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127. Longueur d’une bissectrice

Comment calculer la longueur d’une bissectrice dans un triangle connaissant la longueur des trois côtés de ce triangle ?

Le calcul vectoriel auquel vous allez ajouter le produit scalaire permettront de répondre. Il existe bien d’autres constructions, très astucieuses, permettant d’obtenir le même résultat, mais elles ne seront pas abordées dans cet article.

Placez-vous dans le contexte avec les notations suivantes : vous considérez un triangle $ABC$ non aplati, dont on note les trois côtés selon les conventions suivantes : $a=BC$, $b=AC$ et $c=AB.$

06/05/2021 - Triangleabc

Déterminez un vecteur directeur de la bissectrice issue du sommet $A$

Par définition, la bissectrice (intérieure) de l’angle $\widehat{BAC}$ est une droite qui partage cet angle en deux angles de même mesure.

Le losange constitue la figure de base dans laquelle une bissectrice est rapide à construire.

06/05/2021 - Bissectrice

On appelle vecteur unitaire un vecteur dont la norme est égale à $1$.
Vous considérez les vecteurs unitaires $\vv{u} = \frac{1}{c}\vv{AB}$ et $\vv{v} = \frac{1}{b}\vv{AC}$ et le losange construit à partir de ces deux vecteurs. Dans un losange, les diagonales sont des bissectrices…

Ainsi le vecteur $\vv{u}+\vv{v}$ constitue un vecteur directeur de la bissectrice issue de $A$.

Soit maintenant $D$ le point d’intersection de cette bissectrice avec la droite $(BC).$ Comment calculer la longueur $AD$ ? Une façon de procéder consiste à d’abord calculer le vecteur $\vv{AD}.$

Calculez le vecteur $\vv{AD}$

Le vecteur $\vv{AD}$ est colinéaire au vecteur $\vv{u}+\vv{v}.$ Par conséquent, il existe un nombre réel $k$ tel que $\vv{AD} = k(\vv{u}+\vv{v}) = \frac{k}{c}\vv{AB}+\frac{k}{b}\vv{AC}.$

Pour calculer le nombre $k$, vous allez utiliser le fait que les points $B$, $C$ et $D$ sont alignés.

Décomposez le vecteur $\vv{DB}$ sur les vecteurs $\vv{AB}$ et $\vv{AC}$ ce qui fournit :

\begin{align*}
\vv{DB} &= \vv{DA}+\vv{AB}\\
&= -\vv{AD}+\vv{AB}\\
&= -\frac{k}{c}\vv{AB}-\frac{k}{b}\vv{AC}+\vv{AB}\\
&= \left(1-\frac{k}{c}\right)\vv{AB}-\frac{k}{b}\vv{AC}.
\end{align*}

Décomposez le vecteur $\vv{DC}$ sur les vecteurs $\vv{AB}$ et $\vv{AC}$ vous obtenez :

\begin{align*}
\vv{DC} &= \vv{DA}+\vv{AC}\\
&= -\vv{AD}+\vv{AC}\\
&= -\frac{k}{c}\vv{AB}-\frac{k}{b}\vv{AC}+\vv{AC}\\
&= \left(1-\frac{k}{b}\right)\vv{AC}-\frac{k}{c}\vv{AB} \\
&= -\frac{k}{c}\vv{AB} + \left(1-\frac{k}{b}\right)\vv{AC}.
\end{align*}

Le vecteur $\vv{DB}$ a pour coordonnées $\left(\left(1-\frac{k}{c}\right); -\frac{k}{b}\right)$ dans la base $(\vv{AB}, \vv{AC}).$

Le vecteur $\vv{DC}$ a pour coordonnées $\left(-\frac{k}{c}; \left(1-\frac{k}{b}\right) \right)$ dans la base $(\vv{AB}, \vv{AC}).$

Comme les deux vecteurs $\vv{DB}$ et $\vv{DC}$ sont colinéaires, le déterminant formé par leurs coordonnées est nul. Soit :

\begin{vmatrix}
1-\frac{k}{c} & -\frac{k}{b} \\
-\frac{k}{c} & 1-\frac{k}{b}
\end{vmatrix} = 0.

Mutipliez la première colonne par $c$ et la seconde colonne par $b$, le déterminant est multiplié par $bc$ donc il reste nul :

\begin{vmatrix}
c-k & -k \\
-k & b-k
\end{vmatrix} = 0.

Permutez la colonne $1$ et la colonne $2$, le déterminant est changé en son opposé et il reste nul :

\begin{vmatrix}
-k & c-k \\
b-k & -k
\end{vmatrix} = 0.

Remplacez la ligne $2$ par la différence de la ligne $2$ avec la ligne $1$, le déterminant ne change pas et reste nul :

\begin{vmatrix}
-k & c-k \\
b & -c
\end{vmatrix} = 0.

ce qui fournit $ck-b(c-k)=0$ d’où $k(b+c)=bc$ et $k=\frac{bc}{b+c}.$

Vous en déduisez que :

\boxed{\begin{align*}
\vv{AD} &= \frac{k}{c}\vv{AB}+\frac{k}{b}\vv{AC} \\
&=\frac{b}{b+c}\vv{AB}+\frac{c}{b+c}\vv{AC}.
\end{align*}}

Déduisez-en la longueur de la bissectrice que vous recherchez

Les propriétés du produit scalaire fournissent successivement :

\begin{align*}
AD^2 &=\left(\vv{AD}\right)^2\\
&= \left(\frac{b}{b+c}\vv{AB}+\frac{c}{b+c}\vv{AC}\right)^2\\
&= \frac{b^2}{(b+c)^2}AB^2+\frac{c^2}{(b+c)^2}AC^2+\frac{2bc}{(b+c)^2}\vv{AB}\cdot\vv{AC}\\
&=\frac{b^2c^2}{(b+c)^2}+\frac{b^2c^2}{(b+c)^2}+\frac{2bc}{(b+c)^2}\times \frac{c^2+b^2-a^2}{2}\\
&=\frac{2b^2c^2+bc(c^2+b^2-a^2)}{(b+c)^2} \\
&= \frac{bc(c^2+b^2+2bc-a^2)}{(b+c)^2}\\
&=\frac{bc((b+c)^2-a^2)}{(b+c^2)}\\
&=\frac{bc(b+c+a)(b+c-a)}{(b+c)^2}
\end{align*}

Par conséquent :

\boxed{AD = \frac{\sqrt{bc(b+c+a)(b+c-a)}}{b+c}}.

126. Le lemme d’Euclide

Contexte

Les nombres premiers constituent des éléments très importants dans l’étude des nombres.

Qu’est-ce qu’un nombre premier ? On entend souvent qu’un nombre est premier, si et seulement si, il n’est divisible que par 1 et par lui-même.

Cette assertion est presque correcte, elle mérite d’être précisée. Elle laisse une ambiguïté sur le chiffre $1.$ En fait, le chiffre $1$ n’est pas un nombre premier, le plus petit nombre premier est $2$. Pourquoi ?

Retenez qu’un nombre $p$ est premier, si et seulement si, $p$ est un élément de $\N$, de sorte que $p$ admette exactement deux diviseurs (qui sont $1$ et $p$).

Le nombre $1$ n’admet qu’un seul diviseur et n’est pas premier.

