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295. Déterminez sans division si un nombre est premier (1/2)

Partez d’un exemple : le nombre $119$ est-il premier ? Autrement dit, existe-t-il un nombre entier $n$ compris entre $2$ et $118$ de sorte que $119$ soit un multiple de $n$ ?

Les premiers tests de divisibilité échouent :

  • $119$ est impair et n’est pas divisible par $2$ ;
  • la somme des chiffres de $119$ est égale à $11$ qui n’est pas dans la table de $3$, donc $119$ n’est pas un multiple de $3$ ;
  • $119$ ne finit ni par $0$ ni par $5$ et n’est pas divisible par $5$ ;
  • Il existe un critère de divisibilité par $7$, mais il est peu diffusé et donc, à moins de diviser $119$ par $7$, vous ne savez pas s’il est divisible par $7$…

Il va falloir changer de méthode.

Utilisez une idée attribuée à Fermat

L’objectif est d’utiliser l’identité remarquable suivante :

a^2-b^2 = (a+b)(a-b).

Vous allez d’abord déterminer le plus petit entier possible $k$ tel que $k^2>119.$

Déjà, pourquoi un tel entier existe ? Comment le déterminer ?

Considérez l’ensemble $A$ suivant, formé par les entiers positifs ayant un carré strictement supérieur à $119$ :

A = \{m\in\N, m^2>119\}.

Comme :

\begin{align*}
10^2 &= 100\\
11^2 &= 121
\end{align*}

Vous déduisez que $11$ est un élément de $A.$ Cela s’écrit $11\in A.$

$A$ est donc une partie de $\N$ qui est non vide. Donc elle admet un plus petit élément noté $k.$

De ce qui précède, $k\leq 11$ : en effet, $k$ et $11$ sont deux éléments de $A$ et $k$ est le plus petit élément de $A.$

Si $k<11$, vous auriez $0\leq k\leq 10$ et en élevant au carré, $k^2 \leq 100.$ $k$ est un entier vérifiant $k^2\leq 119$ donc $k\notin A$, ce qui est absurde.

Vous déduisez ainsi que $k = 11.$ Autrement dit :

\mathrm{Min}\ \{m\in\N, m^2>119\} = 11.

Commencez à calculer, quand $\ell \geq k$ les différences $\ell^2-119$

Vous commencez avec $\ell = 11$ :

\begin{align*}
11^2 - 119 &= 121-119
\\
&=2.
\end{align*}

Comme $2$ n’est pas un carré, l’identité remarquable $a^2-b^2$ n’est pas applicable et vous poursuivez.

Avec $\ell = 12$ :

\begin{align*}
12^2 - 119 &= 144-119
\\
&=25.
\end{align*}

Comme $25$ est un carré, l’identité remarquable est applicable. En effet :

\begin{align*}
12^2 - 119 &= 5^2
\\
12^2-5^2&=119\\
(12-5)(12+5)&=119.
\end{align*}

Vous obtenez :

\boxed{119 = 7\times 17.}

Concluez

Le nombre $119$ n’est pas premier puisqu’il est divisible par $7.$
L’intérêt de cette démarche est d’avoir une factorisation explicite.

244. Construisez le foyer d’une parabole

Soit $p$ un nombre réel strictement positif.

Vous vous intéressez à la représentation graphique de la courbe d’équation $\boxed{y = \frac{x^2}{4p}}$ dans un repère orthonormé.

Il s’agit d’une parabole admettant l’origine du repère pour sommet.

Déterminez l’équation réduite d’une tangente

Soit $a$ un nombre réel non nul, de sorte que le point de coordonnées $A\left(a,\frac{a^2}{4p}\right)$ soit situé sur la parabole et soit distinct du sommet.

La parabole précitée est la représentation graphique de la fonction $f$ définie par $\forall x\in\R, f(x) = \frac{x^2}{4p}.$

Cette fonction est dérivable sur $\R$ et pour tout réel $x$, $f'(x) = \frac{x}{2p}.$

Le coefficient directeur de la tangente à la parabole en $A$ est $f'(a)=\frac{a}{2p}$ et l’équation réduite de celle-ci est :

y=\frac{a}{2p}(x-a)+\frac{a^2}{4p}.

En développant vous obtenez :

y=\frac{2ax-a^2}{4p}.

