 1$ vous déduisez que $u_{n+1}-u_n$ est strictement négatif.

La suite $(u_n)_{n\geq 0}$ est strictement décroissante.

D’une part, $u_0 = a$ donc $u_0\geq 0.$

Le premier terme de la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ est positif.

Supposez, en raisonnant par l’absurde, que, pour tout entier $n\geq 1$ vous ayez $u_n\geq 0.$

L’ensemble

A = \{u_n, n\in\NN\}

est non vide puisqu’il contient $u_1.$

A cause de l’hypothèse, $(u_n)_{n\geq 1}$ est une suite d’entiers positifs.

Donc $A$ est une partie de $\N$ non vide. Notez $m$ le minimum de $A.$

Comme $m\in A$ il existe $n\in\NN$ tel que $m = u_n.$

Comme $n+1\in\NN$ vous déduisez $u_{n+1}\in A.$ Par définition du minimum de $A$, $u_{n+1}\geq m.$

Vous déduisez qu’il existe un entier $n$ tel que $u_{n+1}\geq u_n.$ Or cela est impossible puisque $u_{n+1}< u_n$ par stricte décroissance de la suite $(u_n)_{n\geq 1}.$

Vous déduisez donc qu’il existe un entier $p$ non nul tel que $u_p < 0.$

Par conséquent, l’ensemble

B=\{n\in\N, u_n<0\}

est non vide.

Comme $B\subset \N$ vous déduisez que $B$ admet un plus petit élément qui sera noté $q.$

\boxed{q = \mathrm{Min}\{n\in\N, u_n< 0\}.}

Vous avez $q\in B$ et vous déduisez $u_q<0.$ Comme $u_0$ est positif, cela impose $q\neq 0$ donc $q\geq 1.$

Du coup $q-1\in\N.$ Il est impossible d’avoir $q-1\in B$ puisque $q$ est le minimum de $B.$ Donc $u_{q-1}\geq 0.$

Ainsi, il existe un entier naturel $q$ non nul tel que :

\boxed{\begin{align*}
u_q &< 0\\
u_{q-1}&\geq0.
\end{align*}
}

Démontrez que $q-1$ est la racine carrée entière de $a$

Tout d’abord :

a = (q-1)^2+u_{q-1}

Il est déjà acquis que $u_{q-1}$ est positif ou nul.

Il reste à comprendre pourquoi $u_{q-1}$ serait inférieur ou égal à $2q-2.$

Supposez le contraire en raisonnant par l’absurde, de sorte que :

u_{q-1} >2q-2.

Alors :

u_{q-1}\geq 2q-1.

Du coup, par soustraction :

u_{q-1}-(2q-1)\geq 0.

Or, la relation de récurrence qui définit la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ fournit :

u_{q} = u_{q-1} - (2q-1).

Donc $u_q\geq 0$, ce qui contredit l’inégalité $u_q<0.$

Ainsi, vous avez démontré que :

\left\{
\begin{align*}
a &= (q-1)^2+u_{q-1}\\
q-1&\in\llbracket 0, 2q-2\rrbracket.
\end{align*}
\right.

D’après le contenu rédigé dans l'article 297 l’unicité de la racine carrée entière et du reste associés permettent de conclure :

\boxed{
\begin{align*}
b &= q-1\\
r &= u_{q-1}.
\end{align*}
}

Concluez

Pour tout entier naturel $a$, il existe un unique couple $(b,r)$ avec $b\in\N$ et $r\in\llbracket 0, 2b\rrbracket$ tel que :

a = b^2+r.