Dans la littérature mathématique, on trouve l’énoncé suivant. Pour tout nombre premier $p$ et pour tout couple $(a,b)$ d’entiers naturels, si $p$ divise le produit $ab$, alors $p$ divise $a$ ou $p$ divise $b$. Autrement dit, un nombre premier qui divise un produit divise nécessairement un des facteurs du produit.

Ce résultat s’appelle le lemme d’Euclide. En dépit des apparences, démontrer ce résultat, sans faire appel au PGCD (plus grand diviseur commun), n’est pas simple. Il existe plusieurs façons d’y parvenir, aussi je vous présente dans cet article une piste qui utilise la propriété fondamentale de $\N$, toute partie non vide de $\N$ admet un plus petit élément.

Démonstration du lemme d’Euclide

Soit $p$ un nombre premier. On considère deux entiers naturels $a$ et $b$ de sorte que $p\mid ab.$

Remarquez que, si l’un des nombres $a$ ou $b$ est nul, comme $p\mid 0$, on a immédiatement $p\mid a$ ou $p\mid b.$

Dans la suite, vous supposerez que $a$ et $b$ sont non nuls.

On considère alors l’ensemble $A=\{n\in\NN, p \mid an\}.$ $A$ est une partie de $\N$ qui contient $b.$ Notons $m$ le plus petit élément de $A.$

Effectuez la division euclidienne de $b$ par $m$. Il existe $(q,r)\in\N^2$ avec $0\leq r \leq m-1$ tel que $b =mq+r.$ En multipliant par $a$, vous obtenez $ab = q am +ar$ d’où $ar = ab-q am.$ Or $p\mid ab$ et $p\mid am$ donc $p\mid ar.$ Comme $r < m$, l’entier naturel $r$ n’appartient pas à $A$. Comme $p\mid ar$ c’est que $r\notin\NN$ et donc $r=0$ et $m\mid b.$

De même effectuez la division euclidienne de $p$ par $m.$ Il existe $(q’,r’)\in\N^2$ avec $0\leq r’\leq m-1$ tel que $p = mq’+r’.$ Vous multipliez par $a$ et obtenez $ap-amq’ = ar’$. Comme $p\mid ap$ et comme $p\mid am$ vous obtenez $p\mid ar’$. Comme $r'<m$, $r’\notin A$ donc $r’=0.$ Cela montre que $m\mid p.$ Comme $p$ est premier, il y a deux possibilités.

Soit $m=1$. Dans ce cas, $p\mid am$ s’écrit $p\mid a.$

Soit $m=p$. Comme $m\mid b$ vous obtenez $p\mid b.$

Le lemme d’Euclide est démontré.

Prolongement

Pour ceux qui aiment la théorie des groupes, ils auront sûrement remarqué un lien avec l’application $x\mapsto ax$, le théorème de Lagrange et la structure de $\Z/p\Z.$

124. Equations de degré 4, des palindromes au cas général

Dans cet article, vous recherchez un moyen de trouver tous les candidats potentiels d’une équation réelle de degré 4. Les exemples sont choisis pour que les calculs restent compréhensibles bien que longs sur la fin de l’article.

Vous allez constater que, si vous savez résoudre les équations réelles de degré 2 et de degré 3, vous savez résoudre les équations de degré 4. Le modèle du palindrome constitue le départ de l’article avec une généralisation progressive.

Bien entendu, il existe d’autres méthodes permettant de résoudre les équations de degré 4, plus rapides, en recherchant des solutions par d’autres moyens. Ce qui est présenté ici a pour but de différencier les approches et de fournir d’autres mécanismes de compréhension de ces équations.

Partez d’un palindrome

Considérez l’équation $x^4+2x^3-x^2+2x+1 = 0$ de degré 4, dont les coefficients sont en forme de palindrome.

Analyse

Supposez qu’il existe un réel $x$ tel que :

$x^4+2x^3-x^2+2x+1 = 0.$

Comme $x=0$ ne satisfait pas l’équation, il est possible de diviser le tout par $x^2$, non nul, ce qui fournit :

$x^2+2x-1+\frac{2}{x}+\frac{1}{x^2} = 0$

ce qui s’écrit, en regroupant les coefficients égaux :

$\left(x^2+\frac{1}{x^2}\right) + 2\left(x+\frac{1}{x}\right) -1=0.$

Vous posez $y=x+\frac{1}{x}$ de sorte que $y^2 = x^2+\frac{1}{x^2}+2$ et par suite :

$y^2-2 + 2y -1 = 0$, donc $y^2+2y-3 = 0$ ce qui s’écrit $(y-1)(y+3)=0.$

Vous obtenez deux possibilités : $y=1$ ou $y=-3$..

Si $y=1$, alors $x+\frac{1}{x}=1$ donc $x^2+1 – x=0$, or équation n’a pas de solution réelle…

Vous en déduisez $y=-3$, donc $x+\frac{1}{x}= -3$ donc $x^2+3x+1=0$ donc $x\in\left\{\frac{-3+\sqrt{5}}{2}; \frac{-3-\sqrt{5}}{2} \right\}.$

Synthèse

Soit $x$ un réel appartenant à l’ensemble $\left\{\frac{-3+\sqrt{5}}{2}; \frac{-3-\sqrt{5}}{2} \right\}.$

Vous avez $x^2 = -3x-1.$

En multipliant par $x$, vous trouvez $x^3 = -3x^2-x = -3(-3x-1)-x = 8x+3$

Puis $x^4 = 8x^2+3x = 8(-3x-1)+3x = -21x-8. $

\begin{aligned}
x^4+2x^3-x^2+2x+1 &= (-21x-8)+(16x+6)+(3x+1)+2x+1\\
&=0.
\end{aligned}

Concluez

L’équation de degré 4 $x^4+2x^3-x^2+2x+1 = 0$ admet pour ensemble de solutions $\left\{\frac{-3+\sqrt{5}}{2}; \frac{-3-\sqrt{5}}{2} \right\}.$

Construisez une équation qui se résout sur le même modèle

Le cas du palindrome parfait

Toute la section précédente est basée sur le fait que $y=x+\frac{1}{x}$ est un excellent changement de variable.

En effet, partez de l’équation de degré 4 sous forme de palindrome, dans laquelle on a divisé par le coefficient dominant.

Elle s’écrit $x^4+ax^3+bx^2+ax+1 = 0.$

$x$ étant à nouveau non nul, vous divisez par $x^2$ pour obtenir $x^2+\frac{1}{x^2}+a\left(x+\frac{1}{x}\right)+b=0$

soit $y^2-2+ay+b=0$ qui est une équation de degré 2 qui admet au plus deux solutions, et donc, en résolvant $x+\frac{1}{x} = y$ soit $x^2-yx+1 = 0$ pour chaque valeur de $y$ vous trouvez bien, au maximum, 4 candidats.

Analyse du cas avec un palindrome modifié

Plus généralement, posez $y = x + \frac{\alpha}{x}$ et supposez que $y$ soit solution d’une équation de degré 2, de la forme $y^2+ay+b = 0$. En effectuant le remplacement avec $x$, vous obtenez : $x^2+\frac{\alpha^2}{x^2}+2\alpha+ax+\frac{a\alpha}{x}+b=0$ et en multipliant par $x^2$ :

$x^4+\alpha^2+2\alpha x^2+ax^3+a\alpha x + bx^2 = 0$

soit :

$x^4 +ax^3+(2\alpha + b)x^2 + a\alpha x + \alpha^2 = 0. $

Résolvez l’équation $x^4+2x^3+x^2+6x+9 = 0$

Cette équation de degré 4 n’est plus un palindrome… si vous cherchez un changement de variable adéquat, comme $\alpha^2$ vaut $9$, un bon candidat semble $y = x+\frac{3}{x}$.