Notez $B$ le point d’intersection de cette tangente avec l’axe des ordonnées. Vous avez $B\left(0,\frac{-a^2}{4p}\right).$

En appelant $H$ le projeté orthogonal du point $A$ sur l’axe des ordonnées, il apparaît que le sommet de la parabole est le milieu de $[BH].$

Déterminez l’équation réduite de la médiatrice du segment $[AB]$

Pour tout point $M$ du plan de coordonnées $(x,y)$ vous avez la série d’équivalences :

\begin{align*}
MA = MB & \Longleftrightarrow MA^2=MB^2\\
& \Longleftrightarrow \left(x-a\right)^2+\left(y-\frac{a^2}{4p}\right)^2=x^2+\left(y+\frac{a^2}{4p}\right)^2\\
& \Longleftrightarrow x^2-2ax+a^2+y^2+\frac{a^4}{16p^2}-\frac{a^2y}{2p} = x^2+y^2+\frac{a^4}{16p^2}+\frac{a^2y}{2p}\\
& \Longleftrightarrow  a^2-2ax= \frac{a^2}{p}y\\
& \Longleftrightarrow  p-\frac{2p}{a}x=y.
\end{align*}

Vous constatez que la médiatrice du segment $[AB]$ passe par un point fixe $F$ de coordonnées $\boxed{(0,p)}$ qui s’appelle le foyer de la parabole.

01/04/2022 - Trace de la parabole dequation yx^24p avec p0.5
Tracé de la parabole d’équation $y=\frac{x^2}{4p}$ avec $p=1/2.$

Note. Partant d’un point $A$ distinct du sommet de la parabole, vous construisez le point $H,$ projeté orthogonal du point $A$ sur l’axe de symétrie de la parabole, puis vous construisez le point $B$ symétrique de $H$ rapport au sommet de la parabole. Le foyer $F$ apparaît comme étant le point de l’axe de symétrie de la parabole équidistant des points $A$ et $B.$ Le triangle $FAB$ est alors isocèle en $F.$

Prolongement

A partir du sommet d’une parabole et de son tracé, sauriez-vous construire géométriquement l’axe de symétrie de celle-ci ?

187. Le lemme de Bernoulli

Soit $x$ un réel strictement supérieur à $-1$, de sorte que $1+x$ soit un réel strictement positif.

Vous allez démontrer que, pour tout entier naturel $n$, $(1+x)^n \geq 1+nx.$

D’où provient l’idée de ce lemme ?

Lorsque $x$ est positif, vous avez les minorations suivantes, après développement :

\begin{aligned}
(1+x)^2 &\geq 1+2x+x^2 \geq 1+2x\\
(1+x)^3 &\geq 1+3x+3x^2+x^3 \geq 1+3x\\
(1+x)^4 &\geq 1+4x+6x^2+4x^3+x^4 \geq 1+4x\\
(1+x)^5 &\geq 1+5x+10x^2+10x^3+5x^4+x^5 \geq 1+5x.
\end{aligned}

Pour tout entier naturel $n$ et tout réel $x$ positif, le développement de $(1+x)^n$ fournit immédiatement le lemme de Bernoulli.

Il est remarquable que celui-ci subsiste aussi lorsque $x$ appartient à l’intervalle $]-1,0[.$

En effet, soit $x$ un réel fixé appartenant à $]-1,0[$.

Partez de $3+x \geq 0$, alors après multiplication par $x^2$ qui est positif, $3x^2+x^3 \geq 0$ et par suite $1+3x+3x^2+x^3\geq 1+3x$ d’où $(1+x)^3\geq 1+3x.$

Pour le degré $4$, partez du fait que $x^2+4x+6 = (x+2)^2+2$ du coup $x^2+4x+6\geq 0$ et après multiplication par $x^2$, il vient $x^4+4x^3+6x^2\geq 0$ et par suite $x^4+4x^3+6x^2+4x+1 \geq 4x+1$ donc $(1+x)^4\geq 1+4x.$

Pour le degré $5$, il va falloir trouver un argument pour justifier que le réel $10+10x+5x^2+x^3$ va être positif… c’est encore possible en étudiant la fonction $f$ définie par $f(t) = 10+10t+5t^2+t^3$ sur l’intervalle $[-1,0].$

Vous avez $f'(t) = 10+5t+3t^2$ qui est un polynôme de degré $2$ possédant un discriminant strictement négatif et de coefficient dominant positif, par suite la fonction $f’$ est positive, donc $f$ est croissante sur $[-1,0]$ donc $f(x)\geq f(-1).$ Or, $f(-1)=4$ donc $f(x)\geq 0.$

Après multiplication de l’inégalité $10+10x+5x^2+x^3 \geq 0$ par $x^2$ et ajout de $1+5x$ vous obtenez enfin $(1+x)^5\geq 1+5x.$

Il semble donc cohérent de conjecturer que l’inégalité $(1+x)^n\geq 1+nx$ est valable pour tout entier naturel $n.$

Mais comment unifier une démonstration unique pour toutes les valeurs de l’entier $n$ ?

La récurrence va être l’outil adéquat.

Utilisez une récurrence

Pour tout entier naturel $n$, notez $P(n)$ la propriété suivante : « pour tout réel $x$ strictement supérieur à $-1$, $(1+x)^n\geq 1+nx.$ »

Initialisation. Posez $n=0$ et fixez un réel $x$ strictement supérieur à $-1.$ Alors $x+1$ est un réel strictement positif, donc $(1+x)^0 = 1.$ Comme $1+0x = 1$ vous obtenez bien $(1+x)^0\geq 1+0x.$ Donc la propriété $P(0)$ est vérifiée.