La suite définie par $u_0 = a$ et, pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1} = u_n-(2n+1)$ finit par avoir des termes strictement négatifs à partir d’un certain rang. Soit $q$ ce rang. Alors :

\boxed{
\begin{align*}
b &= q-1\\
r &= u_{q-1}.
\end{align*}
}

Illustration avec le reste et la racine carrée entière de $180$

Vous posez $u_0 = 180$ et, pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1} = u_n-(2n+1).$

Vous calculez les termes de la suite précitée jusqu’à obtenir un nombre strictement négatif.

\begin{array}{|c|c|}
\hline
n & u_n\\
\hline
0 & 180\\
1 & 180-1 = 179\\
2 & 179-3 = 176\\
3 & 176-5 = 171\\
4 & 171-7 = 164\\
5 & 164-9 = 155\\
6 & 155-11 = 144\\
7 & 144-13 = 131\\
8 & 131-15 = 116\\
9 & 116-17 = 99\\
10 & 99-19 = 80\\
11 & 80-21 = 59\\
12 & 59-23 = 36\\
13 & 36-25 = 11\\
14 & 11-27 = -16.\\
\hline
\end{array}

Il apparaît que $q = 14$ donc $b = 13$ et $r = u_{13} = 11$ et donc :

\begin{align*}
180 &= 13^2+11\\
11&\in\llbracket 0, 26\rrbracket.
\end{align*}

Remarque. A la ligne où $n=k$ la soustraction avec le nombre impair $2k-1$ est effectuée. A la ligne $n=k$, la soustraction qui apparaît à la ligne suivante est effectuée avec le nombre impair $2k+1.$
Le dernier nombre impair qui est soustrait n’est autre que $27.$ Ainsi, vous savez que $b = \frac{27-1}{2} = 13$ et que le reste $r$ est le résultat de l’avant-dernière soustraction.

Illustration avec le reste et la racine carrée entière de $212$

Dans cette section, vous allez juste soustraire les nombres impairs consécutifs jusqu’à la première obtention d’un nombre strictement négatif. Cela évitera de compter le nombre de soustractions effectuées pour trouver $b.$

\begin{array}{ll}
212&\\
212-1&=211\\
211-3&=208\\
208-5&=203\\
203-7&=196\\
196-9&=187\\
187-11&=176\\
176-13&=163\\
163-15&=148\\
148-17&=131\\
131-19&=112\\
112-21&=91\\
91-23&=68\\
68-25&=43\\
43-27&=16\\
16-29 &=-13.
\end{array}

Le dernier nombre impair utilisé est $29$ donc la racine carrée entière de $212$ est :

b = \frac{29-1}{2} = 14.

Le reste est $16$, c’est le résultat de l’avant-dernière soustraction, de sorte qu’au final :

212 = 14^2+16\\
16\in\llbracket 0, 28\rrbracket.

Prolongement

L’ avantage de cette méthode : la racine carrée entière ainsi que le reste associé d’un entier naturel sont calculables uniquement avec des entiers et des soustractions et ce, sans avoir à deviner au préalable la valeur du résultat.

L’inconvénient : le nombre de soustractions à effectuer est assez long. Afin d’éviter ce phénomène, un découpage du nombre de départ $a$ peut être effectué par paquets de deux chiffres afin d’accélérer le processus. Cela est traité dans le contenu rédigé dans l'article 299.

297. Existence et unicité de la racine carrée entière et du reste d’un entier naturel (1/3)

Soit $a$ un nombre entier naturel. L’objectif de cet article est de démontrer qu’il existe un unique couple $(b,r)$ avec $b\in\N$ et $r\in\llbracket 0, 2b\rrbracket$ tel que :

a = b^2+r.

Preuve de l’existence

Vous considérez l’ensemble $A$ défini par :

A=\{k\in\NN, k^2 >a\}.

Montrez que cet ensemble est non vide

Subdivisez cette question en trois cas.

Cas n°1. Si $a=0$ vous posez $k=1$ et remarquez que $k^2>a$ donc $k\in A$ et $A$ est non vide.

Cas n°2. De même, si $a=1$, vous posez $k=2.$ Alors $k^2>a$ donc $k\in A$ et $A$ est non vide.