Analyse

Soit $x$ un réel solution de l’équation de degré 4 : $x^4+2x^3+x^2+6x+9 = 0.$

Comme $x$ ne peut être égal à $0$ (sinon 9 = 0), vous pouvez poser $y=x+\frac{3}{x}$. Alors $y^2 = x^2+\frac{9}{x^2}+6.$

Comme $x^2+\frac{9}{x^2}+2x+\frac{6}{x}+1 = 0$ vous déduisez $y^2-6+2y+1 = 0$ soit $y^2+2y-5=0.$

Il en résulte deux possibilités, soit $y= -1+\sqrt{6}$, soit $y=-1-\sqrt{6}.$

1er cas : $y= -1+\sqrt{6}$, d’où $x^2+3 = xy$ d’où $x^2-yx+3 = 0.$ Le discriminant de cette équation est égal à $y^2-12 = 5-2y-12 = -2y-7 = 2-2\sqrt{6}-7 = -5-2\sqrt{6}$ qui est strictement négatif, ce qui ne peut convenir étant donné que $x$ est supposé solution.

2ème cas : $y=-1-\sqrt{6}$ d’où $x^2-yx+3 = 0$. De même le discriminant de cette équation est égal à $y^2-12 = -2y-7 = 2+2\sqrt{6}-7 = -5+2\sqrt{6} = -\sqrt{25}+\sqrt{24}$ qui est encore strictement négatif, ce qui est absurde.

Concluez

L’équation $x^4+2x^3+x^2+6x+9 = 0$ n’admet aucune solution réelle.

Le cas où le changement de variable fonctionne

Soit à résoudre $x^4+ax^3+bx^2+cx+d = 0.$

Afin d’effectuer le changement de variable $y=x+\frac{\alpha}{x}$ vous souhaitez avoir l’existence d’un réel $\alpha$ tel que $c = \alpha a$ et $d=\alpha^2.$

Cette condition fournit $c^2 = \alpha^2 a^2$, soit $c^2 = a^2d.$

Dernier exemple : $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 0$

Analyse

Soit $x$ une solution réelle de l’équation $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 0.$

Les coefficients sont $a=-1$, $b=-7$, $c=1$ et $d=6.$

Ici, $a^2d$ n’est pas égal à $c^2.$ Le changement de variable $y=x+\frac{\alpha}{x}$ ne fonctionnera pas tout de suite.

Le but va être de translater $x$ afin d’obtenir une nouvelle équation de degré 4 $X^4+AX^3+BX^2+CX+D = 0$ qui satisfait la condition $A^2D = C^2$. Un changement de variable préalable pour y parvenir est $X = x+k$. Trouver une valeur de $k$ qui le permet est difficile. Y parvenir est possible avec une équation de degré 3 appelée résolvante (voir en fin d’article comment la trouver).

Vous choisissez le nombre $k$, solution de la résolvante qui est ici $21k^3-109k^2+19k+5 = 0.$ Une solution entière est $k=5$ que vous privilégiez. En général, cela ne se passera pas ainsi, vous êtes prévenus !

Dans la suite, vous posez $X = x+5$ et vous développez les puissances de $x = X-5.$

\begin{aligned}
x^2 &= X^2-10X+25 \\
x^3 &= X^3-15X^2+75X-125\\
x^4 &= X^4 -20X^3 + 150X^2 – 500 X + 625.
\end{aligned}

Comme $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 0$ vous déduisez :

\begin{aligned}
X^4 -20X^3 + 150X^2 – 500 X + 625 \\
\quad – X^3+15X^2-75X+125\\
\quad -7X^2+70X-175\\
\quad +X-5\\
\quad +6 = 0
\end{aligned}

soit $X^4-21X^3+158X^2-504X+576 = 0.$

Les coefficients sont $A = -21$, $B = 158$, $C = -504$ et $D = 576.$

Vous posez $\alpha = \frac{C}{A} = \frac{-504}{-21} = 24$ et constatez que $D = \alpha^2$ donc la condition $C^2 = A^2D$ est satisfaite.

Le changement de variable $y = X + \frac{24}{X}$ va fonctionner. Comme $y^2 = X^2+\frac{576}{X^2}+ 48$, de $X^4-21X^3+158X^2-504X+576 = 0$ vous déduisez $X^2-21X+158+\frac{-504}{X} + \frac{576}{X^2} = 0$ et $y^2-48-21(X + \frac{24}{X}) + 158=0$ soit $y^2-21y+110 = 0.$ Cette équation en $y$ admet deux solutions $y = 11$ et $y=10.$

Comme $X^2+24 = yX$ il y a deux cas possibles.

Cas 1 : $X^2-11X+24 = 0$ donc $X \in\{8, 3\}.$

Cas 2 : $X^2-10X+24 = 0$ donc $X\in\{6, 4\}.$

Comme $x = X-5$ vous déduisez que $x\in\{-1, -2, 1, 3\}.$

Synthèse

Si $x = 1$, $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 1-1-7+1+6 = 0.$

Si $x= -1$, $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 1+1-7-1+6 = 0.$

Si $x= -2$, $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 16+8-28-2+6 = 24-28+4=0.$

Si $x= 3$, $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 81-27-63+3+6 =84-30-60+6 = 54-60+6=0.$

Concluez

Pour tout réel $x$, $x^4-x^3-7x^2+x+6 = 0 \iff x\in\{-1, -2, 1, 3\}.$

Vers le cas général

Cas où la condition $c^2 = a^2d$ est satisfaite

Soit $x$ un réel solution de l’équation $x^4+ax^3+bx^2+cx+d = 0$, où les coefficients vérifient l’égalité $c^2 = a^2d.$

Supposez que $a$ est nul. Alors $c = 0$ et l’équation s’écrit $x^4 + bx^2 + d = 0$ qui est une équation de degré 2 avec le changement de variable $y= x^2$. Vous résolvez $y^2+by+d = 0$ puis $x^2 = y$ et vous en déduisez les candidats.

Supposez que $a$ est non nul. Alors vous pouvez poser $\alpha = \frac{c}{a}.$

L’équation s’écrit alors $x^4+ax^3+bx^2+a\alpha x + \alpha^2 = 0.$

Si $\alpha$ est nul, c’est que $c$ est nul et comme $a$ est non nul, $d$ est nul aussi. L’équation s’écrit $x^2(x^2+ax+b) = 0$ qui fournit $0$ comme candidat ainsi que les solutions de l’équation de degré 2 $x^2+ax+b=0.$

Si $\alpha$ est non nul, alors $x=0$ n’est pas solution de l’équation $x^4+ax^3+bx^2+a\alpha x + \alpha^2 = 0.$ En divisant par $x^2$ vous obtenez $x^2+\frac{\alpha^2}{x^2} + a\left(x +\frac{\alpha}{x}\right) + b = 0.$

Vous posez alors $y=x+\frac{\alpha}{x}$ de sorte que $y^2 = x^2+\frac{\alpha^2}{x^2}+2\alpha$ et vous en déduisez $y^2-2\alpha+ay+b = 0$ qui donne au maximum deux candidats pour $y$, puis vous résolvez $x^2-yx + \alpha = 0$ et en déduisez au maximum 4 candidats pour $x$.