Hérédité. Soit $n$ un entier naturel fixé tel que la propriété $P(n)$ soit vérifiée.

Soit $x$ un nombre réel strictement supérieur à $-1.$

Partez du fait que $(1+x)^{n+1} = (1+x)^n(1+x).$

Par hypothèse de récurrence, $(1+x)^n\geq 1+nx.$ Or, $1+x$ est positif, donc après multiplication :

\begin{aligned}
(1+x)(1+x)^n &\geq (1+nx)(1+x) \\
&\geq 1+(n+1)x+nx^2\\
&\geq 1+(n+1)x.
\end{aligned}

La dernière inégalité provient du fait que $n$ est positif et que $x^2$ en tant que carré d’un nombre réel, est positif aussi.

Ainsi $(1+x)^{n+1}\geq 1+(n+1)x$ ce qui montre que la propriété $P(n+1)$ est vérifiée.

Concluez

Il a été établi la propriété suivante, baptisée « lemme de Bernoulli«  : pour tout entier naturel $n$ et pour tout réel $x$ strictement supérieur à $-1$, $(1+x)^n\geq 1+nx.$

Note. La positivité de $1+x$ a été utilisée dans la récurrence au moment de la multiplication de l’inégalité $(1+x)^n\geq 1+nx$ par $1+x.$ Le fait que $x = -1$ soit rejeté dans le lemme sert d’un point de vue technique à l’initialisation pour éviter le cas litigieux « $0^0$ » et aussi parce que dans ce cas-là, $(1+x)^n$ serait nul, ce qui ne présente pas beaucoup d’intérêt.

Prolongement

Dans quel cas peut être utilisé le lemme de Bernoulli ? Allez jeter un oeil dans l'article 186 et dans l'article 250.

174. Les coefficients de Bézout par l’algorithme d’Euclide étendu renversé

Comment allez-vous calculer le PGCD noté $d$ de $230$ et de $42$ ? Comment allez-vous déterminer deux entiers $a$ et $b$ tels que $230a+46b = d$ ? Pour rappel, ces nombres sont appelés coefficients de Bézout.

Utilisez des divisions euclidiennes successives

Divisez $230$ par $42$. Vous pouvez partir de $5\times 50 = 250$ donc $5\times 42 = 5(50-8) = 250-40 = 210.$

Ce qui fournit $230 = 5\times 42 + 20.$

Vous inscrivez ce résultat dans le tableau ci-dessous.

\begin{array}{|c|c|}
\hline
230 & \\
\hline
42 & 5 \\
\hline
20 & \\
\hline
\end{array}

Ce tableau ayant la structure suivante :

\begin{array}{|c|c|}
\hline
\text{dividende} & \\
\hline
\text{diviseur} & \text{quotient} \\
\hline
\text{reste} & \\
\hline
\end{array}

Remarquez que les divisions euclidiennes préservent le PGCD

Notez $d=\mathrm{PGCD}(230,42).$

Alors $d\mid 230$ et $d\mid 42$, donc $d\mid 230$ et $d\mid 5\times 42$, donc par différence $d\mid 20.$

Comme $d\mid 42$ et $d \mid 20$, vous déduisez $d\leq \mathrm{PGCD}(42,20).$

Notez $d’=\mathrm{PGCD}(42,20).$

Comme $d’\mid 42$ et $d’\mid 20$, vous déduisez $d’\vert 5\times 42$ et $d’\mid 20$ donc par somme $d’\mid 230.$

Comme $d’\mid 42$ et $d’\mid 230$ vous en tirez que $d’\leq \mathrm{PGCD}(230,42).$

De $d\leq d’$ et $d’\leq d$ vous déduisez $d=d’$ soit $\mathrm{PGCD}(230,42) = \mathrm{PGCD}(42,20).$

Analyse : comprenez la structure des coefficients de Bézout

Supposez que vous avez trouvé deux entiers $a$ et $b$ tels que $\mathrm{PGCD}(42,20) = 42a+20b.$

Vous inscrivez ces nombres dans une troisième colonne supplémentaire.

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 & &\\
\hline
42 & 5 &b\\
\hline
20 & & a\\
\hline
\end{array}

Vous cherchez un nombre $c$ tel que $230b+42c = \mathrm{PGCD}(230,43) = \mathrm{PGCD}(42,20)$ de façon à remplir la case manquante à côté de $230.$

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 & &c\\
\hline
42 & 5 &b\\
\hline
20 & & a\\
\hline
\end{array}

Remarquez que :

\begin{align*}
 \mathrm{PGCD}(230,43) &= 230b+42c\\
&= (5\times 42 + 20)b+42c\\
&= 42(5b + c) +20b.
\end{align*}

Or, vous avez déjà la relation $42a+20b = \mathrm{PGCD}(42,20) = \mathrm{PGCD}(230,43).$