Cas n°3. Si $a\geq 2$ vous posez $k=a$ et remarquez que :

\begin{align*}
k^2-a &= a^2-a\\
&=a(a-1).
\end{align*}

Comme $a\geq 2$, $a\in\NN$ et vous obtenez $a-1\geq 1$ et par produit $a(a-1)\geq 2$ donc $a(a-1)>0.$ Par suite, $k^2>a$ donc $k\in A$ et $A$ est non vide.

Il vient d’être vu que l’ensemble $A$ est non vide, comme annoncé.

Déduisez-en l’existence

L’ensemble $A$ étant une partie de $\N$ non vide, il admet un plus petit élément, qui sera noté $B.$

Comme $B\in A$ vous avez $B \geq 1.$

Dans la suite, vous posez $b = B-1.$ Il convient de remarquer que $B\in\N$ et que $B\geq 1$ donc $b\in \N.$

Comme $B\in A$ vous déduisez $B^2>a$ donc $(b+1)^2>a.$ En développant vous déduisez :

\begin{align*}
a&< b^2+2b+1\\
a&\leq b^2+2b\\
a-b^2&\leq 2b.
\end{align*}

Or, $B-1<B$ et $B$ est le minimum de $A.$ Donc $B-1\notin A$ donc $b\notin A.$ Or $b\in\N$ donc $b^2\leq a.$

Vous déduisez que :

0\leq a-b^2\leq2b.

Concluez

Vous posez :

\boxed{
\begin{align*}
B &= \mathrm{Min} \{k\in\NN, k^2>a\}\\
b &= B-1\\
r &=a-b^2.
\end{align*}
}

Alors :

\left\{\begin{align*}
a &= b^2+r\\
b&\in\N\\
r&\in\llbracket 0, 2b\rrbracket.
\end{align*}
\right.

Preuve de l’unicité

Supposez qu’il existe un couple $(b’,r’)$ tel que :

\left\{\begin{align*}
a &= b'^2+r'\\
b'&\in\N\\
r'&\in\llbracket 0, 2b'\rrbracket.
\end{align*}
\right.

D’une part, vous remarquez que $r< 2b+1$ donc :

\begin{align*}
a< b^2+(2b+1)\\
a < (b+1)^2.
\end{align*}

Comme $a = b’^2+r’$ avec $r’$ positif, vous déduisez :

a\geq b'^2.

Mis bout à bout, il vient :

\begin{align*}
b'^2\leq a < (b+1)^2\\
b'^2<(b+1)^2\\
0< (b+1)^2-b'^2\\
0< (b+1+b')(b+1-b').
\end{align*}

Comme $b$ et $b’$ sont positifs, vous déduisez que $b+b’\geq 0$ et donc $b+b’+1$ est strictement positif. Du coup :

\begin{align*}
0 < b+1-b'\\
b'< b+1\\
b' \leq b.
\end{align*}

D’autre part, vous partez de l’inégalité $r'< 2b’+1$ donc :

\begin{align*}
a< b'^2+(2b'+1)\\
a < (b'+1)^2.
\end{align*}

Comme $a = b^2+r$ avec $r$ positif, vous déduisez :

a\geq b^2.

Du coup :

\begin{align*}
b^2\leq a < (b'+1)^2\\
b^2< (b'+1)^2\\
b < b'+1\\
b\leq b'.
\end{align*}

Ainsi :

b=b'.

Ensuite :

\begin{align*}
r &= a-b^2\\
&=a-b'^2\\
&=r'.
\end{align*}

L’unicité est ainsi démontrée.

Exemple

Considérez le cas où $a = 180.$

Il s’agit de trouver le minimum de l’ensemble $A =\{k\in\NN, k^2> 180\}.$

Vous testez successivement :

\begin{array}{|c|c|}
\hline
k & k^ 2\\ \hline
1 & 1\\
2 & 4\\
3 & 9\\
4 & 16\\
5 & 25\\
6 & 36\\
7 & 49\\
8 & 64\\
9 & 81\\
10 & 100\\
11 & 121\\
12 & 144\\
13 & 169 \\
14 & 196\\ \hline
\end{array}

Vous constatez que :

\forall k\in\llbracket1, 13\rrbracket, k\notin A.