Que se passe-t-il maintenant dans le cas où aucune condition sur les coefficients n’est imposée ? La résolution reste possible !

Soit à résoudre $x^4+ax^3+bx^2+cx+d=0.$ Vous effectuez la translation $X = x+k.$ Cherchant à écrire une équation en $X$, vous formez $x = X-k$ et développez.

\begin{align*}
(X-k)^4 &= X^4-4kX^3+6k^2X^2-4k^3X+k^4\\
(X-k)^3 &=X^3-3kX^2+3k^2X-k^3\\
(X-k)^2 &=X^2-2kX+k^2.
\end{align*}

Si bien que l’équation $x^4+ax^3+bx^2+cx+d=0$ s’écrit :

\begin{aligned}
(X^4-4kX^3+6k^2X^2-4k^3X+k^4) +a(X^3-3kX^2+3k^2X-k^3)+b(X^2-2kX+k^2)+c(X-k)+d = 0\\
X^4 + (-4k+a)X^3+(6k^2-3ak^2+b)X^2+(-4k^3+3ak^2-2bk+c)X+(k^4-ak^3+bk^2-ck+d)=0.
\end{aligned}

Posez :

\left\{\begin{align*}
A &= -4k+a \\
B &= 6k^2-3ak^2+b \\
C &= -4k^3+3ak^2-2bk+c\\
D &= k^4-ak^3+bk^2-ck+d.
\end{align*}\right.

Alors $X^4+AX^3+BX^2+CX+D = 0.$

Souhaitant pouvoir résoudre cette équation en $X$ en effectuant un changement de variable comme dans le paragraphe précédent, vous souhaitez choisir $k$ pour que la condition $C^2 = A^2D$ soit vérifiée.

Calculez d’abord $C^2.$

\begin{aligned}
C^2 &= (-4k^3+3ak^2-2bk+c)^2 \\
&=16k^6+9a^2k^4+4b^2k^2+c^2-24ak^5+16bk^4-8ck^3-12abk^3+6ack^2-4bck \\
&= 16k^6-24ak^5+(9a^2+16b)k^4+(-8c-12ab)k^3+(6ac+4b^2)k^2-4bck+c^2.
\end{aligned}

Calculez ensuite $A^2D$ :

\begin{align*}
A^2D &=  (-4k+a)^2 (k^4-ak^3+bk^2-ck+d) \\
 &= (16k^2-8ak+a^2)(k^4-ak^3+bk^2-ck+d)\\
 &= 16k^6-16ak^5+16bk^4-16ck^3+16dk^2 \\
&\quad -8ak^5+8a^2k^4-8abk^3+8ack^2-8adk\\
&\quad +a^2k^4-a^3k^3+a^2bk^2-a^2ck+a^2d\\
&= 16k^6 -24ak^5+(16b+9a^2)k^4+(-16c-8ab-a^3)k^3+(16d+8ac+a^2b)k^2+(-8ad-a^2c)+a^2d.
\end{align*}

Etonnamment, la condition $C^2=A^2D$, a priori de degré 6, se simplifie après disparition des termes en $k^6$, $k^5$ et $k^4.$ Vous obtenez ce que l’on appelle une résolvante.

$\boxed{(4ab-8c-a^3)k^3+(16d+2ac+a^2b-4b^2)k^2+(-8ad-a^2c+4bc)k+a^2d-c^2 = 0.}$

Cette équation de degré 3 se résout avec difficulté en utilisant, par exemple, une formule de Cardan.

Une fois $k$ choisi, vous effectuez un changement de variable de la forme $y=X^2$ si $A$ est nul ou, si $A$ est non nul, par $y=X+\frac{\alpha}{X}$ où $\alpha$ est le réel défini par $\frac{C}{A}$. $y$ est solution d’une équation de degré 2. Cela fait deux candidats pour $y$. Vous trouvez ainsi les candidats $X$ qui sont au nombre de 4 maximum et via $x = X-k$ vous aboutissez à 4 candidats pour l’équation de départ.

122. Racine de 2 est irrationnel

Le nombre $\sqrt{2}$ désigne la solution positive de l’équation $x^2=2.$

Vous allez démontrer qu’il n’existe aucun entier relatif $a\in\Z$ et aucun entier naturel non nul $b\in\NN$, tel que $\sqrt{2}=\frac{a}{b}.$

Un tel résultat constitue l’irrationalité de $\sqrt{2}.$ Rappelez-vous que l’ensemble $\Q$ des rationnels est défini par $\left\{\frac{u}{v}, u\in\Z, v\in\NN\right\}.$

Raisonnez par l’absurde

Supposez qu’il existe $a\in\Z$ et $b\in\NN$ tels que $\sqrt{2}=\frac{a}{b}.$

L’ensemble $A=\left\{m\in\NN, \exists n\in\Z, \sqrt{2}=\frac{n}{m}\right\}$ est une partie de $\N$, non vide puisque $b\in A.$

Notez $\beta$ le plus petit élément de $A$. Par définition du nombre $\beta$ qui appartient à $A$, il existe $\alpha\in\Z$ tel que $\sqrt{2}=\frac{\alpha}{\beta}.$ La stricte positivité de $\sqrt{2}$ et de $\beta$ impose $\alpha\in\NN.$

La mise au carré et la multiplication par $\beta^2$ fournit $\alpha^2 = 2\beta^2.$

Quelques inégalités

Comme $\beta > 0$, $\beta^2>0$ donc $2\beta^2 < 4 \beta^2$ d’où $\alpha^2 < 4\beta^2.$ La fonction racine carrée étant strictement croissante, son application fournit $\alpha < 2\beta.$

Dans l’autre sens, $\beta^2< 2\beta^2$ donc $\beta^2 < \alpha^2$ et $\beta < \alpha.$

Et une impossibilité

\begin{aligned}
(2\beta-\alpha)^2 &= 4\beta^2+\alpha^2-4\alpha\beta\\
&= 4\beta^2 + 2\beta^2- 4\alpha\beta\\
&=2(2\beta^2+\beta^2-2\alpha\beta)\\
&=2(\alpha^2+\beta^2-2\alpha\beta)\\
&=2(\alpha-\beta)^2.
\end{aligned}

De ce qui précède, $2\beta – \alpha > 0$ et $\alpha-\beta >0$ donc $2\beta-\alpha = \sqrt{2}(\alpha-\beta)$ et par suite $\sqrt{2} = \frac{2\beta-\alpha}{\alpha-\beta}.$ Vous en déduisez que $\alpha-\beta \in A.$ Or, $\alpha < 2\beta$ donc $\alpha-\beta< \beta.$ Comme $\beta$ est le minimum de $A$, $\alpha-\beta\notin A$ d’où la contradiction.

121. Racines cubiques et racines carrées emboîtées

Vous allez démontrer que le nombre $a=\sqrt[3]{18+\sqrt{325}}+\sqrt[3]{18-\sqrt{325}}$ est égal à $3.$

Quels outils seront utilisés ?