Cela conduit à choisir $c$ pour que $5b+c = a$, soit $c = a-5b.$

Synthèse : la construction des coefficients de Bézout du bas vers le haut

Supposez donc que vous avez trouvé deux réels $a$ et $b$ tels que $42a+20b = d.$

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 & &\\
\hline
42 & 5 &b\\
\hline
20 & & a\\
\hline
\end{array}

Vous posez $c = a-5b.$

Alors vous obtenez successivement :

\begin{align*}
d &= 42a+20b\\
&=42a+(230-5\times 42)b\\
&=42(a-5b)+230b\\
&=230b+42c.
\end{align*}

Visualisez le cas général

Soient $A$ et $B$ deux nombres entiers avec $B>0.$

Vous effectuez la division euclidienne de $A$ par $B$ et déduisez l’existence d’un quotient $Q$ entier et d’un reste $R$ positif strictement inférieur à $B$ tels que : $A=BQ+R.$

En suivant le même raisonnement que celui opéré ci-dessus, vous avez $\mathrm{PGCD}(A,B) = \mathrm{PGCD}(B,R).$ Notez-le $D$.

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline A & & c\\ \hline
 B & Q &b\\ \hline
 R & & a\\ \hline
\end{array}

Supposez que vous avez trouvé deux coefficients de Bézout tels que $aB + bR = D.$

Vous posez $\boxed{c = a-bQ.}$

Vous avez successivement :

\begin{align*}
D &= aB+bR\\
&=aB+b(A-BQ)\\
&=(a-bQ)B+bA\\
&=bA + cB.
\end{align*}

Ainsi, à chaque étape, vous avez les coefficients de Bézout.

Concluez sur l’exemple complet

Pour calculer le PGCD entre $230$ et $42$ et trouver deux coefficients de Bézout associés, vous effectuez la suite des divisions euclidiennes jusqu’à trouver un reste nul.

\begin{align*}
230 &= 5\times 42 + 20\\
42 &= 2\times 20 + 2\\
20 &= 10\times 2 +0.
\end{align*}

Si bien que $d = \mathrm{PGCD}(230,42)=2.$

Le PGCD est l’avant-dernier nombre du bas se trouvant dans la première colonne du tableau ci-dessous.

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 &  \\
\hline
42 & 5  \\
\hline
20 & 2  \\
\hline
2 & 10   \\
\hline
0 &    \\
\hline
\end{array}

Vous placez le $1$ et le $0$ en bas du tableau comme suit pour que la relation de Bézout fournisse $d = 1\times 2 + 0\times 0.$

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 &  &\\
\hline
42 & 5  &\\
\hline
20 & 2  &\\
\hline
2 & 10  & 0\\
\hline
0 &   & 1 \\
\hline
\end{array}

Le coefficient du dessus se calcule en effectuant $1-10\times 0 = 1.$

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 & & \\
\hline
42 & 5 & \\
\hline
20 & 2 & 1 \\
\hline
2 & 10  & 0\\
\hline
0 &   & 1 \\
\hline
\end{array}

Le coefficient du dessus se calcule en effectuant $0-2\times 1 = -2.$

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 & & \\
\hline
42 & 5 & -2 \\
\hline
20 & 2 & 1 \\
\hline
2 & 10  & 0\\
\hline
0 &   & 1 \\
\hline
\end{array}

Le coefficient du dessus se calcule en effectuant $1-5\times (-2) = 11.$

\begin{array}{|c|c|c|}
\hline
230 & & 11\\
\hline
42 & 5 & -2 \\
\hline
20 & 2 & 1 \\
\hline
2 & 10  & 0\\
\hline
0 &   & 1 \\
\hline
\end{array}

Conclusion : vous obtenez $\boxed{2 = \mathrm{PGCD}(230,42) = -2\times 230+11\times 42.}$

Cela fonctionne bien : $2\times 230 = 460$ et $11\times 42 = 462.$

Prolongement

Vous souhaitez savoir pourquoi les coefficients de Bézout existent ? Reportez-vous à une preuve directe qui se trouve dans le contenu rédigé dans l'article 308.

162. Etude des représentants d’un rationnel et irrationalité de racine de 2

L’ensemble $\Q$ des rationnels est défini par $\left\{\frac{a}{b}, a\in\Z, b\in\N^{*}\right\}.$

C’est l’ensemble des quotients de deux nombres entiers, dont le dénominateur non nul peut toujours être choisi pour être positif.

Soit $q\in\Q$. Vous allez démontrer qu’il existe un unique entier $m\in\Z$ et un unique entier $n\in\N^{*}$ vérifiant les deux conditions : $q=\frac{m}{n}$ et $\mathrm{PGCD}(m,n)=1.$

La condition $\mathrm{PGCD}(m,n)=1$ signifie que, si $k$ est un diviseur commun aux nombres $m$ et $n$, alors $k=1$, autrement dit la fraction $\frac{m}{n}$ est irréductible.