Comme $14\in A$ vous déduisez que :

\mathrm{Min} A = 14.

Ainsi $b = 14-1 = 13.$

Ensuite :

\begin{align*}
r &= 180-13^2\\
&=180-169\\
&=11.
\end{align*}

Vous remarquez que vous avez bien $r\in\llbracket 0, 26\rrbracket$ soit $0\leq r\leq 2b.$

Conclusion : $180$ a pour racine carrée entière $13$ et a pour reste $11.$

\left\{\begin{align*}
180 &= 13^2+11\\
11&\in\llbracket 0, 26\rrbracket.
\end{align*}
\right.

Prolongement

L’approche qui a été utilisée pour trouver la racine carrée entière de $180$ est assez calculatoire : tous les carrés des nombres allant de $1$ à $14$ ont été déterminés afin d’en déduire le minimum de l’ensemble $A$ et donc $b.$

Une approche utilisant des nombres impairs et des soustractions permettra de déterminer le reste $r$ ainsi que $b.$ Cela est traité dans le contenu rédigé dans l'article 298.

296. Déterminez sans division si un nombre est premier (2/2)

Soit $n$ un nombre impair supérieur ou égal à $7$ et qui n’est pas un carré.

L’objectif de cet article est de démontrer que la méthode suivie dans le contenu rédigé dans l'article 295 fonctionne bien.

Elle fournit toujours une réponse en un nombre fini d’étapes et permet de conclure que :

  • soit le nombre $n$ est premier :
  • soit il ne l’est pas – on dit qu’il est composé – et il vous permet d’écrire $n$ comme le produit de deux entiers explicites qui sont différents de $1$ et de $n.$

Le point de départ

Vous considérez l’ensemble :

A = \{m\in\N, m^2>n\}.

Comme l’entier $n$ est supérieur ou égal à $7$, l’entier $n-1$ est supérieur ou égal à $6.$

Par produit, vous déduisez :

n(n-1)\geq 42.

Vous développez et isolez le carré de $n$ :

\begin{align*}
n^2-n&\geq 42\\
n^2&\geq n+42\\
n^2&\geq n+1\\
n^2&>n.
\end{align*}

Vous avez obtenu l’appartenance de $n$ à l’ensemble $A$, donc $A$ est non vide.

$A$ étant une partie de $\N$ non vide, vous déduisez que $A$ admet un plus petit élément.

Dans la suite, vous noterez :

\boxed{k=\mathrm{Min}\  \{m\in\N, m^2>n\}.}

Vous aurez aussi besoin du nombre $K=\frac{n+1}{2}.$ Comme $n$ est impair supérieur ou égal à $7$, $K$ est un entier supérieur ou égal à $4$ :

\boxed{K = \frac{n+1}{2}.}

Cas de la factorisation avec $1$ et $n$ et ses conséquences

La factorisation suivante de $n$ semble n’avoir que peu d’intérêt :

n = n\times 1.

Ceci n’est qu’un leurre.

Vous allez maintenant utiliser les identités remarquables bien connues des Babyloniens, qui ont formé une ancienne civilisation de la Mésopotamie. Ils ont contribué au développement des mathématiques et avaient des connaissances sur les identités remarquables.

Comme :

\begin{align*}
(n+1)^2&=n^2+2n+1\\
(n-1)^2&=n^2-2n+1\\
\end{align*}

il vient par soustraction :

(n+1)^2-(n-1)^2 = 4n.

Or, $4$ est lui-même un carré, donc :

\begin{align*}
n &= \frac{(n+1)^2}{4}-\frac{(n-1)^2}{4} \\
&=\left(\frac{n+1}{2}\right)^2-\left(\frac{n-1}{2}\right)^2\\
&=K^2-\left(\frac{n-1}{2}\right)^2.
\end{align*}

De ce résultat, vous déduisez que $K^2 – n$ est un carré et que ce carré vaut $\left(\frac{n-1}{2}\right)^2.$ Comme $n\geq 7$ il vient $n-1\geq 6$ donc $\frac{n-1}{2}\geq 3$ et par suite $\left(\frac{n-1}{2}\right)^2 \geq 9.$

Donc $K^2 – n\geq 9$ et $K^2 > n.$

Par suite, $K\in A$ et par définition du minimum de $A$, il vient :

\boxed{k\leq K.}

Étude du cas d’égalité

Supposez un instant que :

k = K.