Vous allez utiliser le développement d’une somme au cube : $(a+b)^3=a^3+3a^2b+3ab^2+b^3.$

Vous allez utiliser une factorisation : $a^3-b^3 = (a-b)(a^2+ab+b^2).$

Vous allez utiliser des propriétés de la racine cubique. C’est une fonction définie sur $\R$, multiplicative et impaire :

$\forall (x,y)\in\R^2, \sqrt[3]{xy} = \sqrt[3]{x}\sqrt[3]{y}$ et $\forall x\in\R, \sqrt[3]{-x} = -\sqrt[3]{x}.$

Tentez de simplifier en élevant au cube

Pour calculer $a^3$, il sera commode de poser $u=18+\sqrt{325}$ et $v=18-\sqrt{325}.$ Remarquez que $u+v=36.$

\begin{align*}
a^3 &= \left(\sqrt[3]{u}+\sqrt[3]{v}\right)^3 \\
&= u + 3\sqrt[3]{v}\left(\sqrt[3]{u}\right)^2+3\sqrt[3]{u}\left(\sqrt[3]{v}\right)^2+v\\
&= 36 + 3\sqrt[3]{v u^2}+3\sqrt[3]{u v^2}.
\end{align*}

Pour évaluer $vu^2$ vous calculez $(vu)u = (18^2-325)u = (324-325)u = -u.$ De même, $uv^2 = (uv)v = -v.$

Du coup :

\begin{align*}
a^3 &= 36+ 3\sqrt[3]{-u} + 3\sqrt[3]{-v} \\
&= 36 - 3\sqrt[3]{u} - 3\sqrt[3]{v}\\
&= 36-3a.
\end{align*}

Il en résulte que $a^3+3a-36=0.$

Concluez

Cette équation de degré 3 est polynomiale et possède le nombre $3$ pour solution.

En effet, $3^3+3\times 3 – 36$ est bien égal à $0.$

Vous en déduisez successivement :

\begin{align*}
a^3+3a-36 &= 3^3+3\times 3 - 36\\
a^3-3^3+3(a-3)&=0\\
(a-3)(a^2+3a+9)+3(a-3)&=0\\
(a-3)(a^2+3a+12)&= 0.
\end{align*}

Le discriminant du trinôme $x^2+3x+12$ est égal à $9-48$, il est strictement négatif, l’équation $x^2+3x+12 = 0$ n’admet pas de solution réelle, donc $a^2+3a+12 \neq 0$ et par conséquent $a-3=0$ et $a=3$, d’où :

\boxed{\sqrt[3]{18+\sqrt{325}}+\sqrt[3]{18-\sqrt{325}} = 3.}

120. Aire sous la parabole

Considérez la courbe $\cc$ d’équation $y=x^2$, lorsque $x$ parcourt l’intervalle $[0,1].$

On note $\aa$ l’aire du domaine compris entre la courbe $\cc$, l’axe des abscisses et la droite verticale d’équation $x=1.$

Comment trouver la valeur de $\aa$ ?

Minorez la valeur de $\aa$ par des rectangles

Soit $n$ un entier naturel non nul. Considérez la subdivision $x_0 < \dots < x_n$ de l’intervalle $[0,1]$ en posant, $\forall i \in\llbracket 0,n\rrbracket, x_i = \frac{i}{n}.$

Pour tout $i$ compris entre $0$ et $n-1$, vous considérez le rectangle formé par, d’un côté, la longueur de l’intervalle $[x_i, x_{i+1}]$ et pour l’autre côté, la valeur de $\inf\left\{f(x), x\in[x_i, x_{i+1}]\right\} = \frac{i^2}{n^2}.$

La somme des aires de ces rectangles minore $\aa$, c’est-à-dire que :

\begin{align*}
\sum_{i=0}^{n-1} (x_{i+1}-x_i)\inf\left\{f(x), x\in[x_i, x_{i+1}]\right\} &\leq \aa\\
\sum_{i=0}^{n-1} \frac{1}{n}\frac{i^2}{n^2} &\leq \aa\\
\frac{1}{n^3}\sum_{i=0}^{n-1} i^2 &\leq \aa.
\end{align*}

Avant de pouvoir poursuivre, vous vous retrouvez confronté à un problème technique : comment calculer la somme des carrés $\sum_{i=0}^{n-1} i^2$ et plus généralement, comment calculer $\sum_{i=0}^{n} i^2$ ?

Utilisez le triangle de Pascal

Etonnamment, les coefficients binomiaux permettent de régler cette question.

Pour tout entier naturel $n$ et pour tout entier naturel $k$ inférieur ou égal à $n$, on note $\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!(n-k)!}$ le coefficient binomial appelé $k$ parmi $n$.

Le lemme fondamental est la relation de Pascal : $\forall n\in\N, \forall k\in\llbracket 0,n-1 \rrbracket, \binom{n}{k}+\binom{n}{k+1} = \binom{n+1}{k+1}.$

Pour prouver ce résultat, vous fixez $n\in\N$ et $k\in\llbracket 0,n-1 \rrbracket.$

\begin{align*}
\binom{n}{k}+\binom{n}{k+1} &= \frac{n!}{k!(n-k)!}+\frac{n!}{(k+1)!(n-k-1)!}\\
&= \frac{n!(k+1)}{(k+1)!(n-k)!}+\frac{n!(n-k)}{(k+1)!(n-k)!}\\
&= \frac{n!(k+1+n-k)}{(k+1)!(n-k)!}\\
&=\frac{(n+1)!}{(k+1)!(n-k)!}\\
&=\frac{(n+1)!}{(k+1)!(n+1-k-1)!}\\
&=\binom{n+1}{k+1}.
\end{align*}

Calculez la somme des entiers $1+2+\cdots+n$

La relation de Pascal permet de montrer par récurrence sur $n$ que $\forall n\geq 1, \sum_{i=1}^n \binom{i}{1} = \binom{n+1}{2}.$

En effet, pour tout entier naturel $n\geq 1$, notez $P(n)$ la propriété : $\sum_{i=1}^n \binom{i}{1} = \binom{n+1}{2}.$

Pour $n=1$, $\sum_{i=1}^n \binom{i}{1} = \sum_{i=1}^1 \binom{i}{1} = \binom{1}{1}=1.$
Or $\binom{1+1}{2} = 1.$ Donc $P(1)$ est vérifiée.

Soit $n\geq 1$. Supposez $P(n)$. Alors $\sum_{i=1}^n \binom{i}{1} = \binom{n+1}{2}$, d’où $\sum_{i=1}^{n+1} \binom{i}{1} = \binom{n+1}{2} + \binom{n+1}{1} = \binom{n+2}{2}$ donc $P(n+1)$ est vérifiée.

Ainsi, vous obtenez $\forall n\geq 1, \sum_{i=1}^n \binom{i}{1} = \binom{n+1}{2}$ ce qui s’écrit $\forall n\geq 1, \sum_{i=1}^n i = \frac{(n+1)n}{2}$ d’où $\forall n\geq 0, \sum_{i=0}^n i = \frac{n(n+1)}{2}.$

Calculez la somme des carrés $1^2+2^2+\cdots+n^2$

De même, la relation de Pascal permet de montrer par récurrence sur $n$ que $\forall n\geq 2, \sum_{i=2}^n \binom{i}{2} = \binom{n+1}{3}.$

En effet, pour tout entier naturel $n\geq2$, notez $P(n)$ la propriété : $\sum_{i=2}^n \binom{i}{2} = \binom{n+1}{3}.$

Pour $n=2$, $\sum_{i=2}^n \binom{i}{2} = \sum_{i=2}^2 \binom{i}{2} = \binom{2}{2}=1.$
Or $\binom{2+1}{3} = 1.$ Donc $P(2)$ est vérifiée.