Démontrez d’abord l’existence des entiers $m$ et $n$

Soit $q\in\Q$. Par définition de l’ensemble $\Q$, il existe $u\in\Z$ et $v\in\N^{*}$ tels que $q=\frac{u}{v}.$

L’ensemble $A=\left\{b\in\N^{*}, \exists a\in\Z, q=\frac{a}{b}\right\}$ est une partie non vide de $\N$ puisqu’elle contient $v.$

Notez alors $n = \mathrm{Min} A$ le plus petit élément de $A.$

Par définition de $n$, il existe $m\in\Z$ tel que $q = \frac{m}{n}.$

Il s’agit maintenant de voir pourquoi le PGCD des entiers $m$ et $n$ est égal à $1$.

Supposez que cela ne soit pas le cas, et que $\mathrm{PGCD}(n,m) \geq 2.$

Notez $k\in\N^{*}$ ce nombre. Par définition du PGCD, il existe $n’\in\N^{*}$ et $m’\in \Z$ tels que $n = kn’$ et $m = km’$, avec $n'<n$ compte tenu du fait que $k \geq 2$.

Alors $q = \frac{m}{n}=\frac{km’}{kn’} = \frac{m’}{n’}$ donc $n’\in A.$ Or la condition $n'<n$ avec $n = \mathrm{Min} A$ implique $n’ \notin A$, contradiction.

L’existence des entiers $m$ et $n$ tels que $q=\frac{m}{n}$ et $\mathrm{PGCD}(n,m)=1$ est démontrée.

Démontrez l’unicité des entiers $m$ et $n$

Supposez qu’il existe $a\in\Z$ et $b\in\N^{*}$ tels que $q = \frac{a}{b}= \frac{m}{n}$ et $\mathrm{PGCD}(a,b)=1.$

Alors par produit en croix $an = bm$ donc $n \mid bm.$ Or $\mathrm{PGCD}(n,m)=1$ donc par le théorème de Gauss $n \mid b.$

De même, $b \mid an$ et $\mathrm{PGCD}(a,b)=1$ donc par le théorème de Gauss $b\mid n$.

Il en résulte que $n = b$ et l’égalité $an = bm$ devient $an=nm$ d’où $n(a-m)=0$ et comme $n$ est non nul, $a-m=0$ et $a=m$, d’où l’unicité.

Démontrez que tout représentant s’écrit en utilisant le représentant irréductible

Soit $q\in\Q$. Il a été vu qu’il existe un unique $n\in\N^{*}$, un unique $m\in\Z$ tels que $q = \frac{m}{n}$ et $\mathrm{PGCD}(n,m)=1.$

Soit maintenant $a\in\Z$ et $b\in\N^{*}$ tels que $q = \frac{a}{b}.$

Vous allez montrer, sans utiliser le théorème de Gauss, qu’il existe un entier $k\in\N^{*}$ tel que $a = km$ et $b = kn.$

Pour le voir, effectuez la division euclidienne de $b$ par $n$.

Il existe $k\in\N$ et $r\in\N$ tels que $b = kn + r$ avec $r< n.$

De $\frac{a}{b} = \frac{m}{n}$ vous tirez $an = bm$ et donc $an-nmk = bm-nmk$ soit $n(a-km)=m(b-kn)$ ce qui s’écrit $n(a-km)=mr.$

Si $r$ était non nul, alors $\frac{a-km}{r} = \frac{m}{n}$ et par suite $r\in A.$ Mais $r<n$ combiné avec $n =\mathrm{Min}A$ implique $r\notin A$, contradiction.

Donc $r = 0.$ Cela prouve $b = kn.$ Comme $b$ est non nul, $k\in\N^{*}$.

Comme $an=bm$, vous avez $an = kmn$ et comme $n$ est non nul, vous déduisez $a=km$ comme annoncé.

Application : le nombre $\sqrt{2}$ est irrationnel

Supposez que $\sqrt{2}\in\Q.$ Alors il existe $m\in\Z$ et $n\in\N^{*}$ tels que $\sqrt{2}=\frac{m}{n}$ et $\mathrm{PGCD}(m,n)=1.$

Notez que comme $\sqrt{2}$ est strictement positif, vous avez $m\in\N^{*}.$

En élevant au carré vous obtenez $2 = \frac{m^2}{n^2}$ soit $m^2 = 2n^2.$

Ainsi $n \mid m^2$ soit $n \mid m\times m.$ Or $\mathrm{PGCD}(n,m)=1$ donc $n \mid m$ toujours par le théorème de Gauss.

Comme $n\mid m$ et $n\mid n$ il en résulte de la définition du PGCD que $n\leq \mathrm{PGCD}(n,m)$ et donc $n=1$. Par suite $m^2 = 2.$

Si $m = 1$ vous déduisez en élevant au carré $m ^2 = 1$ ce qui est absurde.

Donc $ m \geq 2$ mais alors $m^2 \geq 4$ et ceci est encore absurde.