Alors $K=\frac{n+1}{2}$ est le minimum de $A.$

Or, comme $n$ est impair supérieur ou égal à $7$, $\frac{n-1}{2}$ est un entier supérieur ou égal à $3$. Comme il est strictement inférieur à $k$, vous déduisez que $\frac{n-1}{2}\notin A.$ Donc :

\begin{align*}
\left(\frac{n-1}{2}\right)^2&\leq n\\
\frac{(n-1)^2}{4}&\leq n\\
(n-1)^2&\leq 4n\\
n^2-2n+1&\leq 4n\\
n^2-6n&\leq -1\\
n^2-6n+9&\leq 8\\
(n-3)^2 &< 9\\
n-3&<3\\
n&<6.
\end{align*}

Ceci est absurde puisque $n\geq 7.$ Il est donc impossible d’avoir $k=K$ et par suite :

\boxed{k < K.}

Le test par la méthode de Fermat

De ce qui précède, l’ensemble $B$ défini par :

B = \{\ell^2-n, \ell\in\llbracket k, K-1\rrbracket\}.

est non vide.

Deux cas se produisent.

Cas 1 : l’ensemble $B$ contient un carré

Sous cette hypothèse, il existe un entier $\ell \in \llbracket k, K-1\rrbracket$ et un entier naturel $m$ tels que :

\ell^2-n  = m^2.

Alors :

\begin{align*}
n &= \ell^2-m^2\\
&=(\ell+m)(\ell-m).
\end{align*}

D’une part, $\ell$ et $m$ sont positifs donc la somme $\ell +m$ est positive.

Comme $n\in\N^{*}$ est un multiple de $\ell+m$, la somme $\ell + m$ est strictement positive donc $\ell+m \geq 1.$

Il en résulte par la règle des signes que la différence $\ell-m$ est strictement positive aussi.

Supposez un instant que $\ell -m = 1.$ Alors : $m = \ell-1.$ Du coup :

\begin{align*}
n &= \ell^2-(\ell-1)^2\\
&=\ell^2-(\ell^2-2\ell+1)\\
&=2\ell-1.
\end{align*}

Ainsi :

\begin{align*}
\ell &= \frac{n+1}{2}\\
&=K.
\end{align*}

Cela est absurde, puisque $\ell\leq K-1.$

Il en résulte que $\ell-m$ est un entier supérieur ou égal à $2.$

Le produit :

\begin{align*}
n =(\ell+m)(\ell-m)
\end{align*}

montre que $\ell -m \leq n.$

En effet si tel n’était pas le cas, vous auriez :

\ell-m > n\\
\ell+m \geq 1

et par produit l’inégalité serait stricte :

(\ell+m)(\ell-m)>n

ce qui serait absurde.

Supposez enfin que $\ell-m = n.$

Alors nécessairement $\ell+m = 1.$

Or $\ell^2\geq k^2>n\geq 7$ donc $\ell^2 > 4$ donc $\ell > 2.$ La positivité de $m$ fournit $\ell + m >2$ ce qui contredit $\ell+m=1.$

Il a été montre que $\ell-m \in\llbracket 2, n-1\rrbracket.$ On dit que $\ell-m$ est un diviseur propre de $n.$ En effet, $n$ admet un troisième diviseur qui est différent de $1$ et de $n$.

Par suite, $n$ n’est pas premier et vous avez une factorisation par ce diviseur propre :

\begin{align*}
n =(\ell+m)(\ell-m).
\end{align*}

Cas 2 : l’ensemble $B$ ne contient pas de carré

Vous supposez, en raisonnant par l’absurde, que $n$ n’est pas un nombre premier.