Soit $n\geq 2$. Supposez $P(n)$. Alors $\sum_{i=2}^n \binom{i}{2} = \binom{n+1}{3}$, d’où $\sum_{i=2}^{n+1} \binom{i}{2} = \binom{n+1}{3} + \binom{n+1}{2} = \binom{n+2}{3}$ donc $P(n+1)$ est vérifiée.

Ainsi, vous obtenez $\forall n\geq 2, \sum_{i=2}^n \binom{i}{2} = \binom{n+1}{3}$ ce qui s’écrit $\forall n\geq 2, \sum_{i=2}^n \frac{i(i-1)}{2} = \frac{(n+1)n(n-1)}{6}$ d’où $\forall n\geq 2, \sum_{i=2}^n i(i-1) = \frac{(n+1)n(n-1)}{3}$ et donc $\forall n\in\N, \sum_{i=0}^n i(i-1) = \frac{(n+1)n(n-1)}{3}.$

Concluez.

\begin{align*}
\sum_{i=0}^n i^2 &=\sum_{i=0}^n i(i-1) + \sum_{i=0}^n i \\
&= \frac{(n+1)n(n-1)}{3} + \frac{n(n+1)}{2}\\
&=\frac{(n+1)n(2n-2)}{6} + \frac{3n(n+1)}{6}\\
&=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}.
\end{align*}

Minorez la valeur de $\aa$

De l’inégalité $\frac{1}{n^3}\sum_{i=0}^{n-1} i^2 \leq \aa$, valable pour tout $n\geq 1$, vous déduisez $\frac{1}{(n+1)^3}\sum_{i=0}^{n} i^2 \leq \aa$, inégalité valable pour tout $n\geq 0$, soit $\forall n\in\N, \frac{n(n+1)(2n+1)}{6(n+1)^3} \leq \aa.$ Quand $n\to+\infty$, le numérateur est équivalent à $2n^3$ et le dénominateur à $6n^3.$ Il s’ensuit, en passant à la limite quand $n\to +\infty$ que $\frac{1}{3}\leq \aa.$

Majorez la valeur de $\aa$

Vous formez une somme de rectangles en changeant la borne inférieure par la borne supérieure.

Pour tout $i$ compris entre $0$ et $n-1$, vous considérez le rectangle formé par, d’un côté, la longueur de l’intervalle $[x_i, x_{i+1}]$ et pour l’autre côté, la valeur de $\sup\left\{f(x), x\in[x_i, x_{i+1}]\right\} = \frac{(i+1)^2}{n^2}.$

Ainsi vous majorez $\aa$ par une somme d’aires de rectangles ayant pour largeur $\frac{1}{n}$ et pour hauteur $\frac{(i+1)^2}{n^2}.$

La suite est laissée au lecteur qui pourra montrer, comme pour la minoration après un passage à la limite quand $n\to \infty$, que $\frac{1}{3}\geq \aa.$

Concluez

L’aire $\aa$ a une valeur précise égale à $\frac{1}{3}.$

119. Homothéties et translations

Reprenez la situation qui a été décrite dans dans l'article 118.

Vous partez de la figure ci-dessous comportant un carré et deux triangles équilatéraux.

Pour justifier que les points $D$ $E$ et $F$ sont alignés, vous allez ajouter trois points supplémentaires dans la figure.

Vous appelez $K$ le point d’intersection des droites $(DE)$ et $(BC)$, $I$ le milieu du segment $[BC]$. Comme le triangle $BCF$ est équilatéral, les droites $(FI)$ et $(BC)$ sont perpendiculaires. Soit $L$ le point de la droite $(CD)$ placé de sorte que le quadrilatère $CLFI$ soit un rectangle.

Utilisez une homothétie et calculez son rapport

Comme les points $C$, $K$ et $I$ sont alignés dans cet ordre, il existe une homothétie $h$ de centre $C$ et de rapport positif telle que $h(K)=I.$

Le rapport $k$ de l’homothétie s’obtient en calculant $k=\dfrac{CI}{CK}.$

Utilisez une projection et deux milieux

Comme $ABE$ est un triangle équilatéral, la perpendiculaire à la droite $(AB)$ passant par $E$ coupe le segment $[AB]$ en son milieu $M$. Notez $p$ la projection sur la droite $(DK)$ parallèlement à la droite $(BC)$. Alors $p(A)=D$, $p(M)=E$ et $p(B)=K.$ Comme $p$ conserve les milieux, il en résulte que $E$ est le milieu du segment $[DK].$

Notez maintenant $N$ le milieu du segment $[DC]$ et $a$ le côté du carré $ABCD.$ La distance $EM$ est égale à $a\dfrac{\sqrt{3}}{2}$ et par conséquent $EN = a-a\dfrac{\sqrt{3}}{2} = \dfrac{a}{2}(2-\sqrt{3}).$

Comme la droite $(EN)$ est la droite des milieux dans le triangle $DCK$, $CK = 2 EN = a(2-\sqrt{3}).$ Aussitôt :

\begin{align*}
k &= \frac{CI}{CK}\\
&=\frac{\frac{a}{2}}{a(2-\sqrt{3})}\\
&=\frac{a}{2a(2-\sqrt{3})}\\
&=\frac{1}{2(2-\sqrt{3})}\\
&=\frac{2+\sqrt{3}}{2(4-3)}\\
&=\frac{2+\sqrt{3}}{2}.
\end{align*}

Utilisez la composée d’une homothétie et d’une translation

Rappelez-vous que $h(C)=C$ et que $h(K)=I.$

Notez maintenant $t$ la translation de vecteur $\vv{IF}.$ Comme $IFLC$ est un rectangle, il vient $t(I)=F$ et $t(C)=L.$

Notez maintenant la composée $f = t\circ h.$ La composée d’une homothétie de rapport $k\neq 1$ et d’une translation est une homothétie de même rapport $k$. L’application $f$ est par conséquent une homothétie de rapport $k$ telle que $f(C) = t(h(C))=t(C)=L$ et $f(K)=t(h(K))=t(I)=F.$

Déterminez le centre de l’homothétie $f$

Le rapport de $f$ est connu, il est égal à $k=\dfrac{2+\sqrt{3}}{2}.$

Mais le rapport $\dfrac{DL}{DC}$ comme vous l’avez pressenti, est aussi égal à $k$.

En effet :

\begin{align*}
\dfrac{DL}{DC}&=\dfrac{a+a\frac{\sqrt{3}}{2}}{a}\\
&=1+\dfrac{\sqrt{3}}{2}\\
&=\dfrac{2+\sqrt{3}}{2}\\
&=k.
\end{align*}

Comme les points $D$ $C$ et $L$ sont alignés dans cet ordre et que $k=\dfrac{DL}{DC}$, $D$ est le centre de l’homothétie $f$.