156. Le cinquième nombre de Fermat n’est pas un nombre premier

Pour tout entier naturel $n$, on définit le $n$-ième nombre de Fermat par l’expression $F_n = 2^{2^n}+1.$

Les puissances imbriquées doivent être comprises ainsi : $F_n = 2^{(2^n)}+1.$

Comme $2^5 =32$, le cinquième nombre de Fermat est $F_5 = 2^{32}+1.$

Il ne sera pas expliqué ici comment on peut trouver que $641$ est un bon candidat pour être un diviseur du nombre $F_5.$

Néanmoins, les congruences vous permettront d’obtenir une démonstration du fait que $641$ est effectivement un diviseur du nombre $F_5.$

Calculez $F_5$ modulo $641$

L’idée est de partir de $2^{32} = 2^4 \times 2^{28}$ et de transformer $2^4.$

En effet $641 – 16 = 625$, ce qui s’écrit $641 – 2^4 = 5^4$ avec les puissances.

Utilisez le fait que $2^4 \equiv -5^4 \pmod {641}.$

\begin{aligned}
F_5 &\equiv 2^4 \times 2^{28} + 1 &\pmod {641} \\
&\equiv -5^4 \times 2^{28} + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -(5\times 2^7)^4 + 1 &\pmod {641}\\
\end{aligned}

Or $5\times 2^7 = 10\times 2^6 = 640.$ Le calcul des congruences va être rapide, puisque $640 \equiv -1 \pmod {641}.$

\begin{aligned}
F_5 &\equiv -(640)^4 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -(-1)^4 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv -1 + 1 &\pmod {641}\\
&\equiv 0. &\pmod {641}\\
\end{aligned}

Concluez

Comme $F_5$ est congru à $0$ modulo $641$, vous déduisez $641 \mid F_5$, donc le cinquième nombre de Fermat n’est pas premier.

150. Calculez les deux racines carrées du nombre complexe i

Vous allez procéder par analyse synthèse.

Analyse

Soit $z$ un nombre complexe tel que $z^2 = i.$

Il existe deux nombres réels $a$ et $b$ tels que $z = a+ib.$

Puis vous développez :

\begin{aligned}
z^2 &= (a+ib)^2\\
&=a^2-b^2+2iab.
\end{aligned}

Par identification de la partie réelle et de la partie imaginaire, vous déduisez que $a^2-b^2 = 0$ et que $2ab = 1.$

$a^2-b^2=0$ fournit $(a-b)(a+b)=0$ soit $a=b$ ou $a=-b.$

Cas n°1 : $a=b$

La relation $2ab = 1$ fournit $2a^2=1$ soit $4a^2 = 2$ donc $(2a)^2 = 2$ donc $a=b=\frac{\sqrt{2}}{2}$ ou $a=b=-\frac{\sqrt{2}}{2}.$

Cas n°2 : $a=-b$

La relation $2ab=1$ s’écrit $2a^2 = -1$ qui aboutit à une impossibilité car un réel possède toujours un carré positif.

Résumé de l’analyse

Si $i$ admet une racine carrée $z$, alors $z\in\left\{ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}, -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}\right\}.$

Synthèse

Posez $z = \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}.$

Alors \begin{aligned}
z^2 &= \left( \frac{\sqrt{2}}{2} +i \frac{\sqrt{2}}{2}\right)^2\\
&= \left( \frac{\sqrt{2}}{2}\right)^2(1+i)^2\\
&=\frac{2}{4}(1-1+2i)\\
&=\frac{1}{2}(2i)\\
&=i.
\end{aligned}

Donc $ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}$ est bien une racine carrée de $i.$

Pour l’autre possibilité retenue par l’analyse, posez $z’ = -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}.$ Comme $z’=-z$ vous déduisez $(z’)^2 = (-z)^2 = z^2 = i$ donc $z’$ est aussi une racine carrée de $i.$

Concluez

Dans l’ensemble $\C$ le nombre $i$ possède exactement deux racines carrées qui sont $ \frac{\sqrt{2}}{2}+i \frac{\sqrt{2}}{2}$ et $ -\frac{\sqrt{2}}{2}-i \frac{\sqrt{2}}{2}.$

139. Une équation du troisième degré

Soit à résoudre dans les nombres réels l’équation $(E): x^3-15x-4=0.$

Etudiez les variations de la fonction $x\mapsto x^3-15x-4$

Pour tout réel $x$, posez $f(x)=x^3-15x-4.$

La fonction $f$ étant polynomiale, elle est dérivable sur $\R$ et pour tout réel $x$, $f'(x)=3x^2-15 = 3(x^2-5) = 3(x-\sqrt{5})(x+\sqrt{5}).$

De cette factorisation, vous déduisez que la fonction $f$ est strictement croissante sur l’intervalle $]-\infty, -\sqrt{5}].$