Il existe un entier $d$ compris entre $2$ et $n-1$ tel que $n$ soit un multiple de $d.$

Du coup il existe aussi un entier naturel $d’$ tel que :

n = dd'.

Supposez $d’\in\{1, n\}.$ Alors $d\in\{1,n\}$ ce qui est absurde, donc $d’\in \llbracket 2, n-1\rrbracket.$

Si $d$ était pair, alors il existerait un entier naturel $d_0$ tel que $d = 2d_0$ et par suite :

n=2d_0d'.

Comme $d_0d’\in\N$ vous déduisez que $n$ est pair, ce qui est absurde.

De même, si $d’$ était pair, alors $n$ serait pair, ce qui est absurde.

Donc $d$ et $d’$ sont deux entiers impairs appartenant à l’ensemble $\llbracket 2, n-1\rrbracket.$

Le reste de la division euclidienne de $d$ par $2$ ne pouvant être nul, c’est donc qu’il est égal à $1.$ Le résultat est aussi identique pour $d’.$

Ainsi, il existe deux entiers naturels $u$ et $u’$ tels que :

\begin{align*}
d&=2u+1\\
d'&=2u'+1.
\end{align*}

Comme $d\geq 2$, vous déduisez $2u+1\geq 2$ donc $2u\geq 1$ et donc $u\neq 0$ donc $u\geq 1.$

De même, vous avez aussi $u’\geq 1.$

Utilisant à nouveau $n = dd’$ il vient :

\begin{align*}
n&=(2u+1)(2u'+1)\\
&=4uu'+2u+2u'+1\\
&=u^2+u'^2+2uu'+2u+2u'+1-(u^2+u'^2)+2uu'\\
&=(u+u'+1)^2-(u^2+u'^2-2uu')\\
&=(u+u'+1)^2-(u-u')^2.
\end{align*}

Posez $\ell = u+u’+1.$ Vous avez $\ell \in\N$ et $\ell \geq 3.$

Si vous aviez $u=u’$ alors $n$ serait le carré de $\ell$ ce qui est absurde.

Comme $u\neq u’$ vous déduisez $(u-u’)^2\geq 1$ et donc $(u+u’+1)^2-n \geq 1$ donc $(u+u’+1)^2>n$ et par suite $u+u’+1\in A.$ Cela prouve que :

\begin{align*}
k&\leq u+u'+1\\
k&\leq \ell.
\end{align*}

D’autre part, de l’égalité $n = 4uu’+2u+2u’+1$ et en minorant le produit $uu’$ par $1$, vous déduisez :

\begin{align*}
n&\geq 4uu'+2u+2u'+1 
\\
&\geq 4+2u+2u'+1
\\
&\geq 5+2u+2u'.
\end{align*}

Or $n=2K-1$ donc :

\begin{align*}
2K-1&\geq 5+2u+2u'\\
2K&\geq 6+2u+2u'\\
K&\geq 3+u+u'\\
K-1&\geq 2+u+u'\\
K-1&\geq 1+\ell\\
K-1&\geq \ell.
\end{align*}

Vous avez $\ell\in \llbracket k, K-1\rrbracket$ et d’autre part :

\ell^2-n = (u-u')^2.

Donc $B$ contient un carré, ce qui est absurde.

Ainsi, $n$ est premier.

295. Déterminez sans division si un nombre est premier (1/2)

Partez d’un exemple : le nombre $119$ est-il premier ? Autrement dit, existe-t-il un nombre entier $n$ compris entre $2$ et $118$ de sorte que $119$ soit un multiple de $n$ ?

Les premiers tests de divisibilité échouent :

  • $119$ est impair et n’est pas divisible par $2$ ;
  • la somme des chiffres de $119$ est égale à $11$ qui n’est pas dans la table de $3$, donc $119$ n’est pas un multiple de $3$ ;
  • $119$ ne finit ni par $0$ ni par $5$ et n’est pas divisible par $5$ ;
  • Il existe un critère de divisibilité par $7$, mais il est peu diffusé et donc, à moins de diviser $119$ par $7$, vous ne savez pas s’il est divisible par $7$…

Il va falloir changer de méthode.