Concluez avec l’alignement des points $D$ $E$ et $F$

Comme $f$ est une homothétie de centre $D$ vérifiant $f(K)=F$, les points $D$ $K$ et $F$ sont alignés, donc $F$ appartient à la droite $(DK)$. Les droites $(DE)$ et $(DK)$ sont confondues donc $F$ appartient à la droite $(DE)$ et les points $D$ $E$ et $F$ sont alignés.

Prolongement

Notez $E$ l’ensemble des homothéties et des translations du plan. Quelle est la structure algébrique de $E$ ? Dans quels autres exemples utilisez-vous ses propriétés ?

118. Alignement de trois points

Considérez la figure ci-dessous.

$ABCD$ est un carré, le point $E$ est situé à l’intérieur de ce carré pour que le triangle $ABE$ soit équilatéral, le point $F$ est situé à l’extérieur de ce même carré pour que le triangle $BCF$ soit équilatéral.

Notez $a = AB$ la valeur du côté du carré.

Vous allez montrer uniquement avec des calculs de distances que les points $D$, $E$ et $F$ sont alignés dans cet ordre.

Calculez la distance entre $D$ et $F$

Comme le triangle $DCF$ est isocèle en $C$, vous obtenez par le théorème d’Al-Kashi :

\begin{align*}
DF^2 &= DC^2+CF^2-2\times DC\times CF\times \cos 150°\\
&= 2a^2-2a^2 \cos 150°\\
&= 2a^2+2a^2\cos 30°\\
&=2a^2+2a^2\dfrac{\sqrt{3}}{2}\\
&=2a^2+a^2\sqrt{3}\\
&=a^2(2+\sqrt{3}).
\end{align*}

Avant de prendre la racine carrée, il convient de voir si $2+\sqrt{3}$ s’écrit comme un carré agréable, et c’est effectivement le cas.

Remarquez que :

\begin{align*}
(\sqrt{2}+\sqrt{6})^2 &= 2+6+2\sqrt{12}\\
&=8+2\times 2\sqrt{3}\\
&=8+4\sqrt{3}\\
&=4(2+\sqrt{3}).
\end{align*}

Ainsi :

\begin{align*}
4DF^2 &= 4a^2(2+\sqrt{3})\\
&= a^2(\sqrt{2}+\sqrt{6})^2.
\end{align*}

Par positivité des distances $\boxed{2DF = a(\sqrt{2}+\sqrt{6}).}$

Calculez la distance entre $D$ et $E$

Comme le triangle $ADE$ est isocèle en $A$, vous obtenez par le théorème d’Al-Kashi :

\begin{align*}
DE^2 &= AE^2+AD^2-2\times AE \times AD\times \cos 30°\\
&=2a^2-2a^2\cos30°\\
&=2a^2-a^2\sqrt{3}\\
&=a^2(2-\sqrt{3}).
\end{align*}

Remarquez comme dans le paragraphe précédent que :

\begin{align*}
(\sqrt{6}-\sqrt{2})^2 &= 6+2-2\sqrt{12}\\
&=8-2\times 2\sqrt{3}\\
&=8-4\sqrt{3}\\
&=4(2-\sqrt{3}).
\end{align*}

Par positivité des distances et du nombre $\sqrt{6}-\sqrt{2}$, vous obtenez $\boxed{2DE = a(\sqrt{6}-\sqrt{2}).}$

Calculez la distance entre $E$ et $F$

Le triangle $EBF$ est isocèle en $B$. De plus, $\widehat{EBF} =\widehat{EBC}+\widehat{CBF} = 30°+60°=90°.$ Par conséquent, le triangle $EBF$ est rectangle isocèle en $B$. Le théorème de Pythagore fournit :

\begin{align*}
EF^2 &= BE^2+BF^2\\
&=2a^2.
\end{align*}

Du coup $EF = a\sqrt{2}.$

Montrez que $DE+EF=DF$

Par somme :

\begin{align*}
2DE+2EF &= a(\sqrt{6}-\sqrt{2}) + 2a\sqrt{2}\\
&=a(\sqrt{6}+\sqrt{2})\\
&=2DF.
\end{align*}

L’égalité $DE+EF=DF$ entraîne l’appartenance du point $E$ au segment $[DF]$ comme annoncé.

Prolongement

L’alignement des points $D$, $E$ et $F$ peut être démontrée autrement. Voici une autre méthode utilisant des homothéties, une projection et une translation.

112. Calcul des cosinus de pi/7, 3pi/7 et 5pi/7

Factorisez $X^7+1$ dans $\C[X]$

Remarquez déjà que pour tout nombre complexe $z$, on ne peut avoir l’annulation simultanée du polynôme $X^7+1$ et de son polynôme dérivé. En effet $z^7+1=0$ et $7z^6 = 0$ fournit $z=0$ et la contradiction $1=0.$

Le polynôme $X^7+1$ n’a que des racines simples dans $\C$. Si on pose $\alpha = \e^{\frac{i\pi}{7}}$, vous remarquez que $\alpha$ est annulé par $X^7+1$ étant donné que $\e^{i\pi} = -1$, appelé relation d’Euler.

Ensuite, il s’agit de remarquer que $\alpha^3$ est aussi une racine de $X^7+1.$ En effet, $(\alpha^3)^7+1 = (\alpha^7)^3+1 = (-1)^3+1 = 0.$

Il en est de même pour $\alpha^5$ avec un calcul similaire : $(\alpha^5)^7+1 = (\alpha^7)^5+1 = (-1)^5+1=0.$

Comme $X^7+1$ est à coefficients réels, les trois conjugués $\overline{\alpha}$, $\overline{\alpha}^3$ et $\overline{\alpha}^5$ sont aussi trois racines de $X^7+1$.

Etant donné que $-1$ est aussi une racine de $X^7+1$, vous obtenez la factorisation finale de $X^7+1$ dans $\C[X]$ :

$\boxed{X^7+1 = (X+1)(X-\alpha)(X-\overline{\alpha})\left(X-\alpha^3\right)\left(X-\overline{\alpha}^3\right)\left(X-\alpha^5\right)\left(X-\overline{\alpha}^5\right)}.$

Développez $(X-z)(X-\overline{z})$

Vous obtenez un polynôme à coefficients réels qui est égal à $X^2-(z+\overline{z})X+|z|^2.$

Rappelez-vous que $z+\overline{z}$ vaut deux fois la partie réelle de $z$, qui est un réel.

Factorisez $X^7+1$ dans $\R[X]$

Posez maintenant $\alpha_1 = \cos \left(\frac{\pi}{7}\right)$, $\alpha_3 = \cos \left(\frac{3\pi}{7}\right)$ et $\alpha_5 = \cos \left(\frac{5\pi}{7}\right).$

Vous développez et obtenez successivement :

$(X-\alpha)(X-\overline{\alpha}) = X^2-2\alpha_1 X+1$

$(X-\alpha^3)(X-\overline{\alpha}^3) = X^2-2\alpha_3 X+1$

$(X-\alpha^5)(X-\overline{\alpha}^5) = X^2-2\alpha_5 X+1.$

Vous en déduisez que :

$\boxed{X^7+1 = (X+1)(X^2-2\alpha_1 X+1)(X^2-2\alpha_3 X+1)(X^2-2\alpha_5 X+1)}.$

Déduisez-en un polynôme annulateur de $\alpha_1$, $\alpha_3$ et $\alpha_5$

Notez que pour tout $u\in\{\alpha_1, \alpha_3, \alpha_5\}$, le polynôme $X^2-2uX+1$ divise le polynôme $X^7+1.$