Or, $\lim_{x\to-\infty} f(x) = -\infty$ et $f(-\sqrt{5}) = -5\sqrt{5}+15\sqrt{5}-4 = 10\sqrt{5}-4 = \sqrt{500}-\sqrt{16}$ par conséquent $f(-\sqrt{5})>0$. L’équation $(E)$ a donc exactement une solution appartenant à l’intervalle $]-\infty, -\sqrt{5}].$

De même, de la factorisation de la fonction $f’$, vous déduisez que la fonction $f$ est strictement décroissante sur l’intervalle $[ -\sqrt{5}, \sqrt{5}].$ Calculez $f(\sqrt{5}) = 5\sqrt{5}-15\sqrt{5}-4 = -10\sqrt{5}-4$ ce qui montre que $f(\sqrt{5}) < 0$. Comme $f(-\sqrt{5})<0$, l’équation $(E)$ a donc exactement une solution appartenant à l’intervalle $[ -\sqrt{5}, \sqrt{5}].$

Enfin, de la factorisation de la fonction $f’$, vous déduisez que la fonction $f$ est strictement croissante sur l’intervalle $[\sqrt{5},+\infty[.$ Or $\lim_{x\to+\infty} f(x) = +\infty$ et $f(\sqrt{5}) < 0$ donc l’équation $(E)$ a exactement une solution appartenant à l’intervalle $[ \sqrt{5}, +\infty[.$

Conclusion : l’équation $(E)$ possède exactement trois solutions réelles.

Cherchez si l’équation admet une solution entière

Soit $n$ un entier tel que $f(n)=0$. Alors $n^3-15n = 4$ donc $n(n^2-15)=4$ ce qui prouve que $n \mid 4$ et par suite $n\in\{4,2,1,-1,-2,-4\}$ ce qui limite le nombre de candidats à tester.

Prenez $n=4$. $f(4) = 16\times 4 – 15\times 4 – 4 = 4-4 = 0.$

L’entier $4$ est une solution de l’équation $(E).$

Déterminez les deux autres solutions de l’équation

Comme $4$ est solution de $(E)$, vous allez factoriser le polynôme $x^3-15x-4$ par $x-4$ successivement.

Posez $p(x) = x^3-15x-4.$

Ecrivez que $x^2(x-4) = x^3-4x^2$ et que $p(x) = x^3-15x-4$ puis effectuez une soustraction. Le degré du polynôme de droite diminue et passe de $3$ à $2$ : $p(x)+(-x^2)(x-4) = 4x^2-15x-4.$

Poursuivez. $4x(x-4) = 4x^2-16x$ et $p(x)+(-x^2)(x-4) = 4x^2-15x-4.$ Par soustraction, $p(x)+(-x^2-4x)(x-4) = x-4.$ Le degré a encore diminué et il est passé de $2$ à $1$.

Terminez $1(x-4) = x-4$ et $p(x)+(-x^2-4x)(x-4) = x-4.$ Par soustraction, $p(x)+(-x^2-4x-1)(x-4) = 0.$

Par conséquent $p(x) = (x-4)(x^2+4x+1).$

Déterminez les deux autres solutions de $(E)$ revient à résoudre l’équation de degré $2$ suivante : $x^2+4x+1 = 0.$ Celle-ci s’écrit $(x+2)^2-3 = 0$ soit $x = -2+\sqrt{3}$ ou $x=-2-\sqrt{3}.$

Concluez

L’équation $(E)$ admet pour ensemble de solutions réelles $\{4, -2+\sqrt{3}, -2-\sqrt{3}\}.$

133. Limite d’une suite géométrique dont la raison a une valeur absolue strictement inférieure à 1

Pourquoi la limite d’une telle suite est-elle égale à $0$ ? Il existe un moyen d’y parvenir avec les outils du lycée.

Soit $q\in[0,1[$ et $(u_n)_{n\geq 0}$ la suite définie par $\forall n\in\N, u_n = q^n.$

Etablissez la monotonie de la suite $n\mapsto q^n$

Soit $n$ un entier naturel.

$u_{n+1}-u_n = q^{n+1}-q^n = q^n(q-1).$

Or le réel $q$ est inférieur à $1$ donc $q-1$ est négatif. Comme $q$ est positif, $q^n$ l’est aussi.

Par la règle des signes, $q^n(q-1)$ est négatif, donc $u_{n+1}-u_n$ est négatif.

La suite $(u_n)$ est décroissante.

Etablissez la convergence de la suite $n\mapsto q^n$

La suite $(u_n)$ est décroissante et minorée par $0$, puisque $q$ est supposé positif.

Donc la suite $(u_n)$ est convergente.

Autrement dit, il existe un nombre réel $\ell$ tel que $\lim_{n\to +\infty} u_n = \ell.$

Etablissez que la limite de la suite $n\mapsto q^n$ est égale à $0$

La suite $(u_{n+1})_{n\geq 0}$ possède la même limite que la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ (on dit que c’est une suite extraite), c’est-à-dire $\lim_{n\to +\infty} q^{n+1} =\ell.$

Or, $\forall n\in\N, q^{n+1} = q\times q^n$ et il a été vu que $\lim_{n\to +\infty} q^n = \ell$ donc $\lim_{n\to+\infty} q\times q^n = q\ell.$

La suite $(u_{n+1})_{n\geq 0}$ possède donc deux réels comme limites, $\ell$ et $q\ell$.