Utilisez une idée attribuée à Fermat

L’objectif est d’utiliser l’identité remarquable suivante :

a^2-b^2 = (a+b)(a-b).

Vous allez d’abord déterminer le plus petit entier possible $k$ tel que $k^2>119.$

Déjà, pourquoi un tel entier existe ? Comment le déterminer ?

Considérez l’ensemble $A$ suivant, formé par les entiers positifs ayant un carré strictement supérieur à $119$ :

A = \{m\in\N, m^2>119\}.

Comme :

\begin{align*}
10^2 &= 100\\
11^2 &= 121
\end{align*}

Vous déduisez que $11$ est un élément de $A.$ Cela s’écrit $11\in A.$

$A$ est donc une partie de $\N$ qui est non vide. Donc elle admet un plus petit élément noté $k.$

De ce qui précède, $k\leq 11$ : en effet, $k$ et $11$ sont deux éléments de $A$ et $k$ est le plus petit élément de $A.$

Si $k<11$, vous auriez $0\leq k\leq 10$ et en élevant au carré, $k^2 \leq 100.$ $k$ est un entier vérifiant $k^2\leq 119$ donc $k\notin A$, ce qui est absurde.

Vous déduisez ainsi que $k = 11.$ Autrement dit :

\mathrm{Min}\ \{m\in\N, m^2>119\} = 11.

Commencez à calculer, quand $\ell \geq k$ les différences $\ell^2-119$

Vous commencez avec $\ell = 11$ :

\begin{align*}
11^2 - 119 &= 121-119
\\
&=2.
\end{align*}

Comme $2$ n’est pas un carré, l’identité remarquable $a^2-b^2$ n’est pas applicable et vous poursuivez.

Avec $\ell = 12$ :

\begin{align*}
12^2 - 119 &= 144-119
\\
&=25.
\end{align*}

Comme $25$ est un carré, l’identité remarquable est applicable. En effet :

\begin{align*}
12^2 - 119 &= 5^2
\\
12^2-5^2&=119\\
(12-5)(12+5)&=119.
\end{align*}

Vous obtenez :

\boxed{119 = 7\times 17.}

Concluez

Le nombre $119$ n’est pas premier puisqu’il est divisible par $7.$
L’intérêt de cette démarche est d’avoir une factorisation explicite.

294. Calculez le déterminant d’une matrice de Hilbert (2/2)

Il rappelé que pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, la matrice de Hilbert d’ordre $n$ est la matrice réelle carrée notée $H_n$ qui est définie par :

\forall (i,j)\in\llbracket1, n\rrbracket, (H_n)_{i,j} = \frac{1}{i+j-1}.

Le contenu qui se trouve dans l'article 293 a permis d’établir le résultat suivant :

\forall n\geq 2, \det H_{n+1} = \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!}\det H_n.

Vous allez dans un premier temps déterminer une expression directe de $\det H_5.$

Conjecturez une expression pour $\det H_5$

Vous utilisez la relation de récurrence rappelée dans l’introduction de cet article pour $n=2$, $n=3$ et $n=4$ :

\begin{align*}
\det H_3 &= \frac{(2!)^4}{4! \times 5!}\det H_2 \\
\det H_4 &= \frac{(3!)^4}{6! \times 7!}\det H_3 \\
\det H_5 &= \frac{(4!)^4}{8! \times 9!}\det H_4 \\
\end{align*}

En multipliant ces égalités, vous obtenez :

\begin{align*}
\det H_3 \det H_4 \det H_5&= \frac{(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}\det H_2 \det H_3 \det H_4.
\end{align*}

En supposant que $\det H_4\neq 0$ et que $\det H_3\neq 0$ vous obtenez comme conjecture :

\begin{align*}
\det H_5&= \frac{(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}\det H_2.
\end{align*}

Calculez $\det H_2$

\begin{align*}
\det H_2 &= \begin{vmatrix}
1 & \frac{1}{2}\\
\frac{1}{2} & \frac{1}{3}\\
\end{vmatrix}
\\
&= 1\times \frac{1}{3} - \frac{1}{2}\times \frac{1}{2}\\
&=\frac{1}{3} - \frac{1}{4}\\
&=\frac{1}{12}.
\end{align*}

Comme $2! = 2$ et $3! = 6$ il vient :

\det H_2 = \frac{1}{2!\times 3!}.