Soit maintenant $u$ fixé appartenant à $\{\alpha_1, \alpha_3, \alpha_5\}.$

Or, quand vous effectuez la division euclidienne de $X^7+1$ par $X^2-2uX+1$ vous avez pour quotient :

$Q(X)=X^5+2uX^4+(4u^2-1)X^3+(8u^3-4u)X^2+(16u^4-12u^2+1)X+(32u^5-32u^3+6u)$

et pour reste :

$R(X) = (64u^6-80u^4+24u^2-1)X+(-32u^5+32u^3-6u+1).$

Le reste étant nul, vous en déduisez que : $64u^6-80u^4+24u^2-1 = 0$ et que $-32u^5+32u^3-6u+1 = 0.$

Multipliez la dernière relation par $2u$ : $-64u^6+64u^4-12u^2+2u = 0.$

Finalement, par addition des deux polynômes en $u$ de degré 6 vous aboutissez à : $-16u^4+12u^2+2u-1=0.$

Or, $-32u^5+32u^3-6u+1 = 0.$ Multipliez par $-2u$ la relation $-16u^4+12u^2+2u-1=0$ pour obtenir $32u^5-24u^3-4u^2+2u=0.$

Par somme des deux polynômes en $u$ de degré 5, vous aboutissez à $8u^3-4u^2-4u+1=0.$

Concluez par la factorisation de $8X^3-4X^2-4X+1$

D’après ce qui précède, les trois nombres $\alpha_1 = \cos \left(\frac{\pi}{7}\right)$, $\alpha_3 = \cos \left(\frac{3\pi}{7}\right)$ et $\alpha_5 = \cos \left(\frac{5\pi}{7}\right)$ sont trois racines (deux à deux distinctes) du polynôme $8X^3-4X^2-4X+1$.

Vous en déduisez la factorisation :

$\boxed{8X^3-4X^2-4X+1 = 8\left(X-\cos \frac{\pi}{7}\right)\left(X-\cos \frac{3\pi}{7}\right)\left(X-\cos \frac{5\pi}{7}\right).}$

Vous cherchez à calculer les cosinus de 2pi/7, 4pi/7 et 6pi/7 ?

Ne traînez plus ! Jetez un coup d'oeil sur l'article 107.

111. Une équation différentielle du premier ordre à connaître

Soit à résoudre l’équation différentielle $y’+y \sin x = \sin(2x).$

Résolvez l’équation homogène $y’+y\sin x = 0$

Procédez à l’analyse du problème

Soit $y$ une fonction définie sur $\R$ et dérivable sur $\R$, telle que $\forall x\in\R, y'(x)+y(x)\sin x = 0.$

Considérez la fonction $f$ définie par $\forall x\in\R, f(x) = y(x)\e^{-\cos x}$.

Par produit de fonctions dérivables sur $\R$, $f$ est dérivable sur $\R$ et, pour tout réel $x$ :

\begin{aligned}
f'(x) &= y'(x) \e^{-\cos x} + y(x)\sin x \e^{-\cos x} \\
&= \left(y'(x)+y(x)\sin x\right)\e^{-\cos x}\\
&= 0\times \e^{-\cos x}\\
&= 0.
\end{aligned}

La fonction $f$ est constante, il existe un réel $A\in\R$ tel que $\forall x\in\R, A = y(x)\e^{-\cos x}$ et $y(x) = A\e^{\cos x}.$

Procédez à la synthèse

Soit $A$ un réel fixé. Pour tout $x\in\R$, posez $y(x) = A\e^{\cos x}$.

$y'(x)+y(x)\sin x = -A \sin x \e^{\cos x}+ A\sin x \e^{\cos x}=0.$

Concluez

L’équation homogène est complètement résolue.

Une fonction $y$ définie et dérivable sur $\R$ vérifie $y’+y\sin x = 0$, si et seulement si, il existe un réel $A$ tel que, pour tout $x\in\R$, $y(x) = A\e^{\cos x}.$

Trouvez une solution particulière de l’équation $y’+y\sin x = \sin(2x)$

Utilisez la méthode de variation des constantes

On entend souvent : utilisez la méthode de variation de la constante. « Faire varier la constante » ? Paradoxale en apparence, cette idée signifie que vous allez chercher une solution de l’équation $y’+y\sin x = \sin (2x)$ sous la forme $y(x) = A(x)\e^{\cos x}$, où $A$ sera une fonction définie et dérivable sur $\R$ dont vous donnerez une expression plus tard.

$y'(x) = A'(x) \e^{\cos x} – A(x) \sin x \e^{\cos x}$ du coup $y'(x) = A'(x)\e^{\cos x} – \sin x y(x)$ et par suite $y'(x)+y(x)\sin x = A'(x)\e^{\cos x}.$

Vous aboutissez à $\sin(2x)=A'(x)\e^{\cos x}$ puis à $A'(x) = \sin(2x)\e^{-\cos x}.$

Pour trouver une fonction $A$ qui satisfait cette condition, vous calculez une intégrale sans borne en effectuant un changement de variable $z=-\cos x$ qui donne $\dz = \sin x \dx$ :

\begin{aligned}
\int \sin(2x)\e^{-\cos x}\dx &= 2 \int \sin x \cos x \e^{-\cos x}\dx\\
&= -2\int z \e^z \dz.
\end{aligned}

Cette dernière intégrale se calcule par une intégration par parties et fait apparaître une constante $C_1$.

\begin{aligned}
\int z \e^z \dz &= z\e^z – \int \e^z\dz\\
&= z\e^z – \e^z + C_1\\
&= (z-1)\e^z+C_1.
\end{aligned}

Vous revenez au calcul de la première intégrale et vous avez une constante $C_2$.

\begin{aligned}
\int \sin(2x)\e^{-\cos x}\dx &=-2 (z-1)\e^z-2C_1 \\
&= (2-2z)\e^z+C_2\\
&=(2+2\cos x)\e^{-\cos x}+C_2.
\end{aligned}

Vous avez besoin d’une solution particulière, vous choisissez $C_2 = 0$ et posez $A(x) = (2+2\cos x)\e^{-\cos x}$ et par suite $y(x) = A(x)\e^{\cos x} = 2+2\cos x$ semble être un très bon candidat de solution particulière.

Vérifiez que votre candidat convient

Pour tout réel $x$, posez $y_T(x) = 2+2\cos x.$

$y_T'(x)+y_T(x)\sin x = -2\sin x + 2\sin x + 2\sin x \cos x = \sin(2x).$

Conclusion : la fonction $y_T$ définie sur $\R$ par $y_T(x) = 2+2\cos x$ est une solution particulière de l’équation différentielle $y’+y\sin x = \sin(2x).$

Concluez en trouvant toutes les solutions de l’équation différentielle $y’+y\sin x = \sin(2x)$

Une fonction $y$ est solution de cette équation, si et seulement si $y-y_T$ est solution de l’équation homogène $y’+y\sin x =0$ qui a déjà été traitée.

Par conséquent, une fonction $y$ définie et dérivable sur $\R$ est solution de l’équation différentielle $y’+y\sin x = \sin(2x)$, si et seulement si, il existe un nombre réel $A$ tel que, pour tout $x\in\R$, $y(x) = 2+2\cos x + A\e^{\cos x}.$