Par unicité de la limite d’une suite, il en résulte que $\ell = q\ell$, d’où $\ell(q-1) = 0.$

Comme le nombre $q$ n’est pas égal à $1$, le nombre $q-1$ est non nul, et par suite $\ell = 0.$

Ainsi il est maintenant établi que $\boxed{\forall q\in[0,1[, \lim_{n\to+\infty} q^n = 0.}$

Qu’en est-il si on suppose $q\in]-1,0]$ ?

Soit $q$ un réel appartenant à l’intervalle $q\in]-1,0]$, de même vous posez $\forall n\in\N, u_n = q^n.$

La suite $u_n$ possède des variations de signe, aussi, l’argument de monotonie ne fonctionne plus.

Cependant, $\forall n\in\N, \lvert u_n \rvert = \lvert q \rvert^n.$

Il semble alors légitime de poser $r = \lvert q \rvert$ pour appliquer le résultat précédemment établi. Comme $r\in[0,1[$, vous déduisez $\lim_{n\to+\infty} r^n=0$ donc la suite $(\lvert u_n \rvert)_{n\geq 0}$ converge vers $0$ et par conséquent la suite $(u_n)_{n\geq 0}$ converge encore vers $0$, en vertu de l’encadrement $\forall n\in\N, -\lvert u_n \rvert \leq u_n\leq \lvert u_n \rvert.$

Concluez

$\boxed{\forall q\in ]-1,1[, \lim_{n\to+\infty} q^n = 0.}$

Prolongement

Soit $q$ un réel appartenant à l’intervalle $]-1,1[$.

Pourriez-vous établir que la suite définie par $\forall n\in\N, u_n = n q^n$ converge encore vers $0$ ?

Soit $m\in\N$. Pourriez-vous établir que la suite définie par $\forall n\in\N, u_n = n^m q^n$ converge encore vers $0$ ?

122. Racine de 2 est irrationnel

Le nombre $\sqrt{2}$ désigne la solution positive de l’équation $x^2=2.$

Vous allez démontrer qu’il n’existe aucun entier relatif $a\in\Z$ et aucun entier naturel non nul $b\in\NN$, tel que $\sqrt{2}=\frac{a}{b}.$

Un tel résultat constitue l’irrationalité de $\sqrt{2}.$ Rappelez-vous que l’ensemble $\Q$ des rationnels est défini par $\left\{\frac{u}{v}, u\in\Z, v\in\NN\right\}.$

Raisonnez par l’absurde

Supposez qu’il existe $a\in\Z$ et $b\in\NN$ tels que $\sqrt{2}=\frac{a}{b}.$

L’ensemble $A=\left\{m\in\NN, \exists n\in\Z, \sqrt{2}=\frac{n}{m}\right\}$ est une partie de $\N$, non vide puisque $b\in A.$

Notez $\beta$ le plus petit élément de $A$. Par définition du nombre $\beta$ qui appartient à $A$, il existe $\alpha\in\Z$ tel que $\sqrt{2}=\frac{\alpha}{\beta}.$ La stricte positivité de $\sqrt{2}$ et de $\beta$ impose $\alpha\in\NN.$

La mise au carré et la multiplication par $\beta^2$ fournit $\alpha^2 = 2\beta^2.$

Quelques inégalités

Comme $\beta > 0$, $\beta^2>0$ donc $2\beta^2 < 4 \beta^2$ d’où $\alpha^2 < 4\beta^2.$ La fonction racine carrée étant strictement croissante, son application fournit $\alpha < 2\beta.$

Dans l’autre sens, $\beta^2< 2\beta^2$ donc $\beta^2 < \alpha^2$ et $\beta < \alpha.$

Et une impossibilité

\begin{aligned}
(2\beta-\alpha)^2 &= 4\beta^2+\alpha^2-4\alpha\beta\\
&= 4\beta^2 + 2\beta^2- 4\alpha\beta\\
&=2(2\beta^2+\beta^2-2\alpha\beta)\\
&=2(\alpha^2+\beta^2-2\alpha\beta)\\
&=2(\alpha-\beta)^2.
\end{aligned}

De ce qui précède, $2\beta – \alpha > 0$ et $\alpha-\beta >0$ donc $2\beta-\alpha = \sqrt{2}(\alpha-\beta)$ et par suite $\sqrt{2} = \frac{2\beta-\alpha}{\alpha-\beta}.$ Vous en déduisez que $\alpha-\beta \in A.$ Or, $\alpha < 2\beta$ donc $\alpha-\beta< \beta.$ Comme $\beta$ est le minimum de $A$, $\alpha-\beta\notin A$ d’où la contradiction.