Allez plus loin dans votre conjecture

Vous avez conjecturé que :

\begin{align*}
\det H_5&= \frac{(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{2!\times 3!\times 4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}\\
&= \frac{(1!)^4(2!)^4(3!)^4(4!)^4}{1!\times 2!\times 3!\times 4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!}.
\end{align*}

En continuant avec $\det H_6$ :

\begin{align*}
\det H_6 &= \frac{5!}{10! \times 11!}\det H_5
\\ &= \frac{(1!)^4(2!)^4(3!)^4(4!)^4(5!)^4}{1!\times 2!\times 3!\times 4! \times 5!\times 6!\times 7!\times 8!\times 9!\times 10! \times 11!}.
\end{align*}

Utilisez une notation pour obtenir une expression plus claire

Vous posez :

\boxed{\forall n\geq 2, \Phi_n = \prod_{i=1}^{n-1}i!.}

Pour tout $n\geq 2$, calculez $H_n$

Maintenant, pour tout entier naturel $n$ supérieur ou égal à $2$, vous notez $\mathscr{P}(n)$ la propriété : « $\det H_n = \frac{\Phi_n^4}{\Phi_{2n}}.$ »

Initialisation. Pour $n=2.$ Tout d’abord vous calculez :

\Phi_2= \prod_{i=1}^{1}i! = 1! =1.
\Phi_4= \prod_{i=1}^{3}i! = 1!\times 2!\times 3! =12.

Ensuite :

\begin{align*}
\frac{\Phi_2^4}{\Phi_{4}} &=\frac{1^4}{12}
\\
&=\frac{1}{12}\\
&=\det H_2.
\end{align*}

Ainsi $\mathscr{P}(2)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier supérieur ou égal à $2.$ Vous supposez $\mathscr{P}(n).$

\begin{align*}
\det H_{n+1} &= \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!} \times \det H_n\\
&= \frac{(n!)^4}{(2n)!\times (2n+1)!} \times \frac{\Phi_n^4}{\Phi_{2n}}\\
&=\frac{(n!)^4\left(\prod_{i=1}^{n-1}i!\right)^4}{(2n)!\times (2n+1)! \times \prod_{i=1}^{2n-1}i!}\\
&=\frac{\left(n!\times \prod_{i=1}^{n-1}i!\right)^4}{ \prod_{i=1}^{2n+1}i!}\\
&=\frac{\left(\prod_{i=1}^{n}i!\right)^4}{ \Phi_{2n+2}}\\
&=\frac{\Phi_{n+1}^4}{ \Phi_{2n+2}}\\
&=\frac{\Phi_{n+1}^4}{ \Phi_{2(n+1)}}.
\end{align*}

Donc la propriété $\mathscr{P}(n+1)$ est vérifiée.

Conclusion. Par récurrence, il a été établi que pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, la propriété $\mathscr{P}(n)$ est vérifiée.

Concluez

Pour tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$, vous posez :

\boxed{\forall n\geq 2, \Phi_n = \prod_{i=1}^{n-1}i!.}

Alors, pout tout entier $n$ supérieur ou égal à $2$ :

\boxed{\det H_n = \frac{\Phi_n^4}{\Phi_{2n}}.}

Prolongement

Pourriez-vous démontrer que la suite $\left(\frac{1}{\det H_n}\right)_{n\geq 2}$ est bien définie et que c’est une suite d’entiers strictement positifs